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Suis-je libre d'être heureux ou heureuse ?

Ce travail est le fruit d'une réflexion commune avec un élève de Terminale, Simon F.

Introduction :

Alors que le COVID 19 défraye la chronique, on constate que les Français n’ont pas le moral. L’une des raisons est qu’ils subissent des contraintes et des restrictions à leur liberté.

Le mot « liberté » vient du latin « liber ». Être libre, c’est ne pas être empêché de faire ce que l’on veut. Pour reprendre l’exemple du COVID 19, je ne suis pas libre de sortir sans autorisation, de ne pas porter le masque, etc.
Le bonheur est un état de satisfaction complète et de plénitude durable, différent du plaisir et de la joie. On peut également le définir comme un accord entre les aspirations humaines et l’ordre des choses.

Sommes-nous libres d’être heureux ?

La question sous-entend que la liberté d’être heureux ou heureuse pourrait comporter des obstacles ou même que nous pourrions ne pas être libre d’être heureux. Quels sont ces obstacles, en quoi consiste cette impossibilité ?

Le sujet s’applique à plusieurs domaines : psychologique, moral (éthique), politique…

Nous cherchons tous le bonheur et nous croyons qu’il existe et que nous pouvons le trouver. Mais si nous ne sommes pas libres d’être heureux, nous n’avons aucune chance de le trouver. Il est donc important de réfléchir à cette question.

Les obstacles à la liberté d’être heureux :

Obstacles physiques : le fait de souffrir d’un handicap (cf. le film Intouchables) : le héros du film est paraplégique et de ce fait, il ne peut plus faire ce qu’il faisait auparavant et ses amis se sont quelque peu détournés de lui.

Obstacles psychologiques et sociaux : le fait de souffrir d’une névrose, d’être prisonnier d’une relation toxique, d’avoir des parents maltraitants, de vivre avec des gens qui ne cherchent pas notre bonheur. On peut prendre aussi comme exemple les femmes battues.

Obstacles socio-politiques : vivre sous un régime théocratique, totalitaire, une dictature. Par exemple en ce moment en Thaïlande, des étudiants sont menacés de prison parce qu’ils veulent la démocratie.

Nous pouvons nous interdire d’être heureux en pensant que d’autres ne le sont pas parce qu’ils souffrent de la faim, de la guerre, de l’oppression (dans la mesure où le bonheur est l’accord entre nos désirs et l’ordre du monde, l’ordre du monde ne correspondra jamais à nos désirs)

La liberté d’être heureux malgré tout :

Le film Intouchables montre que l’on peut accéder à un certain bonheur malgré un handicap, notamment en nouant une relation vraie avec quelqu’un.
Le psychiatre Boris Cyrulnik a montré qu’il existait en chacun d’entre nous une certaine liberté d’être heureux malgré tout qu’il nomme la « résilience ».

Les obstacles socio-politiques au bonheur peuvent être combattus.

Nous n’avons pas à nous interdire d’être heureux sous prétexte que d’autres ne le sont pas car cela ne sert à rien (n’enlève rien au malheur du monde). Il est beaucoup plus utile d’aider ceux qui souffrent de la guerre, de la faim et de l’oppression

Les philosophes de l’antiquité ont mis l’accent sur la liberté intérieure. Comme le montre l’exemple de Nelson Mandela, on peut être intérieurement libre en prison.

A quelles conditions pouvons-nous être libres d’être heureux ? :

Les Epicuriens distinguent entre trois sortes de désirs : les désirs qui ne sont ni naturels, ni nécessaires (la recherche des honneurs), les désirs naturels mais non nécessaires (boire du vin), les désirs naturels et nécessaires (boire de l’eau, manger à sa faim). Les désirs qui ne sont ni naturels, ni nécessaires doivent être proscrits car ils ne contribuent pas au bonheur, les désirs naturels, mais non nécessaires sont tolérés. Seuls les désirs naturels et nécessaires sont vraiment acceptables et conduisent au bonheur. Selon les Stoïciens, nous avons la liberté de les choisir.

Pour les Stoïciens, le bonheur consiste à ne pas se soucier de « ce qui ne dépend pas de nous » et à rester maîtres de ce qui dépend de nous, c’est-à-dire de nos jugements.

Selon Irvin Yalom, psychothérapeute existentiel américain, quatre fatalités existentielles font obstacle au bonheur : la finitude (l'idée de la mort), la liberté comme responsabilité, l'isolement (l'ipséité) et l'absence a priori de sens. Nous ne pouvons pas changer ces fatalités car elles sont liées à la condition humaine. Mais nous pouvons chercher le bonheur malgré tout.

Comme dit Albert Camus à la fin du Mythe de Sisyphe : "Il faut imaginer Sisyphe heureux."

 

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