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Thomas Nagel, L'esprit et le cosmos
Thomas Nagel, L'esprit et le cosmos

Thomas Nagel, L'esprit et le cosmos. Pourquoi la conception matérialiste néo-darwinienne de la nature est très probablement fausse, traduction par Dominique Berlioz et François Loth, Librairie philosophique Vrin, 2018

Table des matières :

Préface - Introduction - Chapitre premier : l'antiréductionnisme et l'ordre naturel -  Chapitre II : la conscience - Chapitre III. La cognition - Chapitre IV : La valeur - Conclusion - Index - Tables des matières

L'auteur :

Né en 1937, Thomas Nagel, est professeur émérite de philosophie et de droit à l'université de New-York. 

L'ouvrage :

"Une conception cosmologique du tout qui ne prend pas en compte l'esprit, la conscience, la connaissance et la valeur est engagée dans une impasse : telle est l'affirmation centrale de ce court essai.

Thomas Nagel revendique son athéisme ; il n'adhère pas à une théorie du dessein intelligent, et encore moins à une explication créationniste. Toutefois, certaines positions philosophiques qui se réclament du darwinisme peuvent, elles aussi, conduire à une forme d'aveuglement sectaire. Les principes qui ont permis l'essor fantastique de la science moderne, loin de répondre à tout besoin d'explication, doivent alors être complétés ou modifiés. Seule une alternative au réductionnisme physico-chimique dominant permettra d'accéder à une véritable intelligibilité du monde et de la vie : il faut "inclure l'esprit résultat du développement de la vie en tant qu'état le plus récent de la longue histoire cosmologique dans une théorie du tout."

Extrait de l'introduction :

"Ce livre se propose de montrer que le problème des relations entre le corps et l'esprit ne se réduit pas à la question de la relation entre l'esprit, le cerveau et le comportement des organismes animaux, mais qu'il concerne notre compréhension du cosmos tout entier et de son histoire. On ne peut pas traiter à part les sciences physiques et la biologie évolutionniste. Je suis persuadé qu'une bonne évaluation de la difficulté du problème modifierait à terme l'idée que nous nous faisons de la place des sciences physiques dans la description de l'ordre naturel.

C'est notamment à la philosophie qu'il revient d'étudier les limites de la connaissance scientifique contemporaine, même dans ses formes les plus élaborées et les plus fructueuses. C'est peut-être difficile à admettre mais nous ne sommes qu'à l'instant qui est le nôtre dans l'histoire de la pensée humaine, et nos successeurs feront des découvertes et développeront des formes de connaissance auxquelles nous n'avons pas songé. Les êtres humains s'accrochent à l'espoir d'un jugement définitif mais l'humilité intellectuelle requiert que nous résistions à la tentation de supposer que des outils du genre de ceux dont nous disposons actuellement sont en principe suffisants pour comprendre l'univers dans sa totalité. Montrer les limites de la connaissance scientifique, quel que soit celui qui s'y engage, est un travail qui relève plus de la philosophie que de la recherche scientifique proprement dite, bien que nous puissions espérer que la connaissance des limites pourra, à terme, conduire à la découverte de nouvelles formes de connaissances scientifiques. Les scientifiques sont bien conscients de l'ampleur de leur ignorance mais ici c'est autre chose ; il ne s'agit pas simplement de reconnaître les limites de ce que l'on comprend effectivement, mais d'essayer de discerner ce qui, en principe, peut être compris par certaines méthodes existantes et ce qui ne le peut pas.

Ma cible est la conception globale du monde que l'on atteint en extrapolant à partir de certaines découvertes et biologie, en chimie et en physique - une certaine Weltanschauung naturaliste qui postule l'existence d'une relation hiérarchique entre les objets respectifs de ces sciences et considère qu'en principe, leur unification permettra une explication complète de tout ce qui est dans l'univers. Une conception de ce genre n'est pas une condition nécessaire de la pratique de ces sciences, et que l'on y adhère ou non sera sans effet sur la majeure partie de la recherche scientifique. A ma connaissance, la plupart des scientifiques peuvent travailler sans avoir d'avis sur les questions générales de cosmologie fondamentale auxquelles ce réductionnisme matérialiste apporte une réponse. Leurs recherches pointues et leurs importantes découvertes ne dépendent généralement pas de quelque réponse à ces questions et elles n'en impliquent pas non plus. Mais chez les scientifiques et les philosophes qui ont des idées sur l'ordre naturel pris dans sa totalité, le matérialisme réductif est largement considéré comme la seule possibilité sérieuse..."

 

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