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E.M. Forster, Maurice

E.M. Forster, Maurice, Editions Gallimard, 10/18

Maurice est un film dramatique britannique coécrit et réalisé par James Ivory, sorti en 1987. Il s’agit de l’adaptation du roman éponyme largement autobiographique d'Edward Morgan Forster.

L'auteur :

E. M. Forster, officiellement Edward Morgan Forster, né le 1er janvier 1879 à Londres et mort le 7 juin 1970 (à 91 ans) à Coventry, est un romancier, nouvelliste et essayiste britannique.

L'oeuvre :

"Depuis son plus jeune âge, Maurice est hanté par des rêves dont il s'explique mal la nature étrange et mélancolique. Puis, comme tous les jeunes gens de la bonne société anglaise, il part faire ses études à Cambridge. C'est là qu'il rencontre Clive, étudiant comme lui, auprès de qui il sent naître de nouveaux sentiments. Tentant d'abord d'ignorer cette passion, le jeune homme va peu à peu entamer un long cheminement, parfois douloureux, vers la liberté et l'affirmation de son identité. Dans ce récit intimiste à l'écriture ciselée, Forster, qui jamais ne consentit à ce que cette œuvre soit publiée de son vivant, livre une magnifique histoire d'amour sur fond de chronique sociale de l'Angleterre puritaine des années 1920." (source : babelio)

Un avis sur le livre (et sur le film) : 

"Forster, dès 1913, dans le pays d'Europe le plus répressif, ose affirmer tranquillement les droits de la nature et le droit des homosexuels au bonheur. Il renverse vingt siècles de tradition judéo-chrétienne, vingt siècles de masochisme et de culpabilité. "L'espace et le ciel étaient à eux." Pourtant, aucune mièvrerie n'entache ce roman. La peinture des amours impossibles de Maurice et de Clive, le sentiment de malaise et de tristesse qui naît chez le lecteur de cet échec, le contraste entre la douceur de la campagne anglaise au printemps et la misère de leur désir non consommé prouveraient, s'il le fallait, que Forster ne se dupait pas sur les limites, très étroites, de son optimisme. "L'espace et le ciel étaient à eux" : pour deux êtres au moins, qui en ont eu le courage, la libération n'aura pas été un vain mot.

D'une seule audace l'auteur a manqué : de publier tout de suite son roman. Plusieurs générations d'homosexuels auraient eu leur vie changée s'ils avaient lu l'histoire de Maurice et Alec (qui succède à celle de Maurice et de Clive comme le possible succède à l'impossible) pendant les années où la littérature homosexuelle ne leur présentait que des récits de déchéance (Thomas Mann, Proust), de mort volontaire ou d'assassinat." (Dominique Fernandez, Le rapt de Ganimède, p.250-251)

"(...) Maurice film est, comme Maurice roman, non seulement un ouvrage inspiré, une belle réussite de l'esprit, mais un précieux acte de confiance dans la vie. Tadzio, à la fin du film tiré de Visconti de Mort à Venise, s'éloigne lui aussi dans un halo de clarté ; mais c'est une clarté qui l'isole dans un ciel de pure beauté, hors de portée du commun des mortels, une clarté destructrice par sa perfection même. La lumière qui absorbe Maurice dans la douceur de ses rayons est une lumière proche, une lumière fraternelle : y puiseront chaleur, espoir et réconfort tous ceux qui ne croient pas qu'une oeuvre d'art soit de qualité inférieure parce qu'elle se termine sur un dénouement heureux." (ibidem, p.254)
 

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