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Irvin Yalom, La Méthode Schopenhauer
Irvin Yalom, La Méthode Schopenhauer

Irvin D. Yalom, La Méthode Schopenhauer (The Schopenhauer Cure), roman traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Clément Baude, Galaade Editions, 2005

L'auteur : 

Professeur émérite de psychiatrie à Stanford, Irvin Yalom est l'auteur entre fiction, philosophie et psychothérapie, de nombreux essais, romans ou récits, best-sellers dans le monde entier, dont La Méthode Schopenhauer, Le Bourreau de l'amour, Le Jardin d'Epicure, En plein coeur de la nuit, Le Problème Spinoza (lauréat du Prix des lecteurs du Livre de Poche en 2014), ou encore Créatures d'un jour. L'ensemble de l'oeuvre d'Irvin Yalom est publié aux éditions Galaade.

Cinquième de couverture :

"A l'occasion d'un check-up de routine, Julius Hertzfeld, psychothérapeute à San Francisco, apprend que ses jours sont comptés. Un an tout au plus, lui annonce son médecin. Julius décide de vivre ces quelques mois comme il a toujours vécu et s'interroge : a-t-il vraiment réussi à aider ses patients ?

Philippe State, par exemple, qu'il a suivi régulièrement pendant trois ans et qu'il considère comme le grand échec de sa carrière. Les retrouvailles avec Slate, devenu lui-même psychothérapeute et docteur en philosophie se soldent par un marché : Julius accepte de superviser la formation de Philip, à la condition que celui-ci suive sa thérapie de groupe pendant six mois. Au centre de la relation complexe qui s'établit entre les deux autres membres du groupe, un philosophe, le thérapeute parfait selon Slate : Arthur Schopenhauer."

Extrait : 

"En plus de tous ces arguments rationnels, Schopenhauer en avance un autre qui frise le mysticisme, qui flirte (sans l'épouser) avec une forme d'immortalité. Dans son esprit, notre nature profonde est indestructible parce que nous ne sommes qu'une manifestation de la force vitale, cette volonté, cette chose en soi qui perdure éternellement. Aussi la mort n'est-elle pas une véritable annihilation. Une fois que notre vie insignifiante sera terminée, nous rejoindrons alors cette force de vie première qui se tient hors du temps.

Cette idée procura visiblement beaucoup de réconfort à Schopenhauer et à nombre de ses lecteurs (Thomas Mann, par exemple, et son héros Thomas Buddenbrook). Mais parce qu'elle implique une abolition du moi, nombreux sont ceux qui n'y trouvent qu'un piètre réconfort. (Même l'apaisement d'un Thomas Buddenbrook est éphémère puisqu'il s'évapore quelques pages plus loin) (...)

Schopenhauer proposa encore une autre méthode pour tenir en échec la peur de la mort : plus l'épanouissement de la personnalité est profond, moins la peur est forte. Si la position de Schopenhauer fondée sur l'unicité de l'univers (point devue cosmique) peut sembler quelque peu  faiblarde aux yeux de certains, en revanche la solidité de ce dernier argument est incontestable. Les cliniciens travaillant auprès des mourants ont observé que la peur de la mort est plus forte chez ceux qui ont l'impression d'avoir eu une vie inachevée, incomplète. Ce sens de l'accomplissement, ce sentiment de "consumer sa vie", pour citer Nietzsche, atténue la peur de la mort." (p.525-527)
 

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