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Ce feu qui dévore (suite)

Si l'on pouvait toujours rester au niveau du sublime, ce ne serait pas le sublime.

La mesquinerie est générale et inévitable, mais elle choque davantage  dans les milieux chrétiens, surtout quand elle cesse d'être accidentelle pour devenir un mode de  vie.

Dans certaines institutions religieuses, le cléricalisme, la suffisance, la mesquinerie, le respect aveugle de la hiérarchie, asservissent  et ôtent tout esprit critique, y compris chez les plus intelligents. C'est à qui fera preuve de la plus grande servilité.

Certains responsables n'aiment pas qu'on leur dise qu'on a défendu l'institution à laquelle ils appartiennent, alors qu'elle était menacée. Ils ne veulent ni se souvenir d'avoir été menacés, ni d'avoir eu besoin d'être défendus.

Ils croiraient se diminuer en remerciant. Mais c'est en ne remerciant pas qu'ils se diminuent.

Chateaubriand raconte dans Les Mémoires d'Outre-Tombe la froideur avec laquelle un prêtre réfractaire que sa mère et sa sœur avait sauvé pendant la Révolution les avait reçues après le rétablissement de la monarchie.

J'admire le pape François de vouloir s'attaquer au poison du cléricalisme et je lui souhaite bien du courage.

Il y a pire que l'alliance du sabre et du goupillon, c'est l'alliance du goupillon et des notables de province.

Ne cherche pas à te venger. Le temps s'en chargera.

"Qui veut sauver sa vie (son âme) la perdra" : préférer le calcul à l'inspiration.

Un homme qui ne suit pas le même chemin que les autres aura beaucoup à souffrir.

La souffrance n'est que relativement nécessaire, mais elle est absolument insuffisante.

"Apprenons donc à bien penser. C'est le début de la morale." (Pascal)

"Bénissez ceux qui vous maudissent. Priez pour ceux qui vous persécutent" : Oui parce que, comme le dit à peu près Goethe, l'esprit du mal veut éternellement le mal et contribue malgré lui au bien. Il est terrible sub specie aeternitatis d'être davantage de côté-là que de l'autre (mais on ne le sait pas soi-même). C'est pourquoi il faut bénir et prier.

L'évêque Cauchon à Jeanne d'Arc : "Êtes-vous en état de grâce ? " - Si je ne le suis pas, que Dieu m'y mette et si j'y suis, que Dieu m'y maintienne !"

"Il avait une grande dévotion envers la Vierge Marie." Va Bene ! Dommage qu'il n'ait pas eu autant de dévouement envers son prochain que de dévotion envers la Vierge Marie.

Il y a des gens, même des chrétiens, qui pensent que la bonté est une faiblesse. Voilà pourquoi le monde va si mal.

Les grandeurs d'établissement font croire qu'elles sont le couronnement de toutes les grandeurs. Ce ne serait pas si grave si le monde  ne les croyait pas.

"Du sublime au ridicule, il n'y a qu'un pas." (Napoléon après la retraite de Russie)

"C'est avec des hochets que l'on mène les hommes." (le même à propos de la Légion d'Honneur)

Il n'y a que les saints et les grands débauchés qui savent toute la tristesse de la débauche.

Il n'y a que ceux qui ont tout réussi qui savent toute l'amertume de la réussite.

"Profonde est la haine qui brûle contre la beauté dans les cœurs vulgaires." (Ernst Jünger, Sur les Falaises de marbre).

Ce doit être douloureux de ne plaire à personne, mais ce doit être une malédiction que de plaire à tout le monde.

La vrai courage  se mesure à la capacité de supporter la solitude.

Les Américains ont élu un homme qui a des robinets en or dans sa salle de bain et ils s'étonnent qu'il se conduise comme un imbécile.

"Pour être milliardaire, il faut être assez intelligent pour le devenir et assez stupide pour le vouloir. (Chesterton)

Certains hommes ne vous pardonnent jamais le mal qu'ils vous ont fait.

Je suis reconnaissant à ce prêtre en quatrième qui nous lisait les récits de la Bible sans chercher à nous édifier. Peut-être avait-il compris, lui aussi, qu'il n'y a de vérité que dans la fiction.

Tu vas enfin savoir s'il y a quelque chose après ou s'il n'y a rien, mais s'il n'y a rien, tu n'en sauras rien. Le rideau se baissera sur cette fable pas très bien écrite,  "told by an idiot, full of sound and fury, signifying nothing" (Macbeth) ou calme et silencieuse à l'excès... Les amis que tu n'as jamais eus, tes amours perdues, non partagées, tes joies (il y en a eu quelques unes) et tes souffrances (il y en a eu beaucoup), ton désir inassouvi, d'un monde meilleur, ce que tu appelais ta "vocation", ta tâche et ton fardeau, tes grands-parents, ceux que tu as aimés ou que tu crois avoir aimés... Tous ceux qui t'ont trahi, méconnu... Les animaux que tu ne t'es jamais consolé d'avoir perdus... La beauté inaccessible...

Tu vas enfin savoir si "Dieu" était autre chose qu'un mot. Tu vas enfin arrêter de penser pour vivre enfin, peut-être, ne plus avoir à désirer, sortir de l'illusion et de l'impermanence...

Pourquoi ne mettent-ils pas un panneau à l'entrée : "En travaux, âmes sensibles, s'abstenir !"

"Un homme, quand la vie n'est que fatigue, un homme

Peut-il regarder en haut, et dire : tel

Aussi je voudrais être ? Oui. Tant que dans son cœur

Dure la bienveillance, toujours pure..." (Friedrich Hölderlin)

Si l'archéologie contredit la Torah, de quel ordre est la vérité ?

"Il y a un âge où on ne rencontre plus la vie mais le temps. On cesse de voir la vie vivre. On voit le temps qui est en train de dévorer la vie toute crue. alors le cœur se serre. On se tient à des morceaux de bois pour voir encore un peu le spectacle qui saigne d'un bout à l'autre du monde et pour ne pas y tomber." (Pascal Quignard, Terrasse à Rome)

A partir d'un certain moment, la concurrence s'arrête faute de concurrents et faute de pouvoir ou de vouloir encore concourir. Alors, comme le dit Pascal Quignard, "on ne rencontre plus la vie mais le temps". Et ce concurrent-là gagne à tous les coups.

Il y aura une matinée de printemps que je ne connaîtrai pas.

Ce sont les œuvres les plus simples qui sont les plus belles.

Il ne faut jamais se fier aux apparences et parler d'un homme sans savoir ce qui se passe dans sa tête quand il se trouve seul, la lumière éteinte, entre ses draps. (Pierre Reverdy)

Suicide : prépondérance de la lucidité sur l'instinct de conservation, ce qui montre que la conscience est peut-être une erreur (c'est en tout cas un risque) de la sélection naturelle. Le seul problème philosophique selon Albert Camus ("To be or not to be...") Y penser, selon Emil Cioran, empêche souvent de le faire. Passée la grâce de l'enfance, une conscience lucide est confronté un jour ou l'autre au sentiment de l'absurde et à la possibilité de mettre un terme à la vie comme "non vie" (simple survie). Elle peut cependant décider de vivre malgré tout, en pariant sur les possibilités de la vie (l'idée que la vie puisse être autre chose que la simple "survie"). "Tous les hommes cherchent le bonheur, dit Pascal, y compris ceux qui vont se pendre" (ce n'est donc pas la mort, le néant que l'on cherche, mais une plénitude de vie que l'on ne trouve pas). En-deçà de cette épreuve (la tentation du suicide), la vie est simplement subie, ce n'est qu'au-delà qu'elle devient vraiment digne d'être vécue et que l'on peut retrouver, peut-être, la joie de l'enfance, une fois devenu adultes, mais seulement par intermittence : "Mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra. Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Lorsque je suis devenu homme, j'ai fait disparaître ce qui était de l'enfant. Aujourd'hui nous voyons au moyen d'un miroir, d'une manière obscure, mais alors nous verrons face à face ; aujourd'hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j'ai été connu.… (Paul, 1 Corinthiens 13)

Si tu penses être à la hauteur, tu ne seras jamais à la hauteur.

Si les paroles de la consécration ont un sens : "Comme cette eau se mêle au vin, puissions-nous être mêlés à la divinité de celui qui vient à la rencontre de notre humanité", la dévotion reste marquée par la séparation du sujet et de l'objet (c'est, d'une certaine façon, faire de Dieu un objet).

 

 

 

 

 

 

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