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André Chouraqui, La reconnaissance. Le Saint-Siège, les Juifs et Israël
André Chouraqui, La reconnaissance. Le Saint-Siège, les Juifs et Israël

André Chouraqui, La reconnaissance. Le saint-Siège, les Juifs et Israël, Editions Robert Laffont, 1992

Pour écrire ce livre passionnant de bout en bout, l'auteur à succès de l'Amour fort comme la mort, le célèbre bibliste et coraniste nommé, le 3 février 1992, docteur honoris causa de la prestigieuse Université catholique de Louvain au titre de la théologie, a puisé aux sources : à Rome comme à Jérusalem.

Table des matières :

I. De la méconnaissance - PREMIERE PARTIE : Le face -à-face médiéval : II. Deux soeurs ennemies - II. Naissance d'un schisme - IV. Ressusciter d'entre les morts - V. Un peuple crucifié (l'antisémitisme païen) - VI. Israël et les nations : l'arsenal de l'antisémitisme païen - Naissance de l'antijudaïsme chrétien - Les Pères de l'Eglise - Julien l'Apostat - Jean Chrysostome - VIII. Les Juifs exclus de la Cité chrétienne : les conciles - VIII. Les croisades : La deuxième croisade - La troisième croisade - Le meurtre rituel - IX. Devant le trône de Pierre : Abraham Aboulafia et Nicolas II - Entre l'amour et la mort- Les controverses judéo-chrétiennes - X. Regards sur l'Inquisition - XI. La fin du Moyen-Âge - L'âge des Lumières - Emancipation et réactions - En Pologne - DEUXIEME PARTIE : Le Saint-Siège devant le sionisme : XII. "Non possumus" - Pie X devant Herzl - Le cardinal Merry del Val - XIII. Le roi Victor-Emmanuel III - Un pape devant un prophète - XIV. Un dossier jamais clos - XV. Rien ne coûte d'espérer - XVI. Nahum Sokolov rencontre Mgr Pacelli - Mgr Gaspari devant Sokolov - Auprès de Benoît XV - XVII. Une croisade islamo-chrétienne - Antisémitisme et antisionisme - Chaïm Weizmann au Vatican - XIX. Les règnes de Pie XI et de Pie XII- La rage de survivre - TROISIEME PARTIE : Le Saint-Siège devant l'Etat d'Israël : XX. Les traumatisme d'une résurrection - XXI. Sous les règnes de Jean XXIII et de Paul VI : Nostra aetate - Sous le règne de Paul VI - Paul VI devant Abba Eban - Paul VI devant Golda Meir - La guerre à nouveau - Paul VI devant Moshé Dayan - XXII. Le règne de Jean-Paul II - Le discours à la synagogue - XXIII. Dans le fracas de nos guerres - Au Liban - La guerre du Golfe - XXIV. Le mystère d'Abraham - le facteur arabo-islamique - EPILOGUE : XXV. La reconnaissance - Pour un  Grand Pardon universel - XXVI. Pour un messianisme universel - INDEX

Biographie :

Nathan André Chouraqui (né le 11 août 1917 à Aïn Témouchent, Algérie et mort le 9 juillet 2007 à Jérusalem), était un avocat, écrivain, penseur et homme politique franco-israélien, connu pour sa traduction de la Bible, dont la publication, à partir des années 1970, révolutionna la lecture du Livre saint. Il a passé son enfance en Algérie où il a notamment appris avec son rabbin la Torah qu'il savait par coeur en hébreu. Il a ensuite fait des études en France où il rejoint la résistance. André Chouraqui fut avocat, puis juge dans le ressort de la Cour d'Appel à Alger (1945-1947). Il est promu, en 1948, docteur en Droit international public à l'Université de Paris. En 1958, André Chouraqui s'installe en Israël et en 1965, il est élu vice-maire de Jérusalem. En 1987, paraît sa traduction intégrale de la Bible en français en 26 volumes, à partir du texte hébraïque initial, dont des parties avaient été publiées à partir des années 1970. Marc Leboucher, qui fut le premier à éditer ce texte en France, chez Desclée De Brouwer, estime qu'André Chouraqui a adopté dans son travail «un parti pris révolutionnaire, qui a permis de redécouvrir des textes que l'on croyait usés» et qu'«il a surtout mis en lumière l'importance des racines juives du christianisme et rappelé que Jésus appartenait au peuple juif.» En 1990, il publie une traduction du Coran. Secrétaire général adjoint de l'Alliance israélite universelle (1947-1953), André Chouraqui en deviendra le délégué permanent, sous la présidence de René Cassin (1947-1982). Il fut également président de l'Alliance française de Jérusalem. En février 1990, est publié L'Amour fort comme la Mort, autobiographie d'André Chouraqui qui sera ultra-médiatisée et se vendra immédiatement à plus de 100.000 exemplaires. La même année il publie chez le même éditeur sa traduction du Coran (texte et commentaires) et rencontre le Dalaï Lama.Il était membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence.  (source : babelio)

Le livre : 

"Le face-à-face des Eglises chrétiennes - plus particulièrement celle que représente le Saint-Siège - et d'Israël constitue sans doute l'un des chapitres les plus douleureux de l'histoire des religions. A partir de Constantin, le christianisme, devenu religion officielle de l'Empire, organise une persécution systématique des Juifs.

André Chouraqui rappelle les principaux épisodes de cette chasse à l'homme juif dans tous les pays et à toutes les époques où l'Eglise régnait. Il écrit l'histoire des papes confrontés à ce problème et qui atteint une cruauté sans précédent en Espagne avec l'Inquisition. C'est finalement pour échapper aux persécutions qui culminent avec la Shoah que les Juifs ont décidé de fonder un pays qui soit à eux : celui de leurs ancêtres.

Le livre décrit l'opposition du Saint-Siège au mouvement sioniste, puis son refus encore actuel d'établir des relations diplomatiques normales avec l'Etat d'Israël, alors qu'il reconnaît de nombreux Etats dictatoriaux et ceux qui ont toujours voulu la destruction de l'Etat juif. En témoignent les nombreuses visites et démarches pressantes de personnalités sionistes puis israéliennes de Théodore Herzl... à André Chouraqui, en passant par Golda Meir et Moshé Dayan auprès des papes qui se sont succédé, de Pie X à Jean-Paul II.

Cependant, depuis le concile de Vatican II, avec Jean XXIII, et plus encore avec Jean-Paul II, l'Eglise tente courageusement de mettre un terme à cette situation absurde. Mais la décision reste en suspens...

Extraits :

"Les fils d'Abraham, juifs, chrétiens, musulmans, étaient les héritiers d'un message de justice, de paix, d'amour qu'ils devaient porter jusqu'aux confins de la terre. Or les dominantes de leur histoire contredisent les idylliques proclamations de leurs discours. Comment de telles distorsions se sont-elles universellement imposées au sein de la famille abrahamique ? Comment cette dernière s'est-elle dressée contre le reste de l'humanité en des guerres implacables, celles notamment qui ont opposé la chrétienté et l'islam au monde polythéiste, à leurs yeux dépourvu de tout droit à l'existence? Partout où les adeptes du "Vrai Dieu" rencontraient des "idolâtres", ceux-ci étaient condamnés à disparaître par la conversion ou par la mort.

Où en sommes-nous de ces conflits internes au monde dit monothéiste ? Est-il possible de pacifier les nations en un temps où nos guerres pourraient signifier l'extermination de la race humaine, la destruction de toute trace de vie sur la planète ? Dans cette édification d'un monde et d'un homme nouveaux, les religions - et particulièrement les religions abrahamiques - ont-elles encore un rôle à jouer ? Lequel ? Et comment ?

Les kabbalistes enseignent que les vases originels, porteurs de l'unité du genre humain, ont été brisés. Par leurs prières et leurs pratiques ascétiques, les kabbalistes dans leurs grimoires, comme les ascètes chétiens, musulmans, hindous ou bouddhistes, s'efforcent, chacun pour sa part, de participer à l'oeuvre de la rédemption universelle. A vrai dire, rien ne remplace cette antique aspiration à la réfection des vases originels, auxquels il ne serait pas inutile, de nos jours, d'adjoindre un minimum de connaissance de l'Autre. Du plus lointain, souvent ignoré et parfois haï, n'est-il pas nécessaire de faire un prochain digne d'amour ?

La rédemption, que chacun est censé rechercher, ne serait guère compromise par un minimum d'ouverture, de connaissance, et de reconnaissance de l'Autre. Juifs, chrétiens et musulmans se situent au centre des problèmes soulevés par l'édification d'un homme nouveau, créateur d'un monde neuf où l'utopie biblique du salut universel pourrait enfin se réaliser. Leur réconciliation, la pleine reconnaissance d'Israël par l'Eglise et par l'Islam, de l'Eglise et de l'Islam par Israël provoquerait l'effondrement des murailles qui les séparent. elle pourrait ouvrir une ère nouvelle dans l'histoire religieuse de l'humanité." (p.34-35)

"On a souvent souligné les asymétries qui caractérisent Israël et l'Eglise : d'un côté, un petit peuple indéracinable sur le roc de ses Ecritures, de sa terre, de ses traditions, irrémédiablement contemporain de tous les âges de son histoire quatre fois millénaire, sans hiérarchie, sans dogme et sans maître reconnu autre que IAHVE adonai ELOHIM, son Dieu au nom imprononçable. Et, del'autre, une Eglise universelle qui compense sa dispersion mondiale par la rigueur de sa hiérarchie et de ses dogmes, avec son ministère de salut, dépourvu d'identité nationale, éthique ou culturelle, mis au service de tous, sans préférence particulière. Comment marier ces deux personnes séparées, de plus, par des théologies, des dogmes, des rites d'autant plus opposés qu'ils découlent des mêmes sources et prétendent être au service des mêmes finalités, dans le cadre de cultures radicalement différentes ? Mais leur reconnaissance réciproque ne rendrait-elle pas enfin possible le mariage de l'Orient et de l'Occident ?" (p.251)

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