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Mikkel Birkegaard, Dans le livre des rêves
Mikkel Birkegaard, Dans le livre des rêves

Mikkel Birkegaaard, Dans le livre des rêves (Fra drommenes Bog), traduit du danois par Frédéric Fourreau, 10/18 Fleuves Editions, 2012

L'auteur : 

Né en 1968, Mikkel Birkegaard est un auteur danois installé à Copenhague. Ingénieur informaticien de profession, Mikkel Birkegaard s'est tourné récemment vers l'écriture. Après La librairie des ombres, Dans le livre des rêves est son deuxième roman.

Quatrième de couverture : 

"Danemark, 1846. dans l'enceinte d'un Copenhague répressif, le jeune Arthur enquête sur la mort de son père, un censeur de livres, retrouvé noyé quelques années plus tôt. Sous la protection de Mortimer Welles, bibliophile aux airs de Sherlock Holmes, il remonte la trace d'une bibliothèque secrète où seraient conservés tous les ouvrages interdits par le ministère du Livre. Mais si cette dernière cache peut-être la clé du mystère, il est dit que seul le rêve d'innocents retenus prisonniers en dévoilera l'accès."

Extrait :

"Mortimer reprit le livre et l'étudia avec un intérêt renouvelé.

- En quoi  un livre qui traite d'agriculture peut-il être dangereux ? interrogeai-je.

Il ne répondit pas. J'eus envie de lui crier dessus. Il savait quelque chose sur mon père, quelque chose d'important, et je voulais savoir ce que c'était. Je répétai ma question, cette fois en haussant le ton.

- Ce n'est pas le livre qui est dangereux, répondit Mortimer sans en détourner le regard. C'est l'endroit d'où il vient.

- La Bibliothèque?

Mortimer acquiesça.

- Pourquoi cette satanée Bibliothèque est-elle si importante ?

- Toutes les bibliothèques sont importantes. Une bibliothèque représente le savoir d'un pays, jaugé en volumes et en pages. Elle en révèle le degré de technologie, tout comme son niveau artistique et de maturité démocratique. (Il soupira) Idéalement, une bibliothèque doit être apolitique. Elle doit contenir des oeuvres représentant tous les domaines scientifiques et tous les auteurs, quelles que soient leurs convictions, elle doit donner place aux positions divergentes de toutes sortes, de manière que chaque point de vue d'une affaire puisse être exposé et documenté.

- N'est-ce pas un gaspillage de place ?

Mortimer me considéra d'un air déçu.

- Il n'existe qu'une vérité, développai-je. Alors pourquoi perdre du temps et de la place avec des mensonges ?

Mon maître ne broncha pas. On aurait dit qu'il observait une feuille de papier blanche qu'il ne savait comment remplir.

- Voyez-vous, c'est aussi la position du Ministère, finit-il par rétorquer. C'est exactement ce qu'ils font, avec leurs lois sur les livres... Ils gagnent de la place... En éliminant des oeuvres qui, selon eux, sont indécentes et mensongères, si bien que les bibliothèques sont non seulement l'expression du niveau d'évolution de notre société mais aussi de leur position.

- Est-ce que c'est si grave que cela ?

Mortimer haussa les épaules.

- Êtes-vous toujours d'accord avec les personnes que vous rencontrez ?

Je secouai la tête.

- A propos de divergences d'opinions, dit-il en se levant. Allons donc soumettre vos interrogations aux membres du club." (p.119-120)

Mon avis sur le roman :

J'ai déjà eu l'occasion de faire l'éloge sur ce blog du premier roman de Mikkel Birkegaard : La librairie des ombres. Le second est peut-être encore plus passionnant, en matière de mystère, d'ésotérisme et de suspens, avec un clin d'oeil à Charles Dickens : les tribulations du jeune Arthur et un  autre à Arthur Conan Doyle et à Sherlock Holmes : le personnage de Mortimer Welles, "prêteur sur gage, restaurateur de livres anciens  et rationaliste praticien".

Dans la plupart des thrillers, il s'agit pour l'enquêteur de donner une explication rationnelle à des phénomènes qui semblent relever du fantastique.

Ici, c'est exactement du contraire. Le très rationnel Mortimer Welles est obligé d'admettre que l'explication n'est pas entièrement rationnelle, ce qui ne l'empêchera pas d'employer toutes les ressources de la raison.

D'habitude, je n'apprécie pas trop le fantastique parce que, tout comme Mortimer Welles,  je ne parviens pas à admettre l'irrationnel, mais je me suis incliné ici, peut-être parce qu'Internet nous a habitué à admettre une quatrième dimension à côté du vrai, du faux et du possible, celle du virtuel.

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