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L'oeuvre, l'auteur, le genre, le "héros", le texte et le thème du passage : cliquer sur le lien.

Pour repérer les registres d'un texte, il faut en relever les champ lexicaux.

Les champs lexicaux :

Chercher les mots ou les syntagmes appartenant aux champ lexical de la souffrance, de l'étouffement, de la torture, de la chaleur, de l'humidité, du corps, de la répétition (de l'acharnement), de la violence, du bruit, de l'obscurité, du charbon, de la mine et de la mort.

Les registres :

  • Didactique : que nous apprend le texte sur le travail et l'environnement de Maheu ? Le narrateur se contente-t-il de donner des informations ?
  • Pathétique (comment le texte fait-il partager au lecteur la souffrance de Maheu ? Quelle est l'étymologie du mot "travail"?)
  • Tragique : montrez que le travail de Maheu est dangereux et en quoi ce passage préfigure la fin du roman.
  • Réaliste : relevez avec précision et de manière organisée les notations réalistes. En quoi le registre réaliste domine-t-il ce texte, en quoi consiste-t-il ? Montrez en particulier le lien entre le registre réaliste et les connecteurs temporels et spatiaux.
  • Fantastique ("des formes spectrales s'y agitaient"). De quel genre de fantastique s'agit-il ?
  • Epique : la lutte d'un homme seul (un "héros") contre la mine, assimilée à un monstre mythologique.
  • Argumentatif, critique, polémique ; ces registres sont-il explicitement présents dans le texte ; l'effet en est-il moindre ?

Les sensations : 

Montrez que tous les sens : la vue, l'ouïe, le goût, l'odorat  et le toucher sont sollicités directement ou indirectement :

Les figures de style : 

Expliquez et commentez : "supplice", "brûler le sang" ; les sujets inanimés employés avec des verbes d'action ( "ruisselait", "battaient", 's'écrasaient"...) ; les personnifications ("rythme entêté"). Montrez que "l'entêtement" de Maheu se heurte à celui de la matière, qu'il s'agit d'un combat acharné. Comment le narrateur met-il en évidence le caractère acharné et répétitif du travail dans la mine ?

Quels références mythologiques ce "combat" évoque-t-il ? (pensez au combat de Thésée contre le Minotaure)  ; en quoi la relation des mineurs à la nature est-il différent de celui des héros grecs ? 

Montrez que l'évocation de la mine se rattache à la théorie (présocratique) des quatre éléments : l'Air, le Feu, la Terre et l'Eau. En quoi la relation des mineurs aux éléments (à la Nature) est-elle différente ? S'agit-il des mêmes éléments, de la même "nature" ?

Expliquez et commentez  : "Il ne voulait pas lâcher son havage, il donnait de grands coups, qui le secouaient violemment entre les deux roches, ainsi qu'un puceron pris entre deux feuillets d'un livre, sous la menace d'un aplatissement complet".

Expliquez et commentez : "Des formes spectrales s'y agitaient, les lueurs perdues laissaient entrevoir une rondeur de hanche, un bras noueux, une tête violente, barbouillée comme pour un crime". Montrez que cette comparaison fait des mineurs des complices, plutôt que ces camarades.

Comment le narrateur caractérise-t-il le rapport entre Maheu et les autres  mineurs (cf. le schéma actantiel) ?

Repérez les expressions négatives ("pas une parole", "on n'entendait que..., "il n'y avait plus que"...) ; que suggèrent-elles ? 

Le point de vue narratif : 

Montrez que les choses sont vues tantôt  du point de vue de Maheu (focalisation interne), tantôt du point de vue du narrateur (focalisation externe).

Le schéma narratif : 

Y a-t-il une situation initiale (vous semble-t-elle habituelle ou inhabituelle ?) Y-a-t-il un élément modificateur ? ("ce matin-là" est-il un véritable élément modificateur ?") Que modifie-t-il ? Y a-t-il un élément de résolution ? Une situation finale ? Que peut-on en conclure à propos du schéma narratif  ?

Le schéma actantiel :

Que voit Maheu des autres mineurs, communique-t-il avec eux ? Y-a-t-il des opposants, des adjuvants, une mission ?

Les temps et les modes :

Quel sont les temps verbaux  et les modes dominants ? Est-ce habituel ? Quel est l'effet produit ?

La structure des phrases : 

Montrez que le texte est composé d'une majorité de phrases simples en asyndète. Justifiez ce choix (montrez en particulier  que ce choix contribue au caractère réaliste du texte.)

Les modalisateurs :

Comment se manifeste la présence du narrateur dans le texte ?

Plan du texte :

Depuis le début, jusqu'à "brûler le sang" : la chaleur.

Depuis : "Mais son supplice",  jusqu'à : " fumant d'une chaude buée de lessive" : l'humidité.

Depuis : "Ce matin-là", jusqu'à :  "sous la menace d'un aplatissement complet" : évocation de Maheu au travail.

Depuis : "pas une parole n'était échangée", jusqu'à barbouillée comme pour un crime" : évocation des autres mineurs.

Depuis : "Et il semblait" jusqu'à : "où la suie de dix hivers aurait amassé une nuit profonde" : évocation de la mine.

Depuis : "Parfois, en se détachant", jusqu'à "reflet de cristal" : évocation du résultat du travail (remarquez le maigre résultat eu égard aux efforts déployés.)

Depuis : "Puis, tout retombait au noir", jusqu'à la fin : reprise de l'évocation du travail des mineurs.

Les lignes précédant le passage à étudier : 

"Les quatre haveurs venaient de s’allonger les uns au-dessus des autres, sur toute la montée du front de taille. Séparés par les planches à crochets qui retenaient le charbon abattu, ils occupaient chacun quatre mètres environ de la veine ; et cette veine était si mince, épaisse à peine en cet endroit de cinquante centimètres, qu’ils se trouvaient là comme aplatis entre le toit et le mur, se traînant des genoux et des coudes, ne pouvant se retourner sans se meurtrir les épaules. Ils devaient, pour attaquer la houille, rester couchés sur le flanc, le cou tordu, les bras levés et brandissant de biais la rivelaine, le pic à manche court

En bas, il y avait d’abord Zacharie ; Levaque et Chaval s’étageaient au-dessus ; et, tout en haut enfin, était Maheu. Chacun havait le lit de schiste, qu’il creusait à coups de rivelaine ; puis, il pratiquait deux entailles verticales dans la couche, et il détachait le bloc, en enfonçant un coin de fer, à la partie supérieure. La houille était grasse, le bloc se brisait, roulait en morceaux le long du ventre et des cuisses. Quand ces morceaux, retenus par la planche, s’étaient amassés sous eux, les haveurs disparaissaient, murés dans l’étroite fente..."

Proposition de plan :

Problématique : Comment le narrateur fait-il de la mine une métaphore de l'enfer ?

I. Un travail épuisant, répétitif et pénible (la chaleur, l'humidité)

II. ... qui isole les mineurs et met leurs corps à la torture.

III. ... dans un environnement hostile, inquiétant et dangereux.

Introduction possible :

Ce passage est extrait du début de Germinal (chapitre IV),  roman d'Emile Zola, chef de file du naturalisme, publié en 1885. Il est extrait de la série des Rougon-Macquart, fresque romanesque en vingt volumes dépeignant la société française sous le second Empire.

Germinal est une  peinture à la fois précise et épique de la vie quotidienne, du labeur et des souffrances des mineurs du nord de la France à la fin du XIXème siècle.

Dans ce passage, le narrateur évoque Toussaint Maheu, "haveur" (mineur qui have, entaille le charbon) au Voreux, un mineur "travailleur courageux et plein de bon sens" qui sera tué par les soldats venus défendre la mine à la fin du roman.

Comment le narrateur fait-il de la mine une métaphore de l'enfer ?

Nous étudierons dans une première partie le caractère épuisant, répétitif et pénible du travail des mineurs, puis l'isolement et l'absence de communication et enfin le caractère hostile, inquiétant et dangereux de l'environnement dans lequel ils travaillent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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