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Régis Debray, Vie et mort de l' image (résumé des chapitres)

I. Genèse des images 

Chapitre I. La naissance par la mort : 

"La naissance de l'image a partie liée avec la mort. Mais si l'image archaïque jaillit des tombeaux, c'est en refus du néant et pour prolonger la vie. La plastique est une terreur domestiquée. Il s'ensuit que la mort s'efface de la vie sociale, moins vivante est l'image, et moins vital notre besoin d'images."

Chapitre II. La transmission symbolique :

"Nous parlons dans un monde, nous voyons dans un autre. L'image est symbolique mais elle n'a pas les propriétés sémantiques de la langue : c'est l'enfance du signe. Cette originalité lui donne une puissance de transmission sans égal. L'image fait du bien parce qu'elle fait lien. Mais sans communauté, pas de vitalité symbolique. La privatisation du regard moderne est pour l'univers un facteur d'anémie."

Chapitre III. Le génie du christianisme :

"L'occident monothéiste a reçu de Byzance, via le dogme de l'Incarnation, la permission de l'image. Instruite par le dogme de la double nature du Christ et par sa propre nature missionnaire, l'Eglise chrétienne était bien placée pour comprendre l'ambiguïté de l'image, à la fois supplément de puissance et dévoilement de l'esprit. D'où son ambivalence à l'égard de l'icône, de la peinture, comme aujourd'hui de l'audio-visuel. Cette oscillation n'est-elle pas une sagesse ? devant l'Image, l'agnostique ne sera jamais assez chrétien."

Chapitre IV. Vers un matérialisme religieux : 

"Traditionnellement, esthétique et technique se tournent le dos, divorce fondateur auquel Kant a donné ses lettres de noblesse. Pour resserrer les ciseaux entre le matériel et le spirituel de l'image, une interdiscipline est nécessaire : la médiologie. En levant l'obstacle de l'humanisme, qui n'admet pas que le sujet est autant le prolongement de ses objets que l'inverse, elle nous permet de prendre une vue cohérente des variables de l'efficacité iconique."

II. Le mythe de l'Art.

Chapitre V. La spirale sans fin de l'histoire :

"L'art n'est pas un invariant de la condition humaine mais une notion tardive propre à l'Occident moderne et dont rien n'assure la pérennité. Cette abstraction mythique a puisé sa légitimité dans une "histoire de l'art" non moins mythologique, dernier refuge du temps linéaire utopique. L'observation des cycles réels d'invention plastique, sur la longue durée, conduirait plutôt à remplacer l'idée messianique d'évolution des formes par celle de "révolution", c'est-à-dire la ligne par la spirale."

Chapitre VI. Anatomie d'un fantôme : "L'Art antique" :

"La Grèce ancienne répète la légende est le berceau de l'art occidental. La traduction équivoque de "technè" par "art", signe d'annexion moderniste, entretient le malentendu. textes et faits tendent plutôt à prouver qu'aucune des oppositions qui sous-tendent notre univers esthétique n'a d'équivalent dans la mentalité hellénique de l'âge classique, pas plus que chez son héritière médiévale. Cette absence n'est pas un déficit, mais la marque d'une subordination de l'imagerie à des intérêts supérieurs."

Chapitre VII. La géographie de l'Art : 

Tant que l'homme fixe le Ciel, il ne regarde pas la terre ni les autres hommes. Paysages et visages profanes apparaissent à peu près au même moment dans la peinture occidentale, car on n'aime pas ce qu'on voit mais on voit ce qu'on aime. La nature et l'art comme valeurs se sont engendrés l'un l'autre. Peuvent-ils se survivre ?"

Chapitre VIII. Les trois âges du regard : 

"Les trois césures médiologiques de l'humanité - écriture, imprimerie, audiovisuel - découpent dans le temps des images trois continents distincts. Chacun a ses lois. Leur confusion est cause de tristesses inutiles."

Chapitre IX. Une religion désespérée : 

"Quand les églises se vident, les musées se remplissent. beaucoup voient dans le culte planétaire de l'art le suprême trait d'union d'une humanité désunie. Mais si le savoir est universel, l'univers du sens est toujours local. Une spiritualité mondiale est une contradiction dans les termes. C'est pourquoi s'il est sûr qu'en occident l'argent a sauvé l'art de sa mort annoncée, il est peu probable que l'art sauve le monde."

Chapitre X. Chronique d'un cataclysme :

"Photographie, cinéma, télévision, ordinateur: en un siècle et demi, du chimique au numérique, les machines de vision ont pris en charge l'ancienne image "faite de main d'homme". Il en est résulté une nouvelle poétique, soit une réorganisation générale des arts visuels. Chemin faisant, nous sommes entrées dans la vidéosphère, révolution technique et morale qui ne marque pas l'apogée de la "société du spectacle" mais sa fin."

Chapitre XI. Les paradoxes de la vidéosphère :

"Le visuel commence où finit le cinéma. le dernier état du regard retrouvant nombre de propriétés du premier, le signal vidéo autorise une idolâtrie d'un nouveau type, sans tragique. La différence est que si l'image archaïque et classique fonctionnait au principe de réalité, le visuel fonctionne au principe de plaisir. Il est à lui-même sa propre réalité. Inversion qui ne va pas sans risques pour l'équilibre mental du collectif."

Chapitre XII. Dialectique de la télévision pure :

"Le tableau des antinomies de l'audiovisuel ressemble à celui de la raison pure. Chaque thèse a son antithèse et aucune ne peut réfuter l'autre, en sorte que l'iconophobe et l'iconodule sont condamnés à vivre ensemble, et parfois dans le même individu. La juxtaposition des argumentaires, qui aidera à dissiper quelques illusions, confirme que, sur le fond, la question de l'image n'a pas notablement avancé depuis le VIIIème siècle."

 

 

 

 

 

 

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