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Marie Balmary, La divine origine
Marie Balmary, La divine origine

Marie Balmary, La divine origine (Dieu n'a pas crée l'homme), Biblio essais Le Livre de Poche, Editions Grasset et Fasquelle, 1993

Table :

Introduction et remerciements - I. L'homme humilié par la science comme sujet souverain - II. L'homme, le diable et le bon Dieu : leur premier "Je" dans la Bible - III. Où apparaissent l'homme et la femme et la seconde personne - IV. Où Dieu ne fait que la moitié du travail - V. De l'angoisse d'être incrée - VI. De l'engendrement du sujet - VII. La loi pour l'homme - VIII. "Je ne veux pas" : parole de fils - IX. Un Messie à ne pas suivre - Conclusion - Bibliographie

Marie Balmary est une écrivaine et psychanalyste française.  Elle étudie avec des groupes de lecteurs la Bible et la mythologie grecque en allant fréquemment interroger la théorie psychanalytique dans ses fondements.  Son analyse très proche des textes l'amène à une réinterprétation profonde. Ainsi, Dans Le sacrifice interdit, elle relève que c'est Abraham qui attribue à Dieu un ordre (celui de sacrifier son fils Isaac) que celui-ci n'a pas donné. Dans La divine origine, elle remarque que l'interdit du jardin d'Éden porte sur le fait de confondre le masculin et le féminin, de mal connaître l'autre, en voulant l'assimiler au lieu d'accepter la finitude de l'humain. (source : wikipedia)

Quatrième de couverture :

"On ne peut pas écouter l'autre, en tant que psychanalyste, sans se demander d'où vient à l'homme l'aptitude à dire "Je", à parler sa vie, sa mort, en première personne. Car l'efficacité de la cure analytique repose sur l'accès du patient à JE sujet, ce à quoi aucun animal n'est parvenu. Or la science, après Darwin et avec Freud, croit l'homme "issu de la série animale".

Où donc le sujet trouvera-t-il sa généalogie ? Pas dans la nature. Où donc, dans la culture, puisque la religion de l'habitude croit lire au début de la Bible la création de l'homme comme objet vivant par un Dieu Tout-puissant ?

Ce livre est un nouveau voyage dans nos récits d'origine, en quête de l'apparition du sujet : le premier JE de Dieu - du diable - et de l'humain ; comment cet humain est bien crée, mais non l'homme et la femme qui n'apparaissent que par leur rencontre ; l'importance de la loi symbolique pour JE et TU dans leur éveil... Marie Balmary revisite ainsi les grandes figures bibliques et évangéliques, leur posant à chacune la question du sujet et de l'autre.

Jusqu'à ce qu'apparaisse une nouvelle cohérence de ces textes avec l'expérience clinique. Au lieu heureux où l'homme ne se vit désormais plus comme chose, bête ou esclave, mais comme sujet fils, engendré d'esprit. Au-delà de la création et de la mort."

Extraits :

"La religion du serpent se divise (donc) en deux voies selon qu'on s'arrête au début de son dire ou qu'on va jusqu'au bout avec lui. Il y a d'abord la religion du dieu-selon-le-serpent, un dieu gardant pour lui-même la connaissance afin que les hommes sous menace de mort ne deviennent pas des dieux. Chose étonnante : ce qui était, ce qui continue d'être appelé "sagesse" dans bien des temps et des lieux de culture, cette résignation à ne pas atteindre la connaissance et la vie est dans la Genèse attribué au tentateur : c'est lui qui présente ainsi le désir divin. Si donc quelqu'un vous dit que le dieu appelé YHWH veut que vous renonciez à connaître, veut que vous viviez sans vous, attention, c'est le serpent, dit la Genèse. Si l'on vous apprend que ce dieu ne veut pas que l'homme désire jusqu'à Dieu, sachez que c'est le tentateur qui vous parle, dit la Bible.

Je ne crois pas qu'il soit nécessaire de faire beaucoup de commentaires pour que le lecteur trouve dans son expérience la religion dont je parle, qui ne s'appelle ni judaïsme, ni christianisme, ni islam, mais qui est une certaine façon de penser chacune de ces traditions. L'éternité est pourtant promise à ces croyants, mais dans quel état... Éternellement inférieur au Supérieur, la créature participe à la gloire du dieu lorsqu'elle est devenue non pas elle-même, mais Lui : elle aura tout si elle se prosterne... Monothéisme meurtrier qui ressemble au dieu despotique qu'il adore, au nom duquel on fera, par les armes ou par la parole, mourir qui n'adore pas. ce dieu unique est là, c'est le serpent qui nous l'a fait connaître. Parce que c'est lui. Monodiabolisme

Après la religion du dieu du serpent vient la religion du serpent lui-même : c'est la transgression libératrice, l'essai en somme pour sortir de la mortelle acceptation d'un statut dégradant. Il y a une certaine grandeur à braver le dieu tyran, comme en témoignant bien des mythes. et le dernier de chez nous : Don Juan qui ne cède jamais sur son désir, qui enseigne à l'autre (son valet...) à ne respecter rien ; celui qui a pour seule religion l'arithmétique ("je crois que deux et deux font quatre") et pour éthique "Viva la liberta !". Si l'on vous apprend à désirer infiniment,mais sans loi, c'est-à-dire sans l'autre, c'est encore le serpent qui vous parle,dit la Genèse. En cette voie, un et un ne feront jamais deux et la "liberta"ne sera pas pour tous..." (p.86-87)

"La proposition du serpent  présente les traits de l'universelle tentation pour tous les êtres parlants : chercher la vie dans la puissance de la possession de la chose d'un tout-puissant ; et non dans la présence par la reconnaissance de l'autre lui-même." (p.111)

"Pour résumer en somme cette recherche" (p.294-296) :

"Je crois trouver une logique profonde à l'ensemble des écrits de révélation juive et chrétienne. Ayant posé la question de la genèse de l'homme-qui-dit-Je à nos mythes fondateurs, j'y ai trouvé :

Que la terre fait sortir l'être vivant, comme Darwin l'a découvert par la suite ;

Qu'à l'opposé de l'animal crée "selon son espèce", il n'y a pas d'espèce humaine ;

Que le dieu parle le premier et crée l'humain en l'image de "Nous" et non comme sa ressemblance ;

Que le dieu crée l'humain "mâle et femelle" et non pas homme et femme ;

Que homme et femme , n'arrivent qu'au-delà de la création, non pas crées par le dieu mais seulement formés par lui, et, une fois la loi donnée, advenant de leur rencontre même (celle-ci sera appelée femme car de l'homme elle a été tirée", Genèse) ;

Que la loi de l'Eden, qui interdit de manger de l'arbre de la connaissance, est une loi permettant la relation au sujet, qui ne saurait être connu comme objet (Genèse) ;

Que celui qui parle sans dire JE fausse l'interdit, nie la mort et prône la transgression pour un être-comme ("Vous serez comme des dieux") ;

Que le non-respect de l'interdit fait s'éveiller un sujet apeuré et dépouillé devant l'autre ("J'ai entendu ta voix et j'ai frémi ; oui, JE suis nu et je me suis caché", Genèse)

Que le nom du dieu commence par "Je" ("Je serai qui je serai..., JE, YHWH, ton Elohim qui t'ai fait sortir... de la maison des esclaves", Exode et Deutéronome) ;

Que le salut du sujet réside dans le "Je serai avec toi" (Exode) ;

Que la loi du dieu au Sinaï est celle qui permet à l'homme de se lever à son tour en tant que sujet devant dieu et devant son prochain (Exode, Deutéronome)

Au second Testament :

Que homme et femme engendrent en tant que sujets, c'est-à-dire sansconnaître l'autre comme objet, un fils ;

Que ce mode de génération s'appelle esprit saint ;

Que l'esprit incrée engendre le fils incrée ;

Que le diable est celui qui dit JE sans que Tu puisse le dire ;

Que la volonté du père est accompli lorsque l'enfant refuse ("Je ne veux pas") l'état du moi-esclave psychique ("Moi Seigneur"), puis va lui-même vers la vie et devient fils (Matthieu, 21) ;

Que le fils-sujet, qui n'est l'esclave d'aucun seigneur, n'est le maître d'aucun sujet ("Celui qui vient derrière Je... n'est pas capable de Je") ;

Que le salut d'un sujet est de faire route avec le sujet, sans le suivre ("Je serai avec vous...")

 

 

 

 

 

 

 

 

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