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André Delvaux, L'Oeuvre au noir (DVD et livret)

L'Oeuvre au noir (DVD), La vie est belle Editions, 2010, Date de sortie cinéma : 13 mai 1988 - Date de reprise cinéma : 11 août 2010 - Disponible en DVD : 23 août 2010

L'Oeuvre au noir d' André Delvaux d'après le roman de Marguerite Yourcenar avec Sami Frey, Gian Maria Volonte, Anna Karina , Philippe Léotard, Marie-Christine Barrault, Marie-France Pisier, Mathieu Carrière, Jean Bouise…

L'oeuvre :

L’Oeuvre au noir : « Un homme traqué, recherché depuis des années dans les régions immenses contrôlées par l'orthodoxie religieuse et politique, revient au pays natal de Bruges, poussé par d'obscures raisons et sous un faux nom… Petit à petit, morceau par morceau, au gré des rencontres et des hasards, va se reconstituer dans la mémoire des autres le puzzle de son existence et de ses idées. Cela fait de lui un “homme à brûler“. Il s'appelle Zénon. » (André Delvaux)

L’Oeuvre au noir d’André Delvaux, 1988 - 108 min - Français - Couleurs - Format film : 1,77 - Format DVD : 16/9 - Zone 2 - Pal

Le réalisateur : 

André Delvaux est né le 21 mars 1926 à Heverlee dans la région de Louvain. Lorsqu’il a 4 ans, sa famille s’installe à Bruxelles. Il va à l’école en français et refait sa rhétorique en néerlandais. Delvaux suit des cours de diction, de piano et de composition au conservatoire de Bruxelles tout en étudiant la philologie germanique et le droit à l’Université Libre de Bruxelles (ULB).

De 1949 à 1962, il enseigne les langues à l’Athénée Fernand Blum à Bruxelles où il crée un cours de cinéma. Dès 1956, il réalise des courts métrages avec ses élèves. L’Institut de Sociologie de l’ULB l’invite chaque année à organiser un séminaire sur le cinéma. Cofondateur de L’INSAS en 1962, il y enseigne le langage cinématographique et la régie. De 1952 à 1958, il accompagne des films muets au piano pour l’Ecran du Séminaire des Beaux-Arts, et plus tard au Musée du Cinéma.

Dès 1959, il tourne des courts métrages et des documentaires pour la télévision. Entre L’Homme au crâne rasé , qu’il tourne en 1965 et L’Oeuvre au noir, son dernier film, il réalise 5 autres longs métrages, dont Un soir, un train, en 1968, Femme entre chien et loup en 1979 et Benvenuta en 1983. Administrateur actif et de longue date de la Cinémathèque royale de Belgique, il en devient vice-président. Delvaux meurt le 4 octobre 2002.

Les suppléments :

Avec Dieric Bouts d’André Delvaux, 1975 - 28 min : Documentaire sur le peintre « primitif » flamand Dieric Bouts (1415-1475), un film dont les enjeux dialoguent avec ceux de L’Oeuvre au noir.« L’un des grands films consacrés à la peinture dans l’histoire du cinéma. » Michel Ciment- Rencontre avec Charlie Van Damme, le chef opérateur du film, 2010 – 25 min

Le Livret : Autour de L’Oeuvre au noir, 96 pages.La correspondance inédite de Marguerite Yourcenar et André Delvaux qui s’étire sur six années. Les lettres de Marguerite Yourcenar à André Delvaux sont pour la première fois éditées grâce à l’aimable autorisation des exécuteurs littéraires de l’écrivain. Analyse de L’Oeuvre au noir par Adolphe Nysenholc - L’Auteur dans la cité, le dernier texte d’André Delvaux, introduit par Frédéric Sojcher

Présentation du livret d'accompagnement du CDROM :

"Les textes que nous avons souhaité réunir ici permettent une double compréhension de ce que représente L'Oeuvre au noir dans le parcours du cinéaste André Delvaux. La correspondance qu'il a entretenue avec Marguerite Yourcenar permet tout d'abord d'appréhender à quelle hauteur d'exigence le cinéaste plaçait l'art de l'adaptation, terme qu'il trouvait d'ailleurs inapproprié, choisissant même de parler pltôt de transmutation, de transformation ou de re-création.

Son souci de ne pas trahir l'oeuvre originale tout en opérant des choix radicaux par rapport à elle est constant, et trouve peut-être avec L'Oeuvre au noir, son point culminant.

Dans un texte extrait de son ouvrage André Delvaux ou le Réalisme magique, Adolphe Nysenholc revient de façon détaillée sur les relations qu'entretient le film avec le livre, sur cette "transmutation".

Si nous avons également choisi de rééditer le dernier texte d'André Delvaux, texte par lequel Frédéric Sojcher clôturait son livre d'entretien avec le cinéaste (E. Sojcher, André Delvaux, Le Cinéma ou l'art des rencontres, Paris, Seuil/Archimbaud, 2005, p.223), c'est que celui-ci fait pertinemment écho à son dernier long-métrage et à ce qui est plusieurs fois souligné dans ses lettres à Marguerite Yourcenar.

Y transparaît l'importance d'un propos politique qui se fera de plus en plus saillant dans la carrière du cinéaste. Ce propos politique finit par s'incarner dans la figure frontale de Zénon, "homme libre face à l'extrême-droite catholique". Zénon est ce personnage qui, pour ne pas avoir cessé de voyager et étudier, sait faire la synthèse de plusieurs cultures. Il est ce premier homme européen tel qu'aimait à le décrire André Delvaux.

Cette préoccupation chère au cinéaste, de la synthèse et du clivage - celle des communautés belges, du réalisme et de l'onirisme - est très justement évoquée par Luc Dardenne dans un texte dont nous devons la publication française au même Frédéric Sojcher (ibidem).

Le co-réalisateur de Rosetta et de Le Silence de Lorna éclaire en quelques phrases la position si particulière qu'occupait André Delvaux dans le paysage cinématographique belge : "L'éclairage belge de ce cinéma se perçoit dans ses paysages, ses décors, ses références à la littérature (Daisne, Michiels, Lilar, Yourcenar, Maeterlinck), à la peinture (Magritte, Paul Delvaux...), également dans cette thématique de l'ambiguïté, du décrochage par rapport à une réalité qui irait de soi, du double qui fait écho à l'ambiguïté, à l'existence problématique du Belge pris entre deux langues, deux cultures. (...)

André Delvaux est donc bien un cinéaste belge, le plus grand et peut-être le dernier, car c'est au moment où son regard fixait ce particularisme belge, cette ambiguïté germanolatine, cette identité problématique, que les communautés se raidissent dans leurs différences économiques, politiques et linguistiques, pour aboutir en 1970 à l'institution d'un régime bi-communautaire, prélude à une régionalisation plus affirmée soutenue dans le Nord par un mouvement nationaliste flamand."

Note : (Extrait d'un article intitulé "Courte histoire du cinéma belge de la Communauté française de Belgique", publié en 1989 en espagnol dans la revue Plural (Mexique) et en tchèque en 1992 dans la revue Svête Literatury, n°4. Ce texte a pour la première fois été édité en français dans l'ouvrage de Frédéric Sojcher, André Delvaux, Le cinéma ou l'art des rencontres (Seuil/Archimbaud, 2005)

 

 

 

 

 

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