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Guy Bechtel & Jean-Claude Carrière, Dictionnaire de la bêtise, Le Livre des Bizarres
Guy Bechtel & Jean-Claude Carrière, Dictionnaire de la bêtise, Le Livre des Bizarres

Guy Bechtel & Jean-Claude Carrière, Dictionnaire de la bêtise et des erreurs de jugement suivi du Livre des Bizarres, Bouquins, Robert Laffont, 1981 et 1991

Sommaire : Préface à l'édition commune, par Guy Bechtel et Jean-Claude Carrière - Dictionnaire de la Bêtise et des erreurs de jugement - Eloge de la bêtise, préface de Guy Bechtel et Jean-Claude Carrière - A à Z - Le Livre des Bizarres : Eloge de la bizarrerie, préface de Guy Bechter et Jean-Claude Carrière A à Z - Bibliographie

"Guy Bechtel est romancier et historien. Il s’est attaché à décrire les grandes peurs qui accompagnèrent le passage du Moyen Âge aux Temps Modernes et a travaillé sur l’histoire du livre dans Gutenberg et l’invention de l’imprimerie (1992) et le Catalogue des gothiques français (2008).

Jean-Claude Carrière, historien de formation, écrivain, dramaturge et scénariste, est surtout connu pour ses collaborations avec Pierre Étaix, Luis Buñuel, Milos Forman et Peter Brook, mais aussi avec le Dalaï-Lama.

Le Dictionnaire de la bêtise et des erreurs de jugement, publié en 1965 par Guy Bechtel et Jean-Claude Carrière, aux éditions Robert Laffont, contient des « galimatias, bévues et cacographies, des pensées déréglées et absurdes, des hypothèses plus ou moins hasardeuses touchant l'histoire universelle ou la biographie des personnes, à quoi l'on a ajouté un certain nombre de sottises, des folies ou imaginations de toutes sortes et plusieurs balivernes ».

Le but de cet ouvrage, explicité en préface, est de réhabiliter les bêtises proférées au cours de l'histoire en leur donnant la place qu'elles devraient occuper, car elles ont véritablement une place décisive dans la formation du savoir humain universel. Cette démarche s'inscrit dans une logique de contre-culture.

L'ouvrage contient 2 500 extraits de textes pour la première édition de 1965, et dans l'édition revue et augmentée de 1983, il contient 3 500 extraits, jusqu'aux années 1980.

Pierre Desproges y fait fréquemment référence au long de son œuvre."

Pourquoi cette nouvelle édition du Dictionnaire de la bêtise et du Livre des bizarres ? Parce que la bêtise ne s’arrête jamais et que des idiots se révèlent chaque jour, comme les génies – mais pas dans les mêmes proportions. Il faut en outre un certain temps pour les détecter, les regarder agir, les classer. Dans les précédentes éditions, il n’y avait ainsi aucun article concernant Sartre, Beauvoir, Aragon ou Claudel : rien sur les étrangetés ou absurdités réjouissantes qu’ils ont eux-mêmes proférées ni sur celles énoncées à leur propos.

Le Dictionnaire de la bêtise complété est un véritable sottisier, mais son ambition est bien plus grande. On y trouvera des textes simplement amusants, mais aussi et surtout des affirmations péremptoires, parfois odieuses, trahissant haine du modernisme, racisme, antisémitisme, xénophobie… Cette bêtise-là, dimension éternelle de l’esprit humain, a ce mérite de révéler, peut-être mieux que les textes dits « intelligents », ce que sont les mentalités d’une époque.

Corollaire du Dictionnaire de la bêtise, Le Livre des bizarres rappelle que nombre de grands esprits ont d’abord souvent passé pour des farfelus : Socrate et son démon, Rousseau vêtu en Arménien, Einstein lui-même, qui essayait parfois de vivre sans chaussettes… Là aussi, il fallait nourrir, mettre à jour, étendre aux maîtres du monde les plus récents : le président Jimmy Carter qui remplaçait nuitamment dans les couloirs de la Maison-Blanche les portraits de ses prédécesseurs par le sien, tel dictateur du Turkménistan qui interdisait à son peuple d’être malade et qui avait supprimé la tuberculose par décret… Sans parler des dirigeants iraniens qui obligent les championnes de ping-pong à porter le tchador dans les compétitions internationales, et de beaucoup de bizarreries fondamentalistes dans nos propres religions occidentales. Le sujet n’est pas clos ! (source : Babelio)

Dictionnaire de la bêtise, extraits :

Abeilles. On leur a beaucoup prêté : l'odeur des écrevisses, si l'on en fait cuire dans le voisinage, les fait mourir (Pline, Histoire naturelle, 78 après J.C.)

Académie des inscriptions et Belles-Lettres. a des loisirs : L'académie des Inscriptions et Belles-Lettres, qui est à l'Académie française ce que l'accordéon est à la musique, a levé la séance parce qu'elle n'avait rien à faire (Le Journal, 26 août 1900)

Accouchement sans douleur. Nettement satanique : Appris une curieuse monstruosité. Il y a des femmes qui se font endormir pour échapper aux douleurs de l'enfantement. Cela me rappelle la grande dame du XVIIIème siècle qui se soûla pour mourir. Mais cette nouveauté est peut-être plus démoniaque (Léon Bloy, Journal, 27 juin 1908)

Acte sexuel. Les communistes ne sont pas moins exigeants que le catholicisme : sans conscience de classe, l'acte sexuel ne peut pas apporter de satisfaction, même s'il est répété à l'infini. (Aldo Brandiralli, secrétaire du Parti marxiste-léniniste italien, cité in Cerf et Navasky, Paroles d'experts, Acropole, 1989)

Acteurs. Condamnés au vice : Et l'exemple des comédiens et des comédiennes dont l'état, excepté à Athènes, a toujours été en déshonneur à cause de la vie licencieuse dont il lui est si difficile de se garantir, ne sera pas une peste dans la république ? La femme qui se montre sur ces tréteaux n'a-t-elle pas déjà perdu la pudeur, et, dans les imitations de la scène, la jeune fille peut-elle rester vertueuse ? (Abbé Le Noir, Dictionnaire des harmonies de la raison et de la foi, article Spectacles, 1856)

Adam. De sa barbe : Le père du genre humain eut une barbe dès le premier instant de son existence. Tous les hommes, avant le déluge, en avaient aussi. (Justini Valerianus Vannetti, Barbalogia sive dissertatio de Barba, Roveredo, 1760 (réponse à un ouvrage de Van Helmont, pour qui Adam avait été crée sans barbe)

Aggiornamento. Un progrès à l'étude. Madame la Supérieure du couvent du Père-Eternel sollicite l'autorisation de construire des water-closet sur le Loch avec communication dans la propriété du Père-Eternel. Cette question est soumise à l'étude d'une commission (Le Nouvelliste de Lorient, 10 avril 1918)

Autant en emporte le vent. Rien d'intéressant : "Laisse tomber, Louis. Jamais un film sur la guerre de Sécession n'a fait un sou." (Irving Thalbert, administrateur de la MGM déconseillant à Louis B. Meyer d'acheter les droits de ce roman)

Automobile. Qui s'en souviendra ? : Dangereuse, puante, inconfortable, ridicule assurément, vouée à l'oubli rapide, telle est la voiture automobile qu'en Allemagne MM. Benz et Daimler viennent de présenter au kaiser Guillaume." (Georges Clemenceau, La Justice, 1882, cité in D. de Rougemont, L'avenir est notre affaire, 1977)

Aviation. C'est chose impossible : Il a été démontré par l'inutilité de mille tentatives qu'il n'est pas possible qu'une machine, mise en mouvement par ses propres ressorts, ait assez de force pour s'élever et se soutenir dans l'air." (M. de Marles, Les Cent Merveilles des sciences et des arts, 1847)

Billes. Avant toute chose : Pour que les billes aient une rotation normale, il est nécessaire qu'elles soient rondes. (Jules Arnous de Rivière, Traité populaire du jeu de billard, 1891)

Cinéma. Muet ou parlant, il n'a pas d'avenir : Il (Louis Lumière) veut nous faire croire que son "cinématographe" pourrait divertir, à la rigueur même remplacer les spectacles et la vie des artistes sur scène. Que tout cela est fâcheux et ridicule ! Pourquoi ne pas interdire aussitôt ces vagues inventions qui, de toutes façons, disparaissent au bout de quelques mois ? (Ludovic Halévy, vers 1886, cité in D. de Rougement, L'avenir est notre affaire, Stock, 1977)

Un opinion récente qui n'est pas dans le livre : Aristote. Le peu de valeur de ses écrits. Les écrits d’Aristote, connus et enseignés depuis longtemps dans les écoles de Cordoue et de Séville, furent introduits en France en 1215 par un Espagnol nommé Maurice. La Métaphysique d’Aristote inspira de l’inquiétude à l’Église, qui commença par la condamner au feu ; il fut défendu de la transcrire, de la lire, et même de la garder, sous peine d’excommunication. Un siècle plus tard, les prêtres, plus éclairés, s’aperçurent qu’Aristote n’était pas aussi contraire à la théologie qu’ils l’avaient cru d’abord ; alors ils en recommandèrent et en imposèrent même l’étude. Cela prouve le peu de valeur des écrits de ce philosophe.

 

 

 

 

 

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