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Pendant que tu découvrais la "perversité polymorphe" (l'expression est de Freud) des enfants dans ton "Kindergarten autogéré" à Francfort - dans la logique de "l'interdit d'interdire" et du "jouir sans entrave", d'autres continuaient de croire à la "cause" pour laquelle des "camarades" ont donné leur vie. Il y a eu des clash mémorables au Parlement européen au sujet de ton témoignage, avec J.-M. Le Pen et même avec François Bayrou à qui tu as dit, comme à Gilbert Collard, qu'il était "ignoble" (décidément, tu aimes bien cet adjectif). 

Comment se fait-il que tu n'aies pas compris la fonction positive des interdits qui ne servent pas à embêter le monde comme vous le pensiez, tes petits camarades et toi en Mai 68, mais à protéger le plus fragiles - la sexualité d'un enfant n'est pas la même que celle d'un adulte - et rendre possible la vie en commun ?

Le problème, là encore n'est pas que tu aies découvert la sexualité des enfants, mais que tu aies fait l'apologie de la pédophilie, entraînant là encore des émules dans ton sillage. 

Lors de la dernière manif à laquelle j'ai participé dans les années 70, (comme membre du service d'ordre) contre l'extradition de Klaus Croissant, l'avocat de la bande à Baader, un "Schwarzer bloc" de l'époque a jeté un cocktail Molotov dans la station service que j'essayais avec quelques autres de protéger pour éviter le pire. C'est là que j'ai compris le nihilisme (tuer tout le monde avant de se tuer soi-même) et que j'ai cessé de croire à la "cause". Un désamour déjà entamé par la défenestration d'un "camarade" à Censier.

Vous avez, il faut bien le dire, toi et Bernard-Henri Lévi, l'art de mener les autres au casse-pipe et de vous en sortir souples et décontractés, comme les dieux de l'Olympe, Jupiter par exemple.

Et puis, comme beaucoup de gens de ma génération, j'ai lu les témoignages d'Alexandre Soljénitsyne, de Léonid Plioutch et de quelques autres sur le "socialisme réel"...

Et j'ai compris, comme le dit très justement Alain Fienkelkraut, que Mai 68 était une révolte d'adolescents, que la vrai révolution se situait en Europe de l'est, derrière le "rideau de fer", que le véritable événement, malgré les retombées positives de Mai 68, comme les accords de Grenelle, l'événement historique, c'était l'invasion de Prague par les troupes du Pacte de Varsovie. Une révolution, momentanément matée d'adultes, contre une révolte d'adolescents. Y'avait pas photo.

Oui, Mai 68 était une révolte de jeunes bourgeois privilégiés. La résistance des Praguois était une révolte d'adultes, le mouvement des Gilets Jaunes est une révolte d'adultes. C'est difficile à comprendre et à admettre pour un adolescent nanti et attardé, la souffrance des pauvres et des opprimés.

... Sans oublier les victimes des violences policières pour lesquelles tu n'a pas eu un mot. 

A propos de la question des Juifs de France et des Gilets jaunes, je suis incapable d'en parler en quelques lignes. J'insère dans ma lettre un article à ce sujet et je prie les lecteurs de mon blog et d'Agoravox de m'en excuser :

Les chiens de garde :

A cette dame qui nous a offert un petit paquet de madeleines à un rond-point près de Besançon, en s'excusant de la "gêne qu'occasionnaient" les Gilets jaunes...

Comme disait mon grand-père, juif ashkénase exilé de sa Biélorussie natale en 1905, après les pogroms de Bessarabie et de Kitchinev, "le cochon a montré sa patte" (c'est une expression yiddish)

Dans la même semaine, nous avons eu droit à Luc Ferry, grand bourgeois libéral, perdant son flegme philosophique, soudain transformé par la trouille en petit-bourgeois fascisant, invitant à "tirer sur la foule", (sans doute comme les soldats devant le Palais d'hiver en 1905 sur les hommes, les femmes et les enfants qui réclamaient du pain) et à Bernard-Henri Lévy devant le CRIJF (Conseil représentatif des institutions juives de France), l'homme qui possède plus de maisons que cadet Roussel, comparant les Gilets jaunes aux Ligues d'extrême-Droite anti-parlementaires en février 36, alors soutenues par le fasciste Pierre Drieu la Rochelle.

Oui, "le cochon a montré sa patte". 

J'ai 68 ans, bientôt 69 fin janvier. Je suis professeur certifié de lettres, titulaire d'une maîtrise de philosophie à la retraite depuis 2010. Mon grand-père maternel était juif et je voudrais crier mon indignation devant de telles attitudes et de tels propos.

Oui, je suis reconnaissant à la France d'avoir accueilli, puis naturalisé mon grand-père (en 1918, pour services rendus à la patrie)... Oui je me sens avant tout Français. Oui, je me sens entièrement solidaire des Gilets jaunes, dont je partage les préoccupations et le vécu quotidien.

Avec 1300 eus de retraite de l'Education nationale, j'ai été obligé de vendre ma voiture et je connais, ayant enseigné en ZEP, les angoisses quotidiennes de la plupart de mes compatriotes, en particulier les retraités qui sont très nombreux parmi les Gilets jaunes : comment nourrir et habiller les enfants, payer les traites, gâter un peu les petits-enfants pour Noël...

Vivent les Gilets jaunes... Je vous serre tous contre mon cœur ! Continuez votre combat sans vous tromper de cible, contre l'oligarchie financière, les patrons du CAC 40, les menteurs de la sphère politico-médiatique, ceux qui organisent les délocalisations et qui licencient pour préserver leurs profits... contre les hommes politiques, les délinquants en cols blancs et les "chiens de garde" (l'expression est de Paul Nizan) qui représentent et qui défendent leurs intérêts ! 

Ne vous laissez pas intimider par les accusations d'antisémitisme de Monsieur Bernard-Henri Lévy ou de "populisme" de Monsieur Luc Ferry, qui a renié le milieu populaire dont il paraît qu'il est issu.

Tous les juifs ne sont pas de riches capitalistes comme le baron de Rothschild, tous les juifs ne trahissent pas les valeurs de justice et de vérité de la Torah, comme Monsieur Cohn-Bendit, le meilleur ami d'Emmanuel Macron, qui a échangé les convictions de sa jeunesse contre un plat de lentilles au parlement européen ou Monsieur Bernard-Henri Lévy dont la tête est si enflée qu'on se demande comment il peut encore passer sous les portes.

La Torah et l’Évangile dénoncent les gens de cet acabit ; Jésus - qui, ne l'oublions pas était juif - les traitait d'hypocrites et de sépulcres blanchis.

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