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Jean-Marc Joubert, Leibowitz, une pensée de la religion

Jean-Marc Joubert, Leibowitz, Une pensée de la religion, CNRS Editions, 2008, un ouvrage du CRFJ dirigé par Pierre de Miroschedji

Table des matières :

Introduction

Première partie : Eléments d'anthropologie

Chapitre premier : La question anthropologique - Chapitre II : Eléments d'anthropologie leibovitchienne - Chapitre III : Eléments d'anthropologie leibovichienne - Chapitre IV : L'homme en acte

Deuxième partie : Anthropologie de la foi : Chapitre V : Foi et anthropologie - Chapitre VI : Foi et connaissance - Chapitre VII : La foi comme valeur - Chapitre VIII : La foi comme "crise" de l'homme 

Troisième partie : Anthropologie de l'acte religieux : Chapitre IX : la Loi comme idée - Chapitre X : La loi comme réalité I - Chapitre XI : La Loi comme réalité II - Chapitre XII : L'éducation de la prière - Chapitre XIII : l'éducation de la Torah - Conclusion - Bibliographie - Remerciements

NB : Une partie du livre traite des chapitres du Guide des égarés de Maïmonide consacrés aux limites de l'intellect.

Yeshayahou Leibowitz (hébreu : ישעיהו ליבוביץ), né à Riga le 29 janvier 1903 et mort le 18 août 1994 est un chimiste, historien de la science, philosophe et moraliste israélien, considéré comme l'un des intellectuels les plus marquants de la société israélienne, et l'une de ses personnalités les plus controversées pour ses avis tranchés sur la morale, l’éthique, la politique, et la religion. Il fut rédacteur en chef de l'Encyclopédie hébraïque

L'auteur : 

Jean-Marc Joubert est docteur en philosophie et hébraïsant. Il dirige le département de Lettres classiques et modernes du CNRS, et est l'auteur de Foi juive et croyance chrétienne (DDB, 2001), de Journal d'un Sinaïte (L'Harmattan, 2004), et le traducteur du Hizuq Emounah ("L'affermissement de la foi") du karaïte Isaac ben Abraham Troki (CIHR, 2004)

Quatrième de couverture : 

"Voici le premier grand livre, en langue française, sur Yeshayaou Leibowitz (1903-1994), l'une des plus éminentes figures intellectuelles, mais aussi des plus contestataires et des plus contestées de la vie publique israëlienne. Ce philosophe, héritier de la grande tradition européenne, a accompagné la naissance, puis l'essor, de l'Etat hébreu.

Présentant la destinée et l'oeuvre, de Vilius à Jérusalem, Jean-Marc Joubert s'attache à en révéler la face cachée qui en est à la source : une pensée religieuse, qui est un défi tant pour la théologie traditionnelle que pour la philosophie rationaliste.

Primat de la pratique sur les idées, indifférence de la foi par rapport au savoiret à l'éthique, séparation du judaïsme et du christianisme : telles sont les thèses que présente cette étude sans précédent où l'on croisera aussi le Talmud, Maïmonide,Wittgenstein.

Comment une foi qui ne requiert aucune croyance subjective et engage l'homme dans une vie contraignante est-elle possible ?

Un livre événement."

Introduction : Lire et comprendre Leibowitz 

"La Torah tout entière ne fait rien d'autre qu'engager l'homme à combattre ce qui est convenu et accepté dans le monde profane."

Le professeur Yeshayahou Leibowitz (1903-1994) aura été l'une des personnalités les plus marquantes de l'Etat d'Israël et l'un des penseurs les plus profonds. Nombre d'Israëliens se sont sentis orphelins à sa disparition, car il leur était une sorte de guide spirituel. Ses positions politiques et religieuses tranchées continuent de susciter des débats dans la société israëlienne, tant laïque que religieuse, et sa pensée, notamment philosophique, fait l'objet de nombreux travaux universitaires. 

Quelques indices font penser que cette pensée sera de plus en plus étudiée, tant en israël qu'à l'étranger. Peut-être n'est-il pas tout à fait illusoire de penser que le temps viendra où tout philosophe informé, et tout théologien, devra s'y confronter et se positionner par rapport à elle ; c'est un fait, en tout cas, qu'elle leur jette quelques défis majeurs qu'ils auraient avantage à relever.

En France, où plusieurs de ses livres ont été traduits, il n'est pas tout à fait un inconnu. Nombreux sont ceux qui l'admirent ; certains, pour lesquels sa rencontre a été humainement et intellectuellement décisive, se réclament de lui ès qualité de disciples ; d'autres l'abhorrent, notamment pour sa dénonciation radicale de l'occupation des Territoires et de la politique de colonisation.

En règle générale, il n'est pas nécessaire de connaître un homme - sa biographie et son inscription dans la vie de son époque - pour étudier sa pensée. Tout au plus estimera-t-on qu'une telle connaissance, plus ou moins anecdotique, est en mesure d'apporter un éclirage utile, voire très utile - jamais strictement indispensable cependant - à sa compréhension. Mais il paraît évident qu'une pensée, notamment philosophique, doit tenir par elle-même, présenter une vérité permanente, et ne pas dépendre, jusqu'à s'y réduire, de l'idiosyncrasie de son auteur, de son histoire personnelle ou du contexte de sa vie. C'est précisément le cas de la pensée de Leibowitz dont les énoncés fondamentaux, notamment anthropologiques, sont étrangers au psychologisme et à l'historicité, ainsi qu'il l'affirme lui-même.

Il reste qu'une présentation de ce penseur s'avérera particulièrement intéressante, et cela pour plusieurs raisons. D'abord, parce que sa vie offre un témoignage éloquent et historiquement intéressant du projet, aujourd'hui largement tomé en déshérence, du sionisme religieux, lequel projet, pour être recouvert par le mythe construit par ses adversaires, reste finalement assez méconnu. Ensuite, parce que le type "socratique" de sa présence dans la "Cité" israëlienne est davantage qu'une curiosité : il atteste la pertinence d'une intervention, notamment philosophique, qui s'adresse davantage aux personnes bassar va-dam (de chair et de sang en hébreu) qu'à leur (seule) intelligence spéculative. Enfin, parce que le style de Leibowitz, si original et si peu académique, exige d'être analysé - d'une part, pour que l'on entre mieux dans sa pensée, d'autre part, pour éviter des erreurs d'interprétations.

Formellement, encore une fois, une telle présentation ne s'impose pas : il n'est en effet aucune thèse philosophique, religieuse et, pour ce qui est de notre sujet, anthropologique de Leibowitz, qui ne soit intelligible par elle-même. Elle restera la meilleure introduction possible à un auteur à bien des égards inclassable;" (p.11-13)

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