Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Sous la direction de Raphaël Enthoven : L'absurde

Sous la direction de Raphaël Enthoven, L'absurde, avec Marc-Henri Arfeux, Bruno Clément, Marie-Claude Hubert, Marc Lapprand, Jean-Pierre Morel, "Les nouveaux chemins de la connaissance", Fayard/France-Culture, 2010

Table :

Entretien autour d'Albert Camus avec Marc-Henri Arfeux - Entretien avec Bruno Clément autour de Samuel Beckett - Entretien autour de Boris Vian avec Marc Lapprand - Entretien avec Marie-Claude Hubert autour d'Eugène Ionesco - Entretien avec Jean-Pierre Morel autour de Franz Kafka

"Ce livre est issu d'une semaine d'entretiens radiophoniques avec Raphaël Enthoven, sur le thème de l'absurde, diffusés sur France Culture du 11 au 15 mai 2009, dans le cadre des "Nouveaux chemins de la connaissance". Il a été mis en forme et, par endroits, précisé, grâce à la philosophe Adèle Van Reeth..."

Quatrième de couverture : 

"Comment, pourquoi et à quoi bon? Comment survivre au silence que le monde oppose à nos questions ? A quoi bon l'aventure dérisoire d'une vie ? Aurait-on besoin de croire en Dieu s'il existait ? Qui peut dire, sans arrogance, que son existence a plus de sens que celle d'un homme condamné à rouler une pierre en haut d'un sommet avant qu'elle ne retombe de l'autre côté ?

L'absurde est une faille dans le dispositif que nous mettons en place pour douter de mourir. L'absurde, c'est le moment où l'homme ne peut ignorer que le monde, inhumain, se passe de lui, ce n'est pas une théorie mais une expérience, un mal dont on ne guérit que par l'amour, la littérature ou la dérision tels que les pratiquent Albert Camus, Samuel Beckett, Boris Vian, Eugène Ionesco et Franz Kafka."

Notes de lecture sur l'entretien de Raphaël Enthoven avec Marc-Henri Arfeux autour d'Albert Camus : 

Marc-Henri Arfeux, qui enseigne la philosophie à Lyon, au lycée Edouard-Herriot est un spécialiste de l'oeuvre d'Albert Camus. Il a participé à la Dissertation de philo, Fayard, 2010, autour du sujet : "le temps est-il notre malheur ?" Il a présenté et annoté les réflexions sur la guillotine, chez Gallimard (Folioplus philosophie, 2008) et Le Premier Homme (Gallimard, nouvelle édition, 2005)

"Pour moi l'absurde a été un point de départ, et naturellement, je trouve que loin d'être un élément de stérilisation... Le confort, le sommeil, la satisfaction de soi, l'embourgeoisement du coeur sont des facteurs de stérilisation infiniment plus vivaces et dynamiques. Je n'ai jamais pensé qu'on pût rester sur l'attitude absurde comme sur une position de négation pure..." (Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe, Gallimard, 1942, Folio essais, 1985)

"Il n'y a qu'un problème philosophique vraiment sérieux, c'est le suicide." (ibidem)

"L'absurde est un point de départ."

"En somme, La question et l'enjeu du Mythe de Sisyphe sont : comment convertir l'absurde en révolte plus qu'en désespérance ?"

"L'absurde est une expérience."

"Il faut distinguer entre l'absurde et le sentiment de l'absurde."

Quelques caractères de l'absurde : l'éclatement de l'ordinaire, la perte de repères, l'expérience de l'étrangeté, l'écroulement des décors, "le monde autour de moi cesse brutalement d'avoir un "pourquoi".

"L'absurde est un sentiment de séparation et d'étrangeté."

"Il arrive que les décors s'écroulent. Lever, tramway, quatre heures de travail, repas, sommeil et lundi mardi mercredi jeudi vendredi et samedi sur le même rythme, cette route se suit aisément la plupart du temps. Un jour seulement, le "pourquoi" s'élève et tout commence dans cette lassitude teintée d'étonnement. "Commence", ceci est important. La lassitude est à la fin des actes d'une vie machinale, mais elle inaugure en même temps le mouvement de la conscience. Elle l'éveille et elle provoque la suite. La suite, c'est le retour inconscient dans la chaîne, ou c'est l'éveil définitif. Au bout de l'éveil vient, avec le temps, la conséquence : suicide ou rétablissement." (Le Mythe de Sisyphe)

L'éveil de la conscience surgit à l'intérieur de la lassitude, de la routine.

"La lassitude est l'habitude consciente d'elle-même."

"La prise de conscience de l'absurde ne signifie pas pour autant le désaisissement d'une possibilité d'être."

"L'absurde n'est ni dans l'homme, ni dans le monde, mais dans le rapport entre les deux."

"L'absurde, c'est la rencontre entre une demande humaine et un monde qui se tait."

"Chez Epicure, ce sont les dieux qui se taisent et la matière qui s'agite. Chez Spinoza, c'est un monde où toute finalité n'est qu'anthropomorphisme. Chez Nietzsche, c'est un monde redevenu inhumain parce qu'il ne se prête plus à nos catégories. Chez Camus, c'est l'absurde."

Le sentiment de l'absurde naît d'un rapport dialectique entre l'homme et le monde. Il y a une "sainte Trinité" (dixit Camus) entre l'homme, le monde et l'absurde.

"Le vrai n'est pas nécessairement le souhaitable ou le désirable."

"Si la vie n'a pas de valeur, devons-nous continuer à vivre, ou devons-nous au contraire nous suicider ?"

"Sympathie : aptitude à souffrir les douleurs qui ne sont pas les nôtres."

"Si Dieu n'existe pas, tout n'est-il pas permis ?" (Dostoïevski)

"Le malheur : le ciel nous tombe sur la tête ; l'amour : le ciel marche sur la terre."

"La patience de Meursault est considérée comme une insensibilité."

"Le Mythe de Sisyphe est un livre sur le silence."

"Nous comprenons mieux alors pourquoi, dans Le Mythe de Sisyphe, Camus nous disait que la parole d'Ivan Karamazov est amère, et que "tout est permis" ne signifie pas que "rien n'est interdit".

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :