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Hegel commence par distinguer l'esprit de la matière : l'esprit, selon lui, est le contraire de la matière. La matière et l'esprit s'opposent par leurs attributs essentiels. L'attribut essentiel de la matière est la pesanteur, l'attribut essentiel de l'esprit est la liberté. 

attribut en métaphysique et en logique, le concept d'attribut désigne une propriété d'une substance. En logique, l'attribut est un terme que l'on affirme ou que l'on nie d'un sujet. en grammaire.

Un attribut peut-être essentiel ou accidentel. Un attribut essentiel est inséparable de la définition du sujet qui en est le support. Soit la proposition : "Socrate est un homme" : Socrate est un homme par définition. L'attribut "homme" est inséparable du sujet Socrate. En revanche, si je dis "Socrate est chauve", "chauve est un attribut accidentel du sujet Socrate. Socrate serait toujours un homme, même s'il n'était pas chauve et il serait toujours Socrate, alors que si Socrate était un oiseau (et non un homme), il ne serait pas Socrate !

Hegel ne parle pas d'attribut essentiel, mais de "substance" et "d'essence" : la pesanteur est nécessairement associée à la matière. Aussi légère soit-elle, la matière qui entre dans la composition d'une plume, est pesante.

La proposition "la substance de la matière est la pesanteur" équivaut à la proposition : "La matière est pesante" où "la matière" est le sujet, "est" la copule" et "pesante" l'attribut ou le prédicat (essentiel).

La proposition : "La substance de l'esprit est la liberté" équivaut à la proposition "L'esprit est libre" dans laquelle l'esprit est le sujet, "est" est la copule et "libre" est l'attribut ou le prédicat (essentiel).

La liberté est un attribut essentiel de l'esprit, comme l'humanité est un attribut essentiel de Socrate. L'esprit qui ne serait pas libre (ou qui ne le serait pas complètement) ne serait pas l'esprit ou ne serait pas tout-à-fait l'esprit.

Dans la mesure où l'esprit est le parfait contraire de la matière, on peut dire que la pesanteur est le contraire de la liberté et que l'esprit ne contient aucune pesanteur ("libre" et "sans pesanteur") sont synonymes. 

On peut dire que la liberté et  l'apesanteur sont consubstantielles et coextensives à l'esprit : plus l'esprit est pesant et moins il est libre, plus il est libre et moins il est pesant, plus il est pesant et moins il est esprit et  moins il est pesant et plus il est esprit.

Note : Hegel s'oppose à Kant pour lequel la liberté n'est pas l'absence de pesanteur : "La colombe légère, lorsque, dans son libre vol, elle fend l'air dont elle sent la résistance, pourrait s'imaginer qu'elle réussirait bien mieux dans le vide. C'est justement ainsi que Platon quitta le monde sensible, parce que ce monde oppose à l'entendement trop d'obstacles divers, et se risqua au-delà de ce monde, sur les ailes des idées, dans le vide de l'entendement pur." (Emmanuel Kant, Critique de la Raison pure, introduction à la première édition)

Hegel insiste ici sur le fait que la liberté (comme absence de pesanteur) n'est pas une qualité de l'esprit parmi d'autres, mais une qualité essentielle, la condition et le but (la finalité) de toutes les autres.

Non seulement l'esprit n'existe pas sans la liberté, mais l'esprit existe en vue de la liberté ; les autres qualités de l'esprit sont des "moyens" en vue d'une seule et unique fin qui est la liberté. En termes aristotéliciens, on peut dire que la liberté est la "cause finale" de l'esprit.

Hegel ajoute que la "philosophie spéculative" (la phénoménologie de l'esprit) enseigne que "la liberté est uniquement ce qu'il y a de vrai dans l'esprit", autrement dit, la liberté est la vérité de l'esprit.

Cette vérité n'apparaît pas "au début", l'esprit n'est pas libre dès le début comme la déesse Minerve dont la mythologie nous apprend qu'elle sortit tout armée du crâne de Zeus, mais au terme d'un processus historique. La vérité n'est pas donnée d'emblée, elle se révèle, s'accomplit peu à peu dans le temps, dans l'Histoire.

Hegel reprend  la conception aristotélicienne de la pesanteur. Pourquoi les corps tombent-ils ? Parce que, répond Aristote, ils sont attirés vers le bas, les "lieu des graves". La matière est pesante, c'est là, selon Hegel sa première caractéristique. Hegel n'ignore pas bien entendu les explications de Galilée, de Kepler et de Newton. Il se place du point de vue de l'expérience commune de la gravité. La deuxième caractéristique de la matière est la complexité.

"Complexe" est le contraire de "simple". L'esprit est simple, il est pur esprit, alors que la matière est complexe parce qu'elle n'existe pas à l'état pur, elle revêt une forme, elle dépend pour exister en tant que matière d'autre chose que d'elle-même, de la forme. Tout objet matériel est un composé de matière et de forme. Il n'y a pas de matière à l'état pur. Hegel reprend ici la conception aristotélicienne de  l'hylémorphisme".

L'hylémorphisme (de hulè : matière et morphè : forme) est une philosophie développée par Aristote qui considère que tout être (objet ou individu) est composé de manière indissociable d'une matière et d'une forme. 

Contrairement à l'esprit, la matière est complexe parce qu'elle ne repose pas en elle-même : "elle se trouve hors de l'unité", c'est-à-dire de la forme pure et cherche la forme pure. Mais, ajoute Hegel, si elle la trouvait, elle s'anéantirait elle-même en tant que matière car elle cesserait d'être matière pour devenir forme pure.

La matière, selon Hegel, aspire à l'unité et si elle y aspire, c'est qu'elle ne la possède pas. Elle est complexe (elle n'existe pas sans la forme) et elle a tendance à tomber, à chercher son lieu "naturel", son "centre". L'esprit au contraire est lui-même son centre, il repose en lui-même. L'esprit est "en soi et avec soi", alors que la matière est hors de soi. 

Etre en soi-même, reposer en soi-même, ne dépendre que de soi-même, ne se tenir que de soi-même, telle est, selon Hegel, la véritable définition de la liberté. Si je dépends de quelque chose hors de moi, je ne suis pas libre. Je ne suis libre que si je suis en moi-même, si je ne dépends que de moi-même. 

Selon Hegel, le fait pour l'esprit de reposer en lui-même s'appelle la conscience.  Il faut, selon lui, distinguer dans la conscience deux choses : le fait que je sais et ensuite ce que je sais. Le fait de savoir et le fait de savoir que l'on sait sont inséparables, mais ne se confondent pas.

"Le fait que je sais" désigne l'acte de connaître, "ce que je sais" désigne ce que je connais, la connaissance proprement dite.

La conscience de savoir ne dépend pas de la plus ou grande extension de notre savoir. Une personne peut avoir moins de savoirs, de connaissances qu'une autre, mais toutes les deux savent qu'elles ont des connaissances.

La conscience de savoir et le fait de savoir se distinguent dans l'analyse phénoménologique de la conscience, mais se confondent dans la "conscience de soi". Ce que je distingue extérieurement : le savoir et le fait de savoir, je le vis intérieurement dans l'unité de la conscience de soi. 

L'esprit se sait lui-même comme conscience et capacité de savoir. La capacité de savoir précède le savoir. 

Au départ, l'esprit est comme un homme qui s'éveille. Il sait peu de choses et se connaît à peine lui-même. ce qu'il est vraiment, sa vérité propre, il va l'acquérir dans et à travers l'Histoire.  

Il y a deux mots en allemand pour désigner l'Histoire : "Geschichte" et "Historie". "Geschichte", c'est le devenir universel, le fait que les hommes ont une existence et une histoire individuelle, mais aussi collective, qu'ils ne vivent pas dans la dimension de l'éternité, mais dans celle du temps. "Historie", c'est la science du devenir, la mémoire du passé de l'humanité.

Hegel prend ici le mot "Histoire" dans les deux sens : l'Histoire (Geschichte) est l'effort que fait l'esprit pour s'accomplir et l'Histoire (Historie) est la "représentation" de cet effort, représentation nécessairement tournée vers le passé, alors que le travail de l'esprit se poursuit continuellement.

Au départ, l'esprit ne se connaît pas lui-même, l'Histoire est le long processus à travers lequel il acquiert le savoir de lui-même. Pour illustrer ce fait, Hegel a recours au concept aristotélicien "d'entélechie". 

entéléchie : principe créateur de l'être, par lequel l'être trouve sa perfection en passant de la puissance à l'acte ; par  métonymie., l'être lui-même en tant que réel et source d'action. Il [Dieu] est ce qu'Aristote appelle une entéléchie (...) un être ayant en soi sa fin et sa perfection (Cousin, Hist. gén. philos.,1861, p. 158).

Hegel prend l'exemple d'un arbre fruitier : la graine de l'arbre possède en elle-même, dès le début, "en germe" l'arbre futur avec ses racines, son tronc, ses branches, ses feuilles, le goût et la forme de ses fruits.

L'esprit est comparable à cet arbre : les premières traces de l'esprit contiennent déjà virtuellement, dès le début, toute l'Histoire. Evidemment, l'Histoire humaine ne se déploie pas à la manière d'un phénomène naturel, car les arbres ne sont pas dotés de liberté et n'ont pas de "conscience de soi". 

Selon Hegel, l'Histoire humaine n'est pas, comme le dit Macbeth dans la pièce éponyme de Shakespeare, "un récit plein de bruit et de fureur, raconté par un idiot et qui ne signifie rien."

La conception hégélienne de l'Histoire est également aux antipodes de celle de Paul Valéry : "L'Histoire justifie ce que l'on veut. Elle n'enseigne rigoureusement rien car elle contient tout et donne des exemples de tout... C'est le produit le plus dangereux que la chimie de l'intellect ait élaboré."

Pour Hegel, au contraire, l'Histoire a un sens ; elle est l'auto-accomplissement de l'Idée.

L’Idée (L'esprit), au départ n’a aucune détermination particulière et dans cette absence de déterminations, elle cherche à se connaître elle-même, en s’objectivant, d’abord dans la Nature (le règne minéral, végétal et animal), puis dans l’esprit humain ("elle peut prendre les formes les plus diverses", écrit Hegel) ; on peut donc dire que contrairement à l’Idée platonicienne qui subsiste éternellement, sans aucun changement, comme l’Etre de Parménide, l’Idée hégélienne prend peu à peu conscience d’elle-même, se perfectionne en s’incarnant dans le devenir ; la pensée de Hegel se présente comme une conciliation entre Parménide, "le penseur de l'Etre" et Héraclite, "le penseur du devenir" : l'Etre, l'Idée, la vérité éternelle advient dans la temporalité et dans l'Histoire.

"Tout ce qui est réel est rationnel, c'est -à-dire conforme à l'idée." cette phrase de Hegel a fait l'objet de nombreuses critiques. "Tout ce qui est réel est rationnel" ne signifie pas que tout est actuellement rationnel, mais que le réel, résultant du développement de l'Idée est "virtuellement" rationnel ; en d'autres termes, les guerres, les inégalités, la souffrance des innocents ne sont pas rationnels "en soi", mais sont liés au fait que l'Idée se développe par étapes dans un mouvement dialectique : affirmation/détermination (thèse) - négation (antithèse) - négation de la négation (synthèse). Hegel donne à ce processus un nom difficile à traduire en français "Aufheben" qui signifie à la fois nier, laisser tomber, affirmer et soulever.

Dans La Science de la Logique, Hegel oppose la "logique de l'entendement", fondée sur les déterminations fixes de la pensée, notamment les principes d'identité, de non-contradiction et de tiers exclu dans la logique d'Aristote - et la logique de la raison, fondée sur le mouvement dialectique.

Pour Hegel, tout n'est pas actuellement conforme aux exigences de la raison parce que l'Histoire, comme "Odyssée de l'Esprit absolu" n'est pas terminée. On voit ici à l'oeuvre l'idée de "progrès", héritée de la philosophie des Lumières.

Pour Hegel, le sens de l'Histoire est l'accomplissement de la liberté. Hegel distingue trois phases principales de l'Histoire : la phase "orientale", la phase "grecque" et le "tournant" du christianisme dans sa dimension religieuse puis politique. 

L'expression "Orientaux" désigne les Perses dont la civilisation nous est connue à travers les écrits de l'historien grec Hérodote.

Notes :

Les guerres médiques opposent les Grecs aux Perses de l'Empire achéménide au début du ve siècle av. J.-C. Elles sont déclenchées par la révolte des cités grecques asiatiques contre la domination perse, l'intervention d'Athènes en leur faveur entraînant des représailles. Les deux expéditions militaires des souverains achéménides Darius Ier et Xerxès Ier constituent les principaux épisodes militaires de ce conflit ; elles se concluent par la victoire spectaculaire des cités grecques européennes conduites par Athènes et Sparte. Les guerres médiques marquent traditionnellement le passage de l'époque archaïque à l'époque classique.

Hérodote (en grec ancien Ἡρόδοτος / Hêródotos (-480 à Halicarnasse en Carie - vers 425 av. J.-C. à Thourioi) est un historien et géographe grec.

Les "Orientaux" ne savent pas encore que l'esprit est libre. Ils ne connaissent qu'une seule forme de gouvernement : le despotisme, le pouvoir d'un seul sur tous les autres. Les Orientaux ne sont pas libres parce qu'ils ne savent pas qu'ils le sont. Hegel revient ici à la distinction qu'il a faite précédemment entre le savoir et le fait de savoir que l'on sait (la conscience de soi).

Nous avons vu que pour lui le savoir et la conscience sont consubstantiels et coextensifs. Il n'y a pas de savoir : "je sais que je suis libre", sans conscience: "j'ai conscience d'être libre", et il n'y a pas de conscience sans savoir. Je suis d'autant plus libre que j'ai conscience d'être libre. N'ayant pas l'idée de liberté, les "Orientaux" ne sont pas conscients d'être libres et n'ayant pas conscience d'être libres en puissance, ils ne sont pas libres en acte.

Hegel s'inspire des analyses de Jean-Jacques Rousseau, notamment dans la Huitième Lettre sur la montagne de 1764 : pour Rousseau, le despote, celui qui fait sa volonté sans tenir compte de celle d'autrui, celui qui asservit autrui à sa volonté n'est pas plus libre que ses sujets.

"Régner c'est obéir", écrit Rousseau : régner, c'est en effet obéir et obéir deux fois : à ses passions, mais aussi à la peur car dans une tyrannie, les hommes ont le droit, même s'ils n'en ont pas toujours le pouvoir, de résister au tyran et s'ils en ont le droit, c'est que la volonté du tyran est illégitime. Mais cela, dit Hegel, les sujets du despote (de "l'Unique")  ne le savent pas.

La liberté véritable, selon Rousseau et selon Hegel, ne consiste donc pas à faire ce qui nous plaît, elle ne consiste ni à soumettre la volonté d'un autre à la sienne, ni à soumettre sa volonté à celle d'un autre. Le despote, le tyran, "l'Unique" ne saurait donc être libre car il est soumis à ses passions et aux limites de la soumission des autres.

Avec les Grecs et les Romains, l'esprit  franchit une nouvelle étape dans la conscience de la liberté...

Comme chacun sait, les Grecs ont inventé la liberté politique, le droit de participer aux affaires publiques au lieu d'être sous la conduite d'un seul sous le nom de "démocratie" (de "démos" = peuple et "kratein" = pouvoir). La démocratie est l'exercice du pouvoir par le peuple et pour le peuple. Mais Hegel rappelle que seuls quelques uns étaient libres et non pas tous : les femmes, les enfants, les esclaves, les métèques (étrangers à Athènes) étaient exclus des affaires publiques. Pour les Grecs, certains hommes étaient libres et d'autres ne l'étaient pas. Il en était de même pour les Romains, bien qu'ils aient eu des institutions politiques différentes.

Hegel ajoute que les Grecs ont dû l'existence de leur "belle liberté" à l'institution de l'esclavage qui a été théorisée par Aristote : les uns sont maîtres par nature et les autres sont esclaves par nature. Il montre dans un texte célèbre de la Phénoménologie de l'Esprit, "La dialectique du maître et de l'esclave" que la survie du maître dépendait entièrement du travail de l'esclave.

"La belle liberté grecque fut "seulement une fleur, due au hasard, caduque, renfermée en d'étroites bornes et aussi une dure servitude de l'humain" parce qu'elle ne concernait que quelques hommes.

Les "Orientaux" n'avaient pas du tout conçu le concept de liberté, ou seulement pour "l'Unique" et donc pour personne. Les Grecs avaient conçu le concept de liberté, mais seulement pour quelques uns. Admirateur de la civilisation grecque, Hegel parle de la "belle liberté grecque" parce que la liberté de quelques uns est plus belle que l'absence de liberté et que c'est en Grèce qu'a éclos la fleur de la liberté, ce sont les Grecs qui ont conçu les premiers le concept politique de liberté, mais il montre que cette "belle liberté" est "enfermée dans d'étroites bornes".

On peut évidemment discuter l'idée que "seules les nations germaniques" sont arrivées à la conscience que l'homme en tant qu'homme est libre (que tous les hommes sont libres), dans la mesure où le christianisme s'est diffusé dans une aire géographique bien plus vaste que celle des "nations germaniques". Hegel pense peut-être que le protestantisme né en Allemagne au XVIème siècle avec Luther a été plus favorable à la liberté que le catholicisme... Mais ce qui est indiscutable, c'est que la conscience de la liberté de l'homme en tant qu'homme et non plus d'un seul ou de quelques uns est lié à la diffusion de la "bonne nouvelle" (selon l'étymologie du mot "Évangile") du  christianisme : "Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtus le Christ. Il n'y a plus ni Juif, ni Grec. Il n'y a plus ni esclave ni libre, il n'y a plus ni homme ni femme, car tous vous êtes un en Jésus-Christ. Et si vous êtes au Christ, vous êtes donc la postérité d'Abraham, héritiers selon la promesse." (Paul de Tarse, Epître aux Galates)

Même s'il y a encore des maîtres et des esclaves en fait (Hegel note que le servage a perduré), le christianisme affirme l'égale dignité des hommes, de tous les hommes : hommes libres, esclaves, femmes, enfants, Grecs, Juifs, Gentils... aux yeux de Dieu, du fait qu'ils possèdent tous une âme immortelle,  et donc le principe de la liberté non seulement pour "l'Unique" ou pour quelques uns, mais pour tous et ce principe a eu finalement raison des faits.

Hegel insiste sur le fait que la liberté ne s'est pas réalisée immédiatement, d'un seul coup, qu'il a fallu des siècles, d'abord dans la sphère de la religion : la liberté spirituelle, et ensuite dans celle de la politique, "à travers un long effort d'éducation".

Hegel distingue ici deux réalités : le principe, l'Idée et l'application du principe. L'idée a un but, une cause finale, mais elle se réalise à travers un "processus", dans l'espace et dans le temps. Ce processus, selon Hegel est "l'Histoire elle-même".

Le liberté a commencé par le principe chrétien de la conscience individuelle avant de s'établir pour le principe de la liberté en général.

"L'histoire universelle est le progrès dans la conscience de la liberté - progrès dont nous avons à reconnaître la nécessité", le fait qu'il ne pouvait pas en être autrement.

La phrase de conclusion du texte rappelle l'identité entre l'Histoire et le processus contingent dans les détails, mais "nécessaire" dans les grandes lignes, de la réalisation de la liberté.

Rappelons-en les différentes phases : Liberté pour un seul : le despotisme, Liberté pour quelques uns : la démocratie grecque, Liberté de conscience pour tous : le christianisme, Liberté politique pour tous : l'Etat moderne.

 

 

 

 

 

 

 

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