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Etienne Klein, En cherchant Majorana

Etienne Klein, En cherchant Majorana. Le physicien absolu, Gallimard/folio, 2013

Table :

Prologue. Miracle à l'italienne - 1. Tout s'est joué aux frontières - 2. Entre l'eau et le feu - 3. "I ragazzi di via Panisperna" - 4. L'œil sur l'invisible - 5. Calculs au bois dormant - 6. La boîte nucléaire s'entrouvre - 7. Transition de phase sur les rives de l'Elster - 8. Le repli et le sursaut - 9. Voir Naples et disparaître - 10. Tragédie quantique - En guise d'épilogue. Petite métaphysique de l'évasion - Remerciements - Annexes : I. Les échos contemporains de Majorana - II. Majorana et la bombe atomique - Bibliographie.

Ettore Majorana :

(Catane, Sicile, 5 août 1906 – présumé mort après 1952) est un physicien italien. Il est surtout connu pour ses travaux en physique des particules, avec des applications particulières de la théorie des neutrinos. Sa disparition soudaine et mystérieuse, au printemps de 1938, a suscité de nombreuses spéculations sur un possible suicide en mer Tyrrhénienne, ou sur une disparition volontaire.

Etienne Klein :

Physicien, docteur en philosophie des sciences, Etienne Klein a crée et dirige le Laboratoire de recherches sur les sciences de la matière du CEA (Commissariat à l'Energie Atomique). Il a écrit plusieurs ouvrages de réflexion sur la physique, notamment Les tactiques de Chronos (2003, prix "La science se livre") et Discours sur l'origine de l'Univers (2010). En cherchant Majorana. Le physicien absolu a été élu Meilleur Livre 2013 dans la catégorie "sciences" par le magazine Lire.

Quatrième de couverture :

"Ettore Majorana m'est "tombé dessus" lorsque je commençais mes études de physique. A lui seul il est la contradiction la plus radicale qui fût jamais apportée à tout ce qui est ordinairement considéré comme ordinaire chez les physiciens. Il est une singularité pure. 

Ce théoricien fulgurant a surgi dans l'Italie des années vingt, au moment où la physique venait d'accomplir sa révolution quantique et de découvrir l'atome. En 1937, il publia même un article prophétique dans lequel il envisage l'existence de particules d'un genre nouveau, qui pourrait résoudre la grande énigme de la matière noire.

Ce jeune homme maigre, aux yeux sombre et incandescents, était considéré comme un génie de la trempe de Galilée. Mais de tels dons ont leur contrepoids : Majorana ne savait pas vivre parmi les hommes, et c'est la pente pessimiste et tourmentée de son âme qui finit par l'emporter. A l'âge de trente-et-un ans, il décida de disparaître et le fit savoir. Une nuit de mars 1938, il embarqua sur un navire qui effectuait la liaison Naples-Palerme et de volatilisa. Son corps ne fut jamais retrouvé."

Extrait du prologue : 

"Né en 1900, Majorana a été un théoricien fulgurant, prophétique à ses heures. Ses travaux ont porté sur les particules élémentaires, les forces nucléaires et l'antimatière. Certains ne furent compris que dans les années soixante. D'autres sont encore à déchiffrer. Cet authentique génie, de la trempe de Galilée et de Newton, avait des "dons qu'il était le seul au monde à posséder à son époque", disait de lui le Prix Nobel de physique Enrico Fermi, qui l'a bien connu.

Personnalité complexe, à l'intelligence prodigieuse, Majorana est insaisissable. Alors comment, trois quarts de siècle après sa disparition, tenter d'entendre la leçon de Montaigne et "pénétrer les profondeurs opaques des replis internes de (cet) esprit" ? Au début, on pense utiliser des procédés qu'on a éprouvés : relire des documents qu'on a rassemblés pendant des années, les notes qu'on a consignées sur de petits carnets, laisser venir, puis jeter un œil sur les premières phrases - quel cambouis ! On se sent forcément un peu ridicule. Alors on se remet au travail patiemment. Mais, lorsque le sujet est Majorana, les choses se passent autrement : à mesure que le dossier s'épaissit, le risque augmente de ne jamais commencer vraiment, par scrupules, par inhibition devant l'envergure du scientifique, et parce que l'énigme de sa disparition, qui a fait couler tant d'encre en Italie, est polarisante et confondante : il se serait suicidé en se jetant dans la mer ; retiré dans un monastère de Calabre ; serait parti en Argentine ; il aurait même été enlevé ou assassiné par les nazis. Les hypothèses s'affrontent, difficiles à départager. On se dit aussi qu'il faudrait rencontrer des membres de sa famille, fouiller les archives, dans l'espoir qu'à la fin on comprenne un peu mieux. Et, bien sûr, on a mille et une raisons de procrastiner..."

 

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