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Leibniz, Les principes du raisonnement
Leibniz, Les principes du raisonnement

La Monadologie est une œuvre de 1714 écrite en français par le philosophe allemand Leibniz. La place qu'elle occupe dans la carrière de Leibniz (qui meurt deux ans après sa rédaction), ainsi que la synthèse qu'elle opère des différents thèmes de la métaphysique leibnizienne, en font une œuvre majeure de cet auteur.

Gottfried Wilhelm Leibniz, né à Leipzig le 1er juillet 1646 et mort à Hanovre le 14 novembre 1716, est un philosophe, scientifique, mathématicien, logicien, diplomate, juriste, bibliothécaire et philologue allemand qui a surtout écrit en latin, français et allemand. Esprit polymathe, personnalité importante de la période Frühaufklärung, il occupe une place primordiale dans l'histoire de la philosophie et l'histoire des mathématiques et est souvent considéré comme le dernier « génie universel ».

"31. Nos raisonnements sont fondés sur deux grands principes, celui de la contradiction, en vertu duquel nous jugeons faux ce qui en enveloppe, et vrai ce qui est opposé ou contradictoire au faux. 

32. Et celui de la raison suffisante, en vertu duquel nous considérons qu'aucun fait ne saurait se trouver vrai ou existant, aucune énonciation véritable, sans qu'il y ait une raison suffisante pourquoi il en soit ainsi et pas autrement, quoique ces raisons le plus souvent ne puissent point nous être connues.

33. Il y a aussi deux sortes de vérités, celles de raisonnement et celles de fait. Les vérités de raisonnement sont nécessaires et leur opposé impossible, et celles de fait sont contingentes et leur opposé est possible. Quand une vérité est nécessaire, on en peut trouver la raison par l'analyse, la résolvant en idées et en vérités plus simples, jusqu'à ce qu'on vienne aux primitives.

34. C'est ainsi que chez les mathématiciens les théorèmes de spéculation et les canons de pratiques sont réduits par l'analyse aux définitions, axiomes et demandes.

35. Et il y a enfin des idées simples dont on ne saurait donner la définition ; il y a aussi des axiomes et demandes ou en un mot des principes primitifs, qui ne sauraient être prouvés et n'en ont point besoin aussi, et ce sont les énonciations identiques, dont l'opposé contient une contradiction expresse.

36. Mais la raison suffisante se doit aussi trouver dans les vérités contingentes ou de fait, c'est-à-dire dans la suite des choses répandues par l'univers des créatures, où le résolution en raisons particulières pourrait aller à un détail sans bornes, à cause de la variété immense des choses de la nature et de la division des corps à l'infini. Il y a une infinité de figures et de mouvements présents et passés qui entrent dans la cause efficiente de mon écriture présente, et il y a une infinité de petites inclinations et dispositions de mon âme présentes et passées qui entrent dans la cause finale.

37. Et comme tout ce détail n'enveloppe que d'autres contingents antérieurs ou plus détaillés, dont chacun a encore besoin d'une analyse semblable pour en rendre raison, on n'en est pas plus avancé, et il faut que la raison suffisante ou dernière soit hors de la suite ou séries de ce détail de contingences, quelque infini qu'il pourrait être.

38. Et c'est ainsi que la dernière raison des choses doit être dans une substance nécessaire, dans laquelle le détail des changements ne soit qu’éminemment, comme dans la source, et c'est ce que nous appelons Dieu."

(Leibniz, La Monadologie, §§ 31-38, éd. Aubier, pp.496-497)

Questions sur le texte :

(source : Les philosophes par les textes de Platon à Merleau-Ponty, par un groupe de professeurs, classes terminales A,B,C,D,E,F11, programme 1974, Editions Fernand Nathan)

1. Relevez les deux affirmations qu'enveloppe le principe de contradiction ; pourquoi commence-t-il par définir le faux, et non le vrai ? Aurait-on pu dire que le vrai est ce qui est non-contradictoire ?

Comment se définit le vrai ?

Y a-t-il une troisième possibilité entre le vrai et le faux ? Pour répondre à cette question, rendez au terme contradictoire sa signification précise.

2. A quelle sorte de vérité s'applique le principe de raison suffisante ? Qu'aucun fait ne saurait se trouver vrai, sans qu'il y ait une raison suffisante, pourquoi il en soit ainsi plutôt qu'autrement, cela signifie-t-il seulement que tout fait existant a sa raison suffisante ?

Si les vérités sont contingentes, comment comprendre qu'il y ait une raison suffisante, pourquoi ils sont ainsi et non autrement ?

3. Quels sont les caractères des vérités de raisonnement ? Qu'est ce que l'analyse ? Donnez une définition du simple.

De ce que les théorèmes, par exemple le théorème de Pythagore, et que les canons, par exemple la formule de résolution de l'équation du second degré, pouvant être réduits par l'analyse, ne sont pas des propositions primitives, peut-on conclure que les définitions, les axiomes et les demandes ou postulats, sont tous des propositions primitives ?

Montrez que le principe de contradiction fonde suffisamment les vérités de raisonnement.

4. Les vérités de fait sont-elles susceptibles d'une analyse finie ? Aurions-nous raison de nous arrêter quelque part dans l'explication d'un fait ? Pourquoi ?

Que suppose la variété immense des choses de la nature ? La division des corps à l'infini doit-elle être confondue avec la divisibilité indéfinie mathématique, par exemple d'une droite ?

Montrez que le principe de raison suffisante enveloppe les deux principes de causalité et de finalité.

5. La raison suffisante d'un fait peut-elle jamais être un fait ? Pourquoi ? A quelle condition le principe de raison suffisante est-il pleinement satisfait ?

Expliquez l'expression substance nécessaire : pour le faire, opposez l'idée de substance nécessaire à celle d'existence contingente.

Dieu est-il l'Univers et la suite des événements ? La réponse à cette question vous permettra de comprendre le terme éminemment.

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