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Thomas Bernhard : Les grands-pères

Thomas Bernhard est un enfant illégitime. Longtemps, il n’a pas su comment il s’appelait. Comme maman, comme beau-papa, comme papa ? Ou comme grand-papa,  Raté. Il porte le nom du premier mari de sa grand-mère maternelle. Pourtant, c’est bien le grand-père maternel, Freumbichler, auteur lui aussi, qui est le personnage clé de la vie de Thomas Bernhard, son Papy Brossard. C’est lui qui ancre dans l’esprit de cet enfant perdu, les principes qui soutiennent l’existence d’un homme à une époque donnée : la liberté de penser, l’attitude envers les femmes, la solitude orgueilleuse, l’Autriche mais aussi le désir d’aller plus haut, de frôler les sphères inaccessibles de la bonne société… Et la résilience. (Olivia de Hoegaerden à propos de la biographie de Pierre de Bonneville, Thomas Benrhard, une vie sans femmes, Le jour sans Pub)

"Les grands-pères sont les maîtres, les véritables philosophes de tout être humain, ils ouvrent toujours en grand le rideau que les autres ferment continuellement. [...] Les grands-pères placent la tête de leur petit-fils là où il y a au moins quelque chose d'intéressant à voir, bien que ce ne soit pas toujours quelque chose d'élémentaire, et, par cette attention continuelle à l'essentiel qui leur est propre, ils nous affranchissent de la médiocrité désespérante dans laquelle, sans les grands-pères, indubitablement nous mourrions bientôt d'asphyxie." 


(Thomas Bernhard, Un enfant, trad. Albert Kohn, p.26, Folio n° 2542)

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