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C.G. Jung, Mysterium conjunctionis, tome 1
C.G. Jung, Mysterium conjunctionis, tome 1

Carl Gustav Jung, Mysterium conjunctionis, Etudes sur la séparation et la réunion des opposés psychiques dans l'alchimie, avec la collaboration de Marie-Louise von Franz, Tome 1, traduit de l'allemand par Etienne Perrot, Editions Albin Michel

Sommaire :

Avant-propos - préface de C.G. Jung - I. Les composants de la conjonction : Les opposés - la quaternité - L'orphelin et la veuve - Alchimie et manichéisme - II. Les paradoxes : La substance mystérieuse et le point - Scintilla - L'énigme de Bologne - III. Les personnifications des opposés : Introduction - Sol - Sulphur - Luna - Sal

L'auteur : 

"Ma vie est l'histoire d'un inconscient qui a accompli sa propre réalisation."

C.G Jung est né à Kesswil, dans le canton de Thurgovie, en Suisse, le 26 juillet 1875. Citoyen de Bâle, il y fait ses études de médecine, qu'il oriente vers la psychiatrie et qu'il complète à l'étranger, notamment à Paris. Chargé de cours dès 1900 à l'université de Zurich, il renonce pourtant à un brillant avenir professoral qui eût été brillant, pour se consacrer à sa clientèle d'analyste et à ses recherches psychologiques, mythologiques et linguistiques - il n'assurera plus tard que quelques cours, en particulier à l'école polytechnique de Zurich et à la faculté de médecine de Bâle, durant la seconde Guerre mondiale, où il enseignera la psychologie médicale.

En 1904, il crée à Zurich un laboratoire de psychopathologie expérimentale. Il prend très vite parti en faveur de Freud, dont l'intéressent, surtout, les travaux sur l'hystérie et les rêves. Ce sont les doutes nourris par Jung sur les théories sexuelles de Freud et son attitude envers la psychologie et la mythologie comparées qui causeront la rupture de leur amitié, longtemps profonde.

Dès le début du siècle, C.G. Jung multiplie les publications - une trentaine d'ouvrages, plus de cent commentaires, préfaces, textes divers, etc. Une partie de ses travaux comparatifs a été précédée ou accompagnée par des séjours en Afrique du Nord, dans le monde arabe (1920), chez les Indiens Pueblos, au Kenya et en Ouganda (1925), en Inde (1938).

Marié et père de cinq enfants, C.G. Jung s'est retiré dans ses dernières années dans la partie haute du lac de Zurich, dans la fameuse tour de Bollingen. C'est là, au printemps 1957, qu'il commence à rédiger lui-même, ou de raconter à sa collaboratrice, ce qui constituera Ma Vie. Il meurt quatre ans plus tard, en juin 1961.

Quatrième de couverture :

"L'alchimie a fourni à C.G. Jung "la forme lui permettant de modeler et de communiquer ses expériences dans la ligne d'une tradition historique de l'Occident" (M.-L. von Franz). Mysterium conjunctionis est le fruit le plus pur de ces épousailles. L'auteur, couronnant son œuvre, y présente le trésor ramené de son dialogue avec les anciens grimoires, inlassablement poursuivi au long d'un quart de siècle.

Mais, chez le médecin-philosophe de Küsnacht, le passé n'est là que pour confirmer, étayer et éclairer le présent. On doit rappeler à ce sujet les termes qu'il utilise, dans Ma vie, pour caractériser son ouvrage : "Ce n'est qu'avec Mysterium conjunctionis que ma psychologie fut définitivement placée dans la réalité et reprise en sous-œuvre comme un tout, à l'aide de matériaux historiques." Et il ajoute : "Ainsi ma tâche était accomplie, mon œuvre faite, et maintenant elle peut tenir debout." Ce fier témoignage fait indiscutablement du Mysterium le testament de Jung, son chef-d'œuvre au sens médiéval du terme.

En le publiant, nous avons conscience de mettre entre les mains de quiconque se penche sur son propre mystère un élément de la "chaîne d'or" qui l'aidera à diriger sa marche et à en conjurer les périls.

Nous présentons aujourd'hui le premier tome de l'ouvrage où l'auteur étudie les grands symboles par lesquels les alchimistes désignent les "composants de la conjonction", ou "ingrédients du grand œuvre" : la substance mystérieuse, le soleil, les lune, le soufre, le sel."

Extrait de la préface :

Le présent ouvrage - mon dernier livre - fut commencé il y a plus de dix ans. L'occasion m'en fut fournie par un article de Karl Kérényi sur la Fête égéenne dans le Faust de Goethe. La Fête égéenne est, sans nul doute, inspirée des Noces chymique de Christian Rosencreutz qui, à leur tour, puisent leur origine dans le symbolisme alchimique traditionnel du mariage sacré (hiéros gamos). Je me sentis alors tenté de commenter l'article de Kérényi du point de vie de l'alchimie et de la psychologie, mais découvris bientôt que ce thème embrassait un cercle beaucoup trop vaste pour pouvoir être traité en quelques pages. J'ai eu beau me mettre rapidement au travail, il a fallu plus de dix ans pour que tout ce qui concerne ce problème central fût, autant que faire se peut, rassemblé et mis en forme.

Comme on le sait, j'ai montré dans mon livre publié en 1944 sous le titre Psychologie et alchimie comment certains thèmes archétypiques fréquents dans l'alchimie se rencontrent aussi dans les songes d'hommes modernes qui n'ont aucune connaissance de cet ordre. A cette occasion, j'ai plutôt indiqué que décrit avec les détails que la matière eût mérité la richesse des idées et des symboles qui gisent cachés dans les traités délaissés de cet "art", objet de bien des méprises. C'est que mon premier objectif était d'apporter la preuve que le monde des symboles alchimiques n'appartient pas définitivement, loin de là, aux décombres du passé, mais que, bien au contraire, il est relié, de façon la plus vivante, aux expériences et aux découvertes les plus récentes de la psychologie de l'inconscient. Il s'est en effet avéré non seulement que la psychologie moderne livre la clé du secret de l'alchimie, mais qu'inversement cette dernière fournit à la nouvelle science une base historique riche de signification. Une pareille entreprise ne pouvait être populaire dès l'abord ; aussi bien elle est demeurée la plupart du temps incomprise. L'alchimie était à peu près totalement inconnue comme philosophie de la nature et mouvement religieux et, en outre, la découverte moderne des archétypes était demeurée inaperçue ou tout au moins incomprise de la plupart. Plus d'un, à la vérité, les a tenus pour de purs phantasmes, alors que l'exemple connu des nombre entiers, qui ont été découverts plutôt qu'inventés, aurait dû les mettre en éveil, sans parler des patterns of behaviour de la biologie. Il existe de nombreux autres arrangements ou types naturels qui, tout comme les nombres ou les formes instinctives, entrent dans la catégorie bien connue des "représentations collectives" de Lévy-Bruhl. Ce ne sont pas là des spéculations métaphysiques, mais des symptômes normaux de l'unité de l'espèce Homo sapiens.

Il existe aujourd'hui une littérature si abondante et si variée décrivant les expériences psychothérapiques et la psychologie de l'inconscient que n'importe qui peut se familiariser avec les découvertes empiriques des doctrines régnantes. On ne peut pas en dire autant de l'alchimie dont les descriptions sont en général faussées par l'hypothèse erronée qui fait d'elle un simple précurseur de la chimie. Herbert Silberer est le premier qui ait tenté d'en pénétrer un aspect bien plus important, son côté psychologique, dans la mesure où l'outillage restreint dont il disposait alors rendait possible une telle entreprise (Herbert Silberer, (Problem der Mystik und ihrer Symbolik, 1914). Il est malaisé, en l'absence de travaux modernes et devant les difficultés non négligeables que l'on éprouve pour accéder aux sources, de se faire une représentation pertinente du problème de l'alchimie. C'est l'objet du présent ouvrage que de combler cette lacune (...)"

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