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M.-J. Lagrange, La méthode historique
M.-J. Lagrange, La méthode historique

Marie-Joseph Lagrange, o.p., La méthode historique, La critique biblique et l'Eglise, introduction par R. de Vaux, o.p., Les Editions du Cerf, 1966

"Nous croyons aller, grâce à un progrès historique incontestable, vers une intelligence plus approfondie des voies de Dieu dans l'humanité." 

Table des matières :

Introduction par R. de Vaux, o.p. - Chapitre I. L'exégèse critique et le dogme ecclésiastique - Chapitre II. L'évolution du dogme, surtout dans l'Ancien Testament - Chapitre III. La notion de l'inspiration d'après les faits bibliques - Chapitre IV. La méthode historique, même en matière scientifique - Chapitre V. Caractère historique de la législation civile des Hébreux - Chapitre VI. L'Histoire primitive - Appendice : Jésus et la critique des Evangiles.

L'auteur : 

Albert Lagrange qui deviendra en religion le Père Marie-Joseph Lagrange (7 mars 1855 à Bourg-en-Bresse - 10 mars 1938 à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume) est un exégète et théologien catholique, fondateur de l'École biblique et archéologique française de Jérusalem et de la Revue biblique. Le père Lagrange applique la méthode historico-critique à l'étude de la Bible Plusieurs ordres et instances religieuses s'en émeuvent. Soupçonné de modernisme et de rationalisme, il reçoit des interdictions de publication et des blâmes, en 1907 et 1911. Il demeure humblement soumis. Sa méthode est condamnée par l'encyclique Spiritus Paraclitus du pape Benoît XV en 1920. Il faudra attendre 1943 et l’encyclique Divino Afflante Spiritu, pour voir avalisée l'utilisation de la méthode historico-critique au service d’une lecture théologique de la Bible.

L'œuvre :

"Était-il légitime d'appliquer la méthode historique à la Bible ? Cette question a suscité une crise grave au sein de l'Eglise universelle. En y répondant, ce livre du Père Lagrange, fondateur de l'Ecole biblique de Jérusalem, a marqué un tournant dans l'histoire de l'exégèse catholique. Très discutées en leur temps, ces pages nous paraissent aujourd'hui prophétiques : le Père Lagrange y énonce les grands principes de l'interprétation de l'Ecriture, repris et confirmés depuis lors par le décret de Vatican II sur la Révélation divine. Une importante préface du Père De Vaux en dégage la signification."

Extrait de la Préface de Roland De Vaux, o.p. Ecole biblique de Jérusalem, Jérusalem, janvier 1966 :

"On constate donc un progrès certain dans la voie ouverte par Léon XIII, et ce progrès vient d'être consacré d'une manière particulièrement solennelle par la Constitution De Divina Revelatione votée par la Concile Vatican II le 18 novembre 1965. Elle contient un paragraphe spécial sur l'interprétation de l'Ecriture sainte : "Dieu ayant parlé dans l'Ecriture par l'intermédiaire d'hommes et à la manière des hommes, l'interprète doit rechercher attentivement ce que les hagiographes ont effectivement entendu signifier. Pour dégager cette interprétation, il faut, entre autres moyens, recourir aux "genres littéraires". Allant plus loin, l'interprète doit rechercher quel sens l'hagiographe a entendu exprimer, et a exprimé, dans telles circonstances déterminées, selon la condition de son époque et de sa culture, en se servant des genres littéraires qui étaient employés à cette époque. Mais aussi, comme l'Ecriture doit être lue et interprétée dans le même esprit où elle a été décrite, afin de bien découvrir tout le sens des textes sacrés, il ne faut pas mettre une moindre diligence à considérer le contenu et l'unité de toute l'Ecriture, en tenant compte de la tradition vivante de toute l'Eglise et de l'analogie de la foi. Il appartient aux exégètes de travailler selon ces règles à comprendre plus profondément et à exposer le sens de l'Ecriture sainte, comme une étude qui prépare le jugement mûri de l'Eglise, à qui est, en dernier ressort, soumise la manière d'interpréter l'Ecriture.

La méthode historique et la crise moderniste

Au lendemain de la promulgation de cet acte du Concile, il a paru opportun de republier un petit livre du P. Lagrange qui date du début de la période que nous venons de considérer, qui a été un jalon important dans le progrès de l'exégèse catholique et qui a mérité de rester classique, bien qu'il ait été vite épuisé. Le P. Lagrange avait été convié à faire, au début de novembre 1902, six conférences sur "la méthode historique surtout dans l'exégèse de l'Ancien Testament" à l'Institut catholique de Toulouse. La date est significative. Le 10 novembre, le jour où le P. Lagrange prononçait sa cinquième conférence, sortait à Paris le livre d'Alfred Loisy sur L'Evangile et l'Eglise, qui provoqua l'explosion de la crise moderniste. Le 30 novembre 1902, Léon XIII avait crée à Rome la Commission pontificale pour les Etudes bibliques avec pour fonction de travailler à ce que les Ecritures trouvent, chez nos exégètes mêmes, l'interprétation plus critique que notre temps réclamait.

Alfred Loisy, né le 28 février 1857 à Ambrières (Marne) et mort le 1er juin 1940 à Ceffonds (Haute-Marne), est un prêtre et théologien catholique français. À l'origine en 1902 de la crise moderniste, excommunié en 1908, il fera encore l'objet de discussions et controverses après le IIe concile œcuménique du Vatican (1962-1965). Selon François Laplanche, Son œuvre a ouvert la voie à l'application de la méthode historico-critique pour l'exégèse de la Bible.

A Suse, en Perse, en décembre 1901 et janvier 1902, une mission archéologique française avait tiré de terre, en trois blocs, le Code de Hammurabi, immédiatement déchiffré et publié par P. Scheil, un texte très antérieur à Moïse et fournissant pour la première fois des parallèles orientaux à la loi mosaïque.

Telles étaient les conjonctures immédiates dans lesquelles le P. Lagrange prononça les conférences de Toulouse. L'arrière-plan plus éloigné avait été, en 1890, la fondation par le P. Lagrange de l'Ecole biblique de Jérusalem, avec l'ambition et le programme de mieux comprendre la Bible en la replaçant dans son milieu géographique, historique et ethnique ; douze années d'enseignement et de publication lui avaient donné le temps de forger et d'éprouver sa "méthode historique" et l'encyclique Providentissimus, en 1893, l'avait confirmé dans une voie qu'il poursuivit sans dévier à travers les troubles du modernisme latent..."

 

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