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Thomas Bernhard, Le neveu de Wittgenstein
Thomas Bernhard, Le neveu de Wittgenstein

Thomas Bernhard, Le neveu de Wittgenstein, une amitié (Wittgensteins Neffe, Eine Freundschaft), traduit de l'allemand par Jean-Claude Hémery, Gallimard/Folio, 1985

Né à Heerlen (Pays-Bas), le 9 février 1931 et mort à Gmunden (Autriche), le 12 février 1989, Thomas Bernhard est un écrivain et dramaturge autrichien. Son enfance à Salzbourg auprès de son grand-père maternel, au temps du nazisme triomphant, est marqué par de nombreux événements et par la maladie (la tuberculose). Il voyage à travers l’Europe, en Italie et en Yougoslavie puis revient étudier à l’Académie de musique et d'art dramatique de Vienne ainsi qu'au Mozarteum de Salzbourg. Son premier roman "Gel" lui vaut de nombreux prix et une reconnaissance internationale. Plusieurs de ses pièces seront jouées dans de nombreux pays et en France à partir de 1960. Thomas Bernhard a obtenu en 1970 le prix Georg Büchner, la plus importante récompense littéraire d’Allemagne occidentale. Entre 1975 et 1982, il publie un cycle de cinq œuvres autobiographiques : L'Origine, La Cave, Le Souffle, Le Froid et Un enfant. Auteur au style singulier, misanthrope, vivant une relation d'amour et de haine avec son pays natal, Thomas Bernhard est un des auteurs les plus importants de la littérature germanique d'après-guerre. Essentiellement connu comme dramaturge et romancier, son œuvre la plus marquante est probablement Le Neveu de Wittgenstein. Thomas Bernhard a écrit 250 articles, 5 recueils de poésie, 31 grands textes en prose et nouvelles, 20 pièces de théâtre.  (Source : babelio)

Quatrième de couverture : 

"Comme celui de Rameau, le neveu de Wittgenstein, que nous présente son ami, est un original, pittoresque et pathétique, un vrai personnage de roman. Quant au philosophe, dont la vie, ou la légende, inspirait, de loin, Corrections, il n'apparaît ici qu'en creux, comme une très forte absence. 
Ce texte (de 1982) n'est pas formellement rattaché aux récits "autobiographiques" (de L'origine à Un Enfant), mais, sans continuité chronologique, il lui arrive plus d'une fois de narrer et de commenter des événements attestés de la vie de l'auteur, et le "je" fictif qui parle ici ressemble à s'y méprendre à un certain Thomas Bernhard (ou à ce qu'il veut nous faire croire sur son compte). On ne s'étonnera pas que, confronté avec cet étrange ami, "c'est-à-dire avec lui-même", il nous confie, une fois de plus, et toujours mieux, des choses banales et profondes, et drôles à en pleurer, sur la vie, l'art, les prix littéraires, les cafés viennois, la vie à la campagne, la compétition automobile, la maladie et la mort, dans un de ces soliloques hallucinés, répétitifs, impitoyables, dont il a le secret.
Dans cette furieuse mise à nu qu'il s'inflige, ainsi qu'à nous, ce terrible narrateur, décidément dérangeant, nous parle aussi pour la première fois de l'amitié. Il le fait admirablement et, pour reprendre une de ses expressions, "sans le moindre ménagement", et cela fait très mal."

Un avis sur le livre : 

"En 1967, le narrateur commence son séjour à l'hôpital de pneumophtisiologie de la Baumgartnerhöhe (en Autriche), juste à côté de l'hôpital psychiatrique du Steinhof, où Paul Wittgenstein, le neveu du célèbre philosophe, est interné. Cette coïncidence est le prétexte à l'évocation de cet homme original, fou génial rejeté par sa famille, meilleur ami du narrateur, ballotté dans les services psychiatriques jusqu'à sa mort. Le narrateur - en qui l'on reconnaît amplement les traits de Thomas Bernhard -, lui aussi mortellement atteint, assiste à la mort de cette figure tutélaire, dans laquelle il se projette. Texte de l'amitié, Le Neveu de Wittgenstein s'enrichit de ce double rapport à la mort, en un soliloque halluciné et impitoyable. Confronté à ce personnage exceptionnel, pittoresque et attachant, perçu comme son double, tantôt rassurant et tantôt inquiétant, Bernhard confie des choses profondes et drôles, futiles et dérisoires, sur la vie, l'art, les prix littéraires, les cafés viennois, la maladie et l'amitié, dans un souffle partagé entre le désespoir et le rire." (Céline Darner) 

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