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Roland Lacourbe présente : Le clocher de Noël et autres crimes impossibles

Roland Lacourbe présente : Le clocher de Noël et autres crimes impossibles, Editions l'Archipel, 2020

Table : Préface, par Roland Lacourbe, Franck L. Baum, "Le suicide de Kiaros" - Matthias McDonnell Bodkin , "Les Diamants disparus" - L.T. Meade et Robert Eustace, "L'Homme volatilisé" - Jacques Futrelle, "Dans la boule de cristal" - Melville Davisson Post, "Le mystère Doomdorf" - Arthur Conan Doyle, "Le problème du pont de Thor" - Frederick Irving Anderson, "La chambre de la mort" - Maurice Leblanc, "Thérèse et Germaine" - Gilbert Keith Chesterton, "Le vengeur ailé" - Edgar Jepson et Robert Eustace, "L'indice de la feuille de thé" - C. St. John Sprigg, "Assassinat programmé" - Joseph Commings, "Du mouron pour les petits poissons" - Edward D. Hoch, "Le Mystère du clocher de Noël" - Sources - Bibliographie succincte des romans et nouvelles cités dans la préface.

Quatrième de couverture : 

"Un ministre britannique foudroyé alors qu'il était sous la surveillance de trois gardes du corps dans les sous-sols de la banque d'Angleterre... Un scaphandrier poignardé au fond de l'océan alors qu'il se trouvait seul au milieu des petits poissons... Un gentleman assassiné dans une cabine de plage fermée de l'intérieur à Etretat... Autant de crimes qui défient la logique et mettent à mal nos raisonnements cartésiens.

Avec Double assassinat dans la rue Morgue, d'Edgar Allan Poe (1841), apparaissait un nouveau genre au sein de la littérature criminelle : le "crime en chambre close", qui depuis a fait nombre d'émules.

Dans ce recueil, Roland Lacourbe, spécialiste du roman d'énigme et auteur de nombreuses anthologies, présente 13 classiques du genre, dont Le Suicide de Kiaros (1897), de Franck L. Baum, Le Problème du pont de Thor (1922), d'Arthur Conan Doyle, Thérèse et Germaine (1923), de Maurice Leblanc, et Le Mystère du clocher de Noël (1977), d'Edward D. Hoch.

Extrait de la préface de Roland Lacourbe : 

"Un double crime dans la rue Morgue : c'est là que tout a vraiment commencé... Un horrible fait divers né de l'imagination tortueuse d'un poète américain qui n'a jamais franchi les frontières de son pays natal, et situé dans une rue de Paris qui n'a jamais existé !

Publié en avril 1841 dans le Graham's Magazine à Philadelphie, Double Assassinat dans la rue Morgue (The Murders in the Rue Morgue) d'Edgar Allan Poe (1809-1849), dans lequel une veuve et sa fille sont massacrées dans leur appartement de la rue Morgue, alors que leur assassin n'a pas pu fuir puisque toutes les fenêtres étaient clouées et la porte fermée de l'intérieur, n'est pas seulement la première histoire de détective (contenant toutes les caractéristiques nécessaires : un enquêteur aux facultés de déduction exceptionnelles, un fidèle confident préfigurant les innombrables futurs compagnons narrateurs du détective, et une solution résultant de l'analyse à froid de toutes les données du problème), mais elle constitue aussi la première enquête sur un meurtre impossible commis dans une chambre close, c'est-à-dire dans un endroit sans aucune issue (du moins en apparence) et dont le meurtrier n'a eu aucune possibilité de sortir une fois son forfait commis (...)

Le thème de la chambre close - ou plus généralement du "crime impossible" - était né et devait enflammer l'imagination des auteurs et des lecteurs potentiels jusqu'à nos jours, sans plus jamais disparaître de la littérature criminelle.

Pour quelle raison un tel engouement ? C'est que le crime "impossible" excite terriblement l'imagination. Et rejoint, par certains côtés, le registre du miracle : comment une telle chose a-t-elle pu arriver ? Comment un assassin a-t-il pu disparaître de manière incompréhensible ? Ou comment un bijou précieux a-t-il été subtilisé sans que personne ne s'en rende compte ? A ce schéma en apparence limité, des auteurs à l'imagination fertile apporteront d'innombrables variations. C'est pourquoi le terme "crime impossible" est préférable à celui de "crime en chambre close" communément admis (...)

La présente anthologie a pour ambition de proposer au lecteur une sorte d'initiation au vieux problème en offrant un choix de textes sélectionnés parmi les grands pionniers du genre. On y découvrira quelques-unes des premières tentatives mémorables qui ont permis au thème de s'imposer au cours des années.

Alors que McDonnel Bodkin confronte son limier favori, Paul Beck, l'un des premiers concurrents de Sherlock Holmes, à la disparition incompréhensible d'un lot de diamants dans un écrin, L.T. Meade et Robert Eustace décrivent le cas d'un homme qui, entrant dans une maison surveillée par la police, disparaît comme par enchantement et reste introuvable, même après une fouille minutieuse.

Avec Arthur Conand Doyle, Jacques Futrelle et C.K. Chesterton, ce sont trois limiers légendaires, l'incontournable Sherlock Holmes, le professeur S.F.X. Van Dusen, surnommé judicieusement "la Machine à Penser", et le Pasteur Brown, qui rencontrent à leur tour d'épineux problèmes : un crime dont la singularité n'apparaît pas à première vue, l'étrange cas d'un homme d'affaires à qui un devin a fait visualiser son propre assassinat dans une boule de cristal, et la mort d'un mystérieux personnage abattu au beau milieu d'une étendue de neige vierge de toute trace humaine.

Le Mystère Doomdorf et L'indice de la feuille de thé ont déjà été évoqués dans les lignes qui précèdent.

La Chambre de la mort de Frederick Irving Anderson se rattache au mythe inépuisable de la maison hantée. Du mouron pour les petits poissons décrit une situation à peu près unique dans les annales de la littérature criminelle. Et Le Clocher de Noël d'Edward Hoch pose le problème d'un pasteur poignardé dans son clocher fermé de l'intérieur et complètement inaccessible.

Enfin, c'est Arsène Lupin en personne qui, sous l'une de ses innombrables identités, va résoudre le cas d'un homme mort poignardé alors qu'il était enfermé dans sa cabine de plage.

Avant de vous laisser les découvrir, je vous propose une petite énigme :

Quel est l'endroit d'où l'on sort sans jamais y être entré ?

Quel est l'endroit d'où l'on ne sort jamais après y être entré ?

La réponse évidente, nous conduit à une constatation troublante et qui devrait ravir les psychanalystes : du ventre maternel au tombeau, la destinée humaine se trouve tout entière placée sous le signe de la chambre close." 

 

 

 

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