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Hegel : Qui pense abstrait ? Extrait et questions sur le texte
Hegel : Qui pense abstrait ? Extrait et questions sur le texte

Qui pense abstrait ? (Wie denkt abstract ?), traduction inédite et commentaires par Ari Simhon, accompagné d'une notice et d'un essai sur l'ésotérisme hégélien, édition bilingue Hermann, Philosophie, 2007.

Ari Simhon est Docteur en Philosophie de l’Université de Caen. Thèse intitulée : « Dialectique et altérité. Hegel et Levinas » obtenue en 2003 avec la mention Très honorable avec les Félicitations à l’unanimité. Professeur de Philosophie en Première supérieure (Khâgne ENS-LSH) à Cayenne. Philosophie allemande. Philosophie française. 

L'auteur :

Georg Wilhelm Friedrich Hegel, né le 27 août 1770 à Stuttgart et mort le 14 novembre 1831 à Berlin, est un philosophe allemand. Son œuvre, postérieure à celle de Emmanuel Kant, appartient à l'idéalisme allemand et a eu une influence décisive sur l'ensemble de la philosophie contemporaine. Hegel enseigne la philosophie sous la forme d'un système unissant tous les savoirs suivant une logique dialectique. Le système est présenté comme une « phénoménologie de l'esprit » puis comme une « encyclopédie des sciences philosophiques », titres de deux de ses ouvrages, et englobe l'ensemble des domaines philosophiques, dont la métaphysique et l'ontologie, la philosophie de l'art et de la religion, la philosophie de la nature, la philosophie de l'histoire, la philosophie morale et politique ou la philosophie du droit. (source : wikipedia)

L'oeuvre :

C’est un texte court, rédigé en 1807 et pour le moins surprenant. En quelques pages claires et souvent drôles, Hegel répond à une question trop rarement posée : qui pense abstrait ? Pour le commun, la réponse coule de source : les philosophes. Au contraire, aux yeux de l’auteur de la Phénoménologie de l’esprit, pense abstrait celui qui raisonne en l’air, sans fondement réel – sans accéder au rationnel – et reste ainsi prisonnier de sa propre inculture. « C’est l’homme du peuple, à nouveau, qui pense le plus abstraitement, fait le distingué devant son valet et se conduit par rapport à lui comme s’il n’était seulement qu’un valet ; par rapport à lui, il ne retient fermement qu’un prédicat. » De l’autre côté de la société, son envers « distingué », l’abstraction règne aussi en maître dès l’instant où l’argument d’autorité domine l’argumentation tout court. Le philosophe, lui, est le seul à penser concret. Telle est du moins sa mission. (source : philosophie magazine)

https://www.persee.fr/doc/phlou_0035-3841_2009_num_107_3_8088_t1_0514_0000_2

Le texte (extrait) : http://excerpts.numilog.com/books/9782705666354.pdf

L'extrait à expliquer :
 
"Il est souvent reproché aux personnes qui proposent une réflexion sur un événement concret, de penser de façon trop « théorique » ou « abstraite », et il leur est alors recommandé de reposer « les pieds sur terre », ou de revenir « sur le terrain ».
Quel beau paradoxe, lorsqu’il est démontré que la pensée n’est pas abstraite par le second genre de connaissance, et moins encore les intuitions du troisième, mais bel et bien et seulement par le premier !
« Qui pense abstraitement ? L’homme inculte, non l’homme cultivé... Il me faut seulement étayer ma thèse de quelques exemples, et chacun reconnaîtra qu’elle s’en trouve confirmée.
Ainsi, on conduit un meurtrier au lieu de son exécution. Aux yeux du commun, il n’est qu’un meurtrier...
...Pour qui connaît bien les hommes, il est important de suivre la formation de la mentalité du criminel, son passé, son éducation, la mésentente entre son père et sa mère, la répression impitoyable d’une faute minime expliquent l’amertume de cet être humain envers l’ordre social. Sa première réaction contre cet ordre l’en a exclu, et, dès lors, ne lui a plus permis de subsister que par le crime.
Voilà donc ce qu’est la pensée abstraite :
- Ne voir dans le meurtrier que cette abstraction d’être un meurtrier, et, à l’aide de cette qualité simple, anéantir tout autre caractère humain »"
Georg Wilhelm Friedrich Hegel, Qui pense abstrait ? (Wer denkt abstract ? , Extraits)
 
Questions sur le texte :
 
1. Quelle est la thèse de l'auteur ? Quel sont ses arguments ? Quel exemple donne-il ?
2. Que reproche-ton aux personnes qui proposent une réflexion sur un événement concret ?
3. "Premier genre de connaissance", "second genre de connaissance", "troisième genre de connaissance". A quel philosophe Hegel fait-il allusion. Expliquer ces termes.
4. "Quel beau paradoxe" : qu'est-ce qu'un paradoxe ? En quoi ce paradoxe consiste-t-il ?
5. "Aux yeux du commun, il n'est qu'un meurtrier" : ce jugement est il concret ou abstrait ? Que faut-il examiner pour qu'une pensée devienne vraiment concrète ?
 
 
 
 
 
 
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