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II. Herméneutique et Psychanalyse

Le conscient et l'inconscient

1. La crise de la notion de conscience

2. La critique des concepts freudiens

3. Le conscience comme tâche

Introduction : 

"Pour qui a été formé par la phénoménologie, la philosophie existentielle, le renouveau des études hégéliennes, les investigations de tendance linguistique, la rencontre de la psychanalyse constitue un ébranlement considérable. Ce n'est pas tel ou tel thème de la réflexion philosophique qu est touché et remis en question, mais l'ensemble du projet philosophique. Le philosophe contemporain rencontre Freud dans les mêmes parages que Nietzsche et que Marx ; tous trois se dressent devant lui comme les protagonistes du soupçon, les perceurs de masques. 

Un problème nouveau est né : celui du mensonge de la conscience, de la conscience comme mensonge ; ce problème ne peut pas rester un problème particulier parmi d'autres, car ce qui est mis en question de manière générale et radicale, c'est ce qui nous apparaît, à nous bons phénoménologues, comme le champ, comme le fondement, comme l'origine même de toute signification, je veux dire la conscience.

Il faut que ce qui est fondement en un sens nous apparaisse préjugé en un autre sens : le préjugé de la conscience..."

"La question de la conscience est aussi obscure que la question de l'inconscient." 

Paul Ricoeur parle de "détresse phénoménologique" : "Je ne comprends pas l'inconscient à partir de ce que je sais de la conscience ou même du préconscient" et "je ne comprends même plus ce que c'est que la conscience" (Editions du Seuil, p.101)

Paul Ricoeur pose trois questions "qui redeviennent phénoménologiques" à partir de cette "détresse phénoménologique" :

1°) Comment dois-je repenser et refondre le concept de conscience, de telle manière que l'inconscient puisse être son autre, de telle manière que la conscience soit capable de cet autre que nous appelons inconscient ?

2°) Comment mener une critique, une réflexion sur les conditions et les limites de validité des modèles que le psychanalyste constitue nécessairement s'il veut rendre compte de l'inconscient ?... En d'autres termes, comment construire une "épistémologie de la psychanalyse" ?

3°) Que doit être l'homme pour qu'il soit à la fois responsable de bien penser et capable de folie ? obligé par son humanité à plus de conscience et capable de relever d'une topique et d'une économique en tant que "ça parle en lui" ? Quelle vue nouvelle sur la fragilité de l'homme (...) est exigée par une pensée qui a accepté d'être décentrée par une réflexion sur l'inconscient ? (ibidem, p.102)

I. La crise de la notion de conscience :

Ricoeur ramène à deux propositions l'aveu de la "détresse phénoménologique" devant le problème posé par l'inconscient :

1. Il y a une certitude de la conscience immédiate, mais cette certitude n'est pas un savoir vrai sur soi-même.

2. Toute réflexion renvoie à de l'irréfléchi comme échappement intentionnel à soi, mais cet irréfléchi n'est pas non plus un savoir vrai de l'inconscient.

1. Ricoeur se réfère aux Principes de Descartes : "Par le mot de pensée, j'entends tout ce qui se fait en nous de telle sorte que nous l'apercevons immédiatement par nous-mêmes ; c'est pourquoi non seulement entendre (comprendre), vouloir, imaginer, mais aussi sentir est la même chose ici que penser..."

"Mais si cette certitude est invincible en tant que certitude, elle est douteuse en tant que vérité." (p.103)

Ricoeur se réfère ensuite à la phénoménologie de l'Esprit de Hegel pour distinguer la certitude immédiate de la certitude médiatisée (acquise seulement à la fin, que Hegel appelle "savoir absolu").

"Pour des raisons inverses et concourantes, Hegel et Freud disent la même chose : la conscience, c'est ce qui ne peut se totaliser, c'est pourquoi une philosophie de la conscience est impossible" (p.104)

2. "Par cet échec (de l'approche réflexive de la conscience), la conscience découvre que la certitude immédiate de soi-même n'était que présomption ; ainsi peut-elle accéder à la pensée qui n'est plus attention de la conscience à la conscience, mais attention du dire (à ce qui est dit dans le dire)"(ibidem)

 

 

 

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