Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Paul Klee, Théorie de l'art moderne
Paul Klee, Théorie de l'art moderne

Paul Klee, Théorie de l'art moderne, une conception structuraliste de la peinture, Denoël/Gonthier, bibliothèque  Médiations, édition et traduction établies par Pierre-Henri Gonthier

"En ce monde, nul ne peut me saisir

Car je réside aussi bien chez les morts

Que chez ceux qui ne sont pas nés.

Un peu plus près du cœur de la création qu'il n'est d'usage,

Et pourtant encore bien trop éloigné."

(Épitaphe tirée de son Journal, sur la tombe de Paul Klee, au cimetière de la Schlosshalle, à Berne)

"A des moments de clarté, il m'arrive de survoler douze ans d'évolution intérieure de mon propre moi. D'abord le moi contracturé, le moi affublé de grandes œillères (moi égocentrique), puis la disparition des œillères et du moi, et maintenant peu à peu un moi sans œillères (moi divin)." Journal, 1911)

Table :

Avant-propos - 1. Approches de l'art moderne - 2. de l'art moderne - 3. Credo du créateur - 4. Voies diverses dans l'étude de la nature- 5. recherches exactes dans le domaine de l'art - 6. Exploration interne des choses de la nature : réalité et apparence - Philosophie de la création - Esquisse d'une théorie des couleurs - esquisses pédagogiques - I - II - III - IV - cahiers d'illustrations - Deux contemporains - Scènes de boutique - Table des catégories - références - Biographie - Bibliographie

L'auteur :

Paul Klee est un peintre d'origine allemande, mais d'identité culturelle suisse, né le 18 décembre 1879 à Münchenbuchsee (près de Berne en Suisse) et mort le 29 juin 1940 à Locarno (canton du Tessin en Suisse).

L'oeuvre :

"Quelle est la fonction de la peinture contemporaine ? Quels sont les rapports qu'elle entretient avec la musique, la poésie, les mathématiques, la biologie ?
Quels sont les pouvoirs de la ligne, de l'espace, de la forme, de la couleur et comment expriment-ils notre conscience nouvelle de nous-mêmes et de l'univers ?

Telles sont les questions fondamentales auxquelles Klee apporte une réponse dans Théorie de l'art moderne.

Ce livre groupe pour la première fois l'ensemble des textes théoriques parus du vivant de l'artiste, dont les célèbres "Esquisses pédagogiques" ; il ouvre au lecteur le chemin de la création picturale.

Il a, dans notre siècle, une importance égale à celle des Carnets de Vinci pour l'art et la pensée de la Renaissance." (source : babelio)
 

Avant-propos de Pierre-Henri Gonthier : 

"L'oeuvre théorique de Paul Klee se répartit en deux groupes distincts : d'une part les textes publiés de son vivant ; de l'autre la masse des notes et schémas destinés à son enseignement au célèbre Bauhaus, puis à l'Académie de Düsseldorf.

Le style littéraire de Klee, tout comme son style pictural, est si lapidaire, d'une concentration si tendue, que la connaissance du deuxième groupe d'écrits est nécessaire à qui cherche à dégager les implications inépuisables des propos de l'artiste.

Le premier groupe d'écrits, en revanche, offre l'avantage d'une rédaction pleinement élaborée. Il se présente - si ardente était chez Klee la soif de totalité alliée à l'exigence analytique d'une pensée claire et distincte - comme le modèle réduit, ou le microcosme du second. Les Esquisses pédagogiques, notamment, parues en 1925 dans la collection "Livres du Bauhaus" constituent un abrégé de la grammaire des formes développée dans les manuscrits posthumes ; elles en sont le fil conducteur et la structure.

Les essais et exposés réunis dans le présent volume, embrassent tous les aspects de la pensée de Paul Klee, qu'il s'agisse de la genèse de la création ou de la mécanique plastique conditionnant le mouvement et l'équilibre d'un tableau, de vastes vues métaphysiques ou l'analyse rigoureuse des agents formels.

Plus personne ne songe aujourd'hui à trouver puériles les œuvres du plus grand peintre contemporain avec Picasso. Ses travaux théoriques, encore mal connus en France, revêtent une importance analogue dans l'ordre de la pensée. L'humilité du langage de Klee, son laconisme, voire ici ou là une apparence trompeuse de pédanterie ingénue représentent en fait la cristallisation - épurée parfois jusqu'à l'auto-destruction - d'une somme presque incroyable de connaissance, de réflexions, d'informations.

Vers ces énoncés tout ensemble allusifs et minutieusement précis convergent, comme sous un masque de cristal, les données les plus modernes des mathématiques et de la physique, de la biologie, de la psychologie, de la philosophie, de la poésie, de la musique.

A qui prend de l'oeuvre théorique de Klee, une connaissance en profondeur, la conviction s'impose bientôt qu'elle revêt pour l'art du XXème siècle la même importance que les carnets de Léonard de Vinci pour celui de la Renaissance. Des écrits de ce poète géomètre qui eussent fasciné un Valéry, Georg Schmidt a pu dire qu'ils étaient "le plus profond et le plus éclairant qui ait été formulé sur l'art moderne, et peut-être sur l'art tout court."

Credo du créateur : 

I. L'art ne reproduit pas le visible ; il rend visible. Et le domaine graphique, de par sa nature même, pousse à bon droit aisément à l'abstraction. Le merveilleux et le schématisme propres à l'Imaginaire s'y trouvent donnés d'avance et, dans le même temps, s'y expriment avec une grande précision. Plus pur est le travail graphique, c'est-à-dire plus d'importance est donnée aux assises formelles d'une représentation graphique et plus s'amoindrit l'appareil propre à la représentation réaliste des apparences.

L'art pur suppose la coïncidence visible de l'esprit du contenu avec l'expression des éléments de forme et celle de l'organisme formel. Et, dans un organisme, l'articulation des parties concourant à l'ensemble repose sur des rapports manifestes, basés sur des nombres simples.

Il ne faut surtout pas se laisser induire en erreur et prendre, par exemple, pour organique la représentation d'un corps sous prétexte qu'on peut constater la justesse des proportions des doigts par rapport à la main, des mains par rapport aux bras et aux avant-bras, etc. Il s'agit là de l'art d'un Autre, dont les œuvres, simples exemples, éduquent à en faire autant, avec les données plastiques, analogiquement.

Les éléments spécifiques de l'art graphique sont des points et des énergies linéaires, planes et spatiales. Exemple d'élément plan ne se laissant pas décomposer en unités subordonnées : l'énergie, uniforme ou modulée, issue d'une pointe large. Exemple d'élément spatial indivisible : la tache vaporeuse, en général inégalement chargée, laissée par le pinceau entier."

(Paul Klee, Théorie de l'Art moderne, Denoël/Gonthier, p.34-35)

 

 

 

 

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :