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Edward Dentinger Hoch, Les chambres closes du Dr. Hawthorne
Edward Dentinger Hoch, Les chambres closes du Dr. Hawthorne

Edward D. Hoch, Les chambres closes du Dr. Hawthorne, anthologie proposée et présentée par Roland Lacourbe traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Daniel Grivel, collection dirigée par François Guérif, Rivages/noir 1999.

Table : Dr Sam Hawthorn, expert en crimes impossibles - Le secret de la gargouille (The Problem of the Courthouse Gargoyle, juin 1980) - Le diable dans le moulin (The Problem of the Pilgrim Windmill, septembre 1980) - La nouvelle "Marie Celeste" (The Problem of the Gingerbread Houseboat, janvier 1981) - Le mystère du bureau de poste (The Problem of the Pink Post Office, janvier 1981) - Le problème de la chambre octogonale (The problem of the Octagon Room, octobre 1981) - La malédiction des Bohémiens (The Problem of the Gipsy Camp, janvier 1982) - Prisonnier des bootleggers (The Problem of the Bootlegger's Car, juillet 1982) - L'envol de l'oiseau d'argent (The Problem of the Tin Goose, décembre 1982) - L'énigme du pavillon de chasse (The Problem of the Hunting Lodge, mai 1983) - Le phare du Père Noël (The Problem of the Santa's Lighthouse, décembre 1983) - L'étange suicidée (The Problem of the Graveyard Picnic, juin 1984) - Un crime posthume (The Problème of the Crying Room, novembre 1984) - Meurtre dans la neige (The Problem of the Snowbound Cabin, décembre 1987) - L'assassinat de la marionette (The Problem of the Two Birthmarks, mais 1989) - Le problème de la ferme-forteresse ( The Problem of the Protected Farmhouse, mais 1990) - Les 52 problèmes impossibles du docteur Sam Hawthorn.

Edward Dentinger Hoch, né le 22 février 1930 à Rochester dans l'État de New York et décédé dans la même ville le 17 janvier 2008, est un scénariste, romancier et surtout un nouvelliste américain de littérature policière. Il est l'auteur de plus de 950 nouvelles.

Extrait de la préface de Roland Lacourbe, "Dr. Sam Hawthorne, expert en crimes impossibles" :

"On entend toujours dire que c'était mieux dans le bon vieux temps. Eh bien, je n'en sais rien. En tout cas, pour les traitements médicaux, ça ne l'était pas. Je parle par expérience parce que j'ai commencé à pratiquer comme médecin de campagne en Nouvelle-Angleterre en l'an 1922. Ca paraît une éternité, n'est-ce pas ? Fichtre, ça fait une éternité ! Je reconnais pourtant que c'était mieux pour une chose : le mystère. Le vrai et honnête mystère qui frappe les gens ordinaires comme vous et moi. J'ai lu de nombreux romans à énigme de l'époque, mais ils n'étaient en rien comparables à quelques unes des aventures que j'ai moi-même vécues..."

C'est en ces termes que le Dr Sam Hawthorne est entré un jour dans la mythologie des grands pourfendeurs de mystères. C'était en décembre 1974 dans les pages de Ellery Queen's Mystery Magazine. Et depuis cette date, le "Dr Sam", comme l'appellent familièrement la majorité de ses concitoyens, n'a cessé d'être confronté à quantité d'événements incroyables et de phénomènes miraculeux.

Edward Dentiger Hoch avait-il alors à l'esprit que ce nouveau personnage allait devenir l'un des plus populaires auprès de ses lecteurs ? Pouvait-il s'imaginer que, vingt-deux ans plus tard, le Dr Sam aurait déjà à son actif plus de cinquante exploits, tous plus surprenants les uns que les autres ? Certainement pas. Aucun auteur ne peut prédire, à leur création, quelle sera la destinée des héros sortis de son imagination : leur vie est sans cesse bouleversée par les mêmes incertitudes, les mêmes hasards qui président à notre propre destinée. Quoi qu'il en soit, le Dr. Sam Hawthorne ne croyait sans doute pas si bien dire lorsqu'il parlait d'énigmes "en rien comparables" à celles qu'il avait eu l'occasion de découvrir lui-même dans les romans de l'époque.

Désormais à la retraite, ce médecin évoque donc ses souvenirs vieux de plus d'un demi-siècle, devant un visiteur anonyme - Edward D. Hoch lui-même ? -après lui avoir proposé tout aussi rituellement un verre de brandy ou une petite libation... Un style d'introduction qui rappelle les fables du truculent Mr Jorkens de Lord Dunsany ou, plus encore, les causeries de Carnacki, le chasseur de fantômes de William Hope Hodgson.

Car, à ses heures, le Dr Sam est aussi un chasseur de fantômes. Et les problèmes qui se posent à lui périodiquement se rattachent pour leur majorité à l'intrusion de l'irrationnel et du miracle dans la vie quotidienne de la paisible petite localité où il a élu domicile (...)

De son propre aveu, Edward D. Hoch s'est pris au jeu. Son ambition était d'abord de soumettre à son héros quelques problèmes de crimes en chambre closes avec toutes les innovations possibles : le local entièrement fermé de l'intérieur, la victime que l'on surveillait et dont nul ne s'est approché, le poison que personne n'a pu faire ingérer au défunt, la disparition en terrain entièrement découvert sans cachette possible, etc. En variant tout autant le décor : un pont couvert, un clocher d'église, un simple isoloir, la réception d'un hôtel, une grange, un pavillon de chasse environné de neige fraîche. Puis il s'astreint à relever de nouveaux défis et, petit à petit, la série est devenue une sorte de catalogue de contingences miraculeuses, de phénomènes inexpliqués dont Edward D. Hoch met un point d'honneur à proposer une explication rationnelle. Il accueille d'ailleurs avec bonne volonté les suggestions de ses relations et amis. Et c'est ainsi qu'il s'est orienté vers cette exploration méthodique. On jugera de la variété des problèmes posés par ces quelques exemples : la stupéfiante énigme médicale d'un homme mort d'une balle dans le cœur alors... que son corps ne porte aucune blessure apparente ! Le phénomène de la combustion spontanée, un nouveau mystère de la "Mary Céleste", la bilocation, une randonnée avec un fantôme que personne n'a vu sauf le Dr Sam qui l'accompagnait.

Le choix des quinze nouvelles composant le présent recueil repose sur trois critères : 1/ la qualité des problèmes posés et l'ingéniosité qui préside à leur résolution ; 2/ la variété des situations offertes à la sagacité du lecteur ; 3/ La continuité temporelle enfin, pour montrer combien la série est ancrée dans l'actualité politique et sociale de l'entre-deux guerres.

Jusqu'à ce jour, cinq nouvelles seulement de la désormais célèbre série d'Edward D. Hoch avaient fait l'objet d'une traduction française. Cette première anthologie est un projet longuement médité qui attendait son heure pour captiver un nouveau public et célébrer le retour de l'énigme dans la littérature policière." (Roland Lacourbe)

Mon avis sur le recueil : 

"Au cœur des années soixante-dix, la bonne vieille énigme du crime en local clos était un art en voie de disparition. C'est donc délibérément qu'Edward D. Hoch décida de tenter de la remettre au goût du jour. Et, de fait, où qu'il se trouve et quoi qu'il fasse, le Dr Hawthorne semble attirer des problèmes de ce genre par sa seule présence... A tel point que Frédéric Dannay (Ellery Queen) avait suggéré de faire entrer Northmont dans le Livre Guiness des Records au titre de "capitale des crimes en chambres closes"... Après vingt ans, elle peut à coup sûr y figurer avec plus de cinquante cas répertoriés." (Roland Lacourbe)

Il y a deux sortes de fantastiques : le réalisme fantastique (Dracula de Bram Stocker) dans lequel, il n'y a pas d'hésitation herméneutique parce que les phénomènes surnaturels sont présentés comme réels et le fantastique dans lequel les phénomènes évoqués relèvent d'une double interprétation surnaturelle ou rationnelle, sans que le lecteur puisse trancher (La Vénus d'Ille de Mérimée, le Horla de Maupassant). 

Edward D. Hoch, cependant, évite scrupuleusement de franchir la ligne rouge qui sépare la nouvelle fantastique de la nouvelle policière. Si les énigmes semblent relever du surnaturel, la résolution, elle, est strictement rationnelle. Il n'y a donc jamais d'hésitation herméneutique irrésolue. Toute la question est de savoir comment "diable" l'auteur va réussir à expliquer l'inexplicable.

Quinze histoires, quinze énigmes toutes plus ingénieuses les unes que les autres, authentiques tours de magie ou véritables tours de force, choisies parmi les cinquante-deux histoires de crimes impossibles du docteur Sam Hawthorne. Edward D. Hoch figure, dans mon panthéon personnel aux côtés des très grands auteurs de romans ou de nouvelles à énigmes : John Dickson Carr, SS Van Dine, Ellery Queen, Jacques Futrelle, l'auteur de L'énigme de la cellule 13, qui a inspiré l'une des nouvelles de ce recueil, sans oublier le petit nouveau dans le club des spécialistes de crimes en chambre closes, Paul Halter.

 

 

 

 

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