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Vladimir Nabokov, La défense Loujine
Vladimir Nabokov, La défense Loujine
Vladimir Nabokov, La défense Loujine

La Défense Loujine est un roman de l'écrivain russe Vladimir Nabokov publié chez Slovo, à Berlin en 1930.

Vladimir Vladimirovitch Nabokov est un écrivain (romancier, poète, traducteur et critique littéraire) américain d'origine russe né à Saint-Pétersbourg le 10 avril 1899 et mort à Lausanne le 2 juillet 1977.

Nabokov s'est inspiré de la vie de Curt von Bardeleben, un grand joueur d'échecs qui s'est suicidé en 1924. L'auteur résuma son roman en déclarant qu'il s'agissait de "l'histoire d'un joueur d'échecs écrasé par son propre génie" et jugea par ailleurs que "de tous ses livres russes, La Défense Loujine est celui qui contient le plus de chaleur - ce qui peut sembler étrange au regard de la suprême abstraction censée caractériser le jeu d'échecs."

"... En fait, Loujine a paru sympathique même aux gens qui ne comprennent rien aux échecs et/ou détestent tous mes autres livres. Il est fruste, sale, laid - mais comme ma jeune fille de bonne famille (charmante demoiselle elle-même) le remarque si vite, il y a quelque chose en lui qui transcende aussi bien la rudesse de sa peau grise que la stérilité de son génie abscons."

Note : Curt von Bardeleben (né à Berlin, le 4 mars 1861, mort à Berlin le 31 janvier 1924) était un comte et un maître d'échecs allemand qui s'est suicidé en se jetant par une fenêtre en 1924. Sa vie et sa mort ont inspiré Vladimir Nabokov pour son roman La Défense Loujine. Son style de jeu était plus analytique et précis qu'intuitif. Il doit sa célébrité à une partie perdue contre le champion du monde Wilhelm Steinitz au Tournoi d'Hastings 1895, en particulier parce qu'il aurait quitté la salle de jeu plutôt qu'abandonner.

Résumé du début du roman :

Malmené par ses camarades, incompris par ses parents, le jeune Loujine s'enferme peu à peu dans un univers dont le "noble jeu" occupe le centre. Au bout de quelques années, sa réputation de joueur d'échecs dépasse les frontières de l'Allemagne où sa famille a fui la révolution russe de 1917. Alors qu'il remporte de nombreux tournois et se fait remarquer par son jeu non orthodoxe et créatif, il s'enferme de plus en plus dans ce qui est devenu son métier et, au-delà, une passion quasi pathologique, transposant peu à peu tout acte de sa vie ordinaire en termes échiquéens..."

The Luzhin Defence (La défense Loujine), résumé du synopsis de l'adaptation cinématographique franco-britannique de Marleen Gorris avec John Turturro, Emily Watson, Geraldine James :

En 1929, Alexandre Loujine est un homme excentrique, imprévisible et détaché du monde. Sa seule passion, ce sont les échecs dont il  est un des grands maîtres. Un grand tournoi d'échecs est organisé dans une petite station balnéaire du Nord de l'Italie. Loujine se rend sur place. Il est accueilli avec les honneurs par le directeur du palace où les joueurs vont se mesurer. Trop préoccupé par les parties qui se préparent, il remarque à peine la présence de Natalia, une aristocrate russe émigrée que ses parents destinent à un riche mariage. Sa mère Vera a une petite idée sur l'identité du gendre idéal : c'est le comte Jean de Stassard, amateur éclairé venu assister au tournoi. Mais Natalia n'est pas vraiment attiré par ce noble aux talents multiples. Elle est sous le charme de l'étrange Loujine.

Les échecs rendent-ils fous ?

"Comme dans toute vraie folie, une logique affleure, qui trahit une tendance à envisager le monde en noir et blanc : il faut bien le reconnaître, le jouer d'achecs, quel que soit son niveau, flirte toujours avec le "syndrome de Loujine". Le héros du roman de Vladimir Nabokov, qui s'épuise à découvrir la meilleure défense pour affronter sa bête noire dans un grand tournoi, finit par ne plus parvenir à distinguer les échecs de la vie, et voit tout ce qui l'entoure sur le mode de l'affrontement et de la combinaison. Le labyrinthe des variantes n'est pas seulement une abstraction de calcul : c'est un lieu où l'on peut facilement s'égarer et perdre plus qu'une partie.

Les échecs, c'est comme la vie", disait Spassky. "Les échecs, c'est la vie", surenchérissait Fischer, quelques mois avant de lui prendre son titre. Ce qui pourrait passer pour une querelle sémantique ouvre un abîme entre deux perceptions, deux mondes. Il y a ceux qui jouent aux échecs, parfois magistralement, et ceux dont on pourrait dire qu'ils sont les échecs, parce que le jeu coule littéralement dans leurs veines et les anime. Ils sont mus par cet enchantement des soixante-quatre cases, mais une tragédie aux accents faustiens veut que le jeu finisse irrémédiablement par les anéantir: comme Chronos dévore ses enfants, Caïssa (la muse des échecs) terrasse ses prodiges. C'est Paul Morphy, terminant ses jours à la Nouvelles-Orléans si loin des trouvailles géniales qui ornaient ses parties. C'est Wilhelm Steinitz, parachevant son oeuvre depuis l'asile en défiant Dieu, à qui - c'est bien le moins lorsqu'on a été champion du monde - il laisse les Blancs et un pion d'avance." (René Alladaye, Petite philosophie des échecs, p.160-161)

Notes : Paul Morphy, né Paul Charles Morphy le 22 juin 1837 à La Nouvelle-Orléans où il est mort le 10 juillet 1884, est un joueur d’échecs américain. En deux ans, vers l’âge de 20 ans, Morphy défait tous les meilleurs joueurs d’échecs américains, puis européens. Par la suite, il renonce à jouer et tente de faire carrière en droit, mais sans succès car, antiesclavagiste, il refuse de s’enrôler lors de la guerre de Sécession. Au total, Paul Morphy a joué 227 parties d’échecs en compétition avec environ 87 % de victoires. Il n’existe qu’un seul problème d’échecs connu de Paul Morphy, qu’il créa alors qu’il était âgé de moins de dix ans. Jeune prodige des échecs, Morphy est considéré comme le premier joueur d’échecs moderne, ayant laissé une partie célèbre, la partie de l'opéra.

Wilhelm Steinitz (14 mai 1836, Empire d'Autriche - 12 août 1900 à New York) est un joueur d'échecs autrichien, naturalisé américain en 1888 (à cette occasion, il changea officiellement son prénom en William). Il a été le premier champion officiel des échecs de 1886 à 1894 et a, le premier, étudié scientifiquement le jeu d'échecs pour en dégager les règles de stratégie. A ce titre, il est considéré comme le père des échecs modernes.

 

 

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