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L'auteur : 

Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais (1732-1799) est un écrivain, journaliste et dramaturge français. Fils d'horloger, il connait une enfance heureuse dans l'aisance matérielle d'une famille où l'on lisait et écoutait de la musique. Sa comédie "Le Barbier de Séville" (1774) qui est sévèrement censurée puis modifiée suscite un vif enthousiasme en 1775. Sa suite "Le Mariage de Figaro", également soumise à la censure et jugée dangereuse est un triomphe à sa première (1784). A l'âge de 58 ans, il se rallie à la Révolution française qui le nomme membre provisoire de la commune de Paris. A travers son théâtre, la gloire des libertés populaires se fait jour, dans un monde où l'aristocratie est bouleversée au contact des idées philosophiques. Il est l'initiateur du drame bourgeois et l’une des figures emblématiques du Siècle des Lumières, considérée comme un précurseur de la Révolution française. Il écrit ses "Mémoires", chef-d’œuvre de pamphlet, et meurt d’apoplexie à l'âge de 67 ans. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise.  Sa pièce Le Mariage de Figaro sera adaptée en opéra par Mozart. Sa pièce Le Barbier de Séville sera adaptée en opéra par Rossini.  (source: babelio)

L'oeuvre : 

Le Barbier de Séville ou la Précaution inutile est une pièce de théâtre en quatre actes de Beaumarchais. Inspiré de L'Ecole des femmes de Molière, c'est la première partie d'une trilogie intitulée "Le roman de la famille Almaviva". Le Barbier de Séville est représenté le 23 et le 26 février 1775. remanié en trois jours, il  connaît un succès triomphal lors de la seconde représentation.

L'argument :

Le comte Almaviva, tombé amoureux d'une jeune orpheline, Rosine, est prêt à tout pour l'arracher à Bartholo, son vieux tuteur, qui a depuis toujours pour projet de l’épouser. Tandis que, déguisé, il tente de mener son projet à bien, il tombe sur son ancien valet Figaro, persifleur mais entremetteur, qui l'aidera dans ses desseins. 

Le thème du passage :

A Séville, le comte Almaviva vient de retrouver Figaro, son ancien valet. Caché sous l'identité de Lindor, le comte cherche à séduire Rosine, une jeune fille enfermée par son tuteur qui veut l'épouser contre son gré. De sa fenêtre, Rosine laisse tomber une partition cachant un message adressé au comte pour lui demander ses intentions. Ce dernier lui répond en chantant une sérénade.

Le genre du texte : 

Il s'agit d'une scène de théâtre où la musique joue un rôle aussi important que les paroles.

Les registres : 

Registre (mélo) dramatique : une jeune fille prisonnière d'un vieillard qui veut l'épouser de force.

Registre comique :  Le comte, encouragé par Figaro : "En amour, le cœur n'est pas difficile sur les productions de l'esprit" (l.10-11) finit par se risquer à chanter en s'accompagnant à la guitare, alors que, de son propre aveu, il n'y connaît rien.

Le comte s'en tire suffisamment bien pour susciter les compliments plus ou moins sincères de Figaro qui, lui, s'y connaît : "Fort bien, parbleu ! Courage, Monseigneur !" (l.23) ; "eh comment diable ! Je ne ferais pas mieux, moi qui m'en pique." (l.29).

La prestation du comte est saluée par Figaro qui, dans un mouvement de dévotion bouffonne, "baise le bas de l'habit de son maître" (didascalie, l.35) et semble appréciée par Rosine : "Tout me dit que Lindor est charmant,/Que je dois l'aimer constamment" (l.42-43). Mais comme l'a dit Figaro : "En amour, le cœur n'est pas difficile sur les productions de l'esprit" (l.10-11)

On retrouve dans l'extrait du Barbier les quatre formes de comique : comique de mots : "la v'la, la v'la", "Est-ce qu’un homme comme vous ignore quelque chose ? Avec le dos de la main ; from, from, from…"  ; comique de gestes  : "il baise le bas de l'habit de son maître" ; comique de caractère : la fatuité du comte et le comique de situation...

La situation qui consiste pour un homme à chanter sous les fenêtres d'une femme pour lui déclarer sa flamme est comique en elle-même. Elle ressemble à la parade nuptiale de certains oiseaux mâles (on dit qu'ils se "pavanent") et sied bien à la vanité un peu niaise du comte Almaviva :  "Puisque j’ai commencé à l’intéresser sans être connu d’elle, ne quittons point le nom de Lindor que j’ai pris ; mon triomphe en aura plus de charmes".

Registre lyrique : le comte Almaviva exprime par la musique et le chant les sentiments qu'il éprouve à l'égard de Rosine

Registre argumentatif (registre lié à la fonction "pragmatique" du langage) : Le comte Almaviva cherche à séduire Rosine et à la persuader de l'aimer. Figaro persuade le comte de chanter

La situation d'énonciation  et le schéma actantiel de Greimas : 

Le comte Almaviva répond à Rosine qui l'a interrogé sur ses intentions en chantant une sérénade sous ses fenêtres. Il est accompagné par son valet Figaro qui s'est caché le long du mur. 

Axe du savoir : Figaro sait que le comte Almaviva se cache sous le pseudonyme de Lindor, ce qu'ignore Rosine - Bartholo ne sait pas ce qui se trame entre Rosine et le comte.

Axe du pouvoir : Rosine est prisonnière, mais elle peut communiquer avec l'extérieur - le comte a la pouvoir d'enlever Rosine - Bartholo est le tuteur de Rosine.

Axe de la volonté (ou du désir) : Bartholo veut épouser Rosine - Rosine ne veut pas épouser Bartholo - Le comte veut séduire Rosine - Figaro a tout intérêt à favoriser les desseins du comte.

Les champs lexicaux : 

Le succès : "triomphe", "charme"

La musique : "chanter", "musique", faire des vers, guitare, "entendu"

L'amour : "intéresser", "amour", "adorer", "espérer","charmant"

Figures de style : 

Répétitions : "chantez"

Maximes : "En amour, le coeur n'est pas difficile sur les productions de l'esprit"

Hyperboles : "Tout ce qui vous viendra, Monseigneur, est excellent" -"Est-ce qu'un homme comme vous ignore quelque chose ?" - Les hyperboles relèvent de la flatterie ironique.

Antithèses : "Plus inconnu/En me nommant" - "simple bachelier/brillant chevalier" - "voir/entendre"

Niveaux de langue : familier : "la vl'a, la vl'a", courant et soutenu.

Types de phrases: 

Phrases exclamatives : "la voilà ! la voilà !", "Ne regardez pas, ne regardez donc pas !", oh ! (interjection), "j'en joue si mal", "Chanter sans guitare à Séville !", "Fort bien, parbleu ! Courage, Monseigneur !", "Eh comment diable !", "Et puissiez-vous en trouver à l'entendre !", "oh ! ma foi, pour celui-ci !",

Phrases interrogatives : "Pourquoi ?", "ne vous écrit-elle pas : Chantez indifféremment ?", "Mais comment chanter sur cette musique ?", Que veux-tu que j'en fasse ?", "est-ce qu'un homme comme vous ignore quelque chose ?", "En me nommant, que pourrais-je espérer ?", "Figaro ?", "Excellence ? ", "Crois-tu que l'on m'ait entendu ?", "Croyez-vous qu'on vous ait entendu cette fois ?"

Structure des phrases :

Une majorité de phrases simples (un seul verbe) et courtes qui contribuent à la vivacité du dialogue.

Modalisateurs:

"indifféremment", "intéresser", "triomphe", "charmes", "excellent", "difficile", "mal", "adorer", "obéir", "courage", "commune", "simple", "brillant", "mieux", "tendre", "sans espoir", "plaisirs", "charmant", "constamment"

Problématique : 

Quels sont les éléments qui contribuent à rendre cette scène plaisante ?

Axes d'étude : 

I. la théâtralisation de la musique 

1) L'hésitation du comte (rappeler la situation d'énonciation)

2) La prestation du comte

3) La réaction des autres personnages

II. La dimension comique de la scène

1) Un schéma actantiel de comédie (situer les personnages sur l'axe du savoir, du pouvoir et du désir)

2) Le comique de paroles, de gestes, de situation et de caractère

3) La contribution de la musique au comique de la scène

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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