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Didier Decoin, Meurtre à l'anglaise
Didier Decoin, Meurtre à l'anglaise

Didier Decoin, Meurtre à l'anglaise, Mercure de France, collection folio policier, 1988 

L'auteur :

Fils du cinéaste Henri Decoin, Didier Decoin est né le 13 mars 1945. Après des études de Droit, il se consacre au journalisme puis entame une carrière de romancier et de scénariste. Il est notamment l'auteur de John L'Enfer (Seuil, prix Goncourt 1977), La femme de chambre du Titanic (Seuil, 1991), Est-ce ainsi que les femmes meurent ? (Grasset, 2009), Une Anglaise à bicyclette (Stock, 2011) et Le Bureau des Jardins et des Etangs (Stock, 2017). Il est élu en 1995 à l'Académie Goncourt dont il est l'actuel président. Il est en outre membre de l'Académie de marine et président des Ecrivains de Marine.

Quatrième de couverture :

"Dune Benton est retrouvée morte près de son somptueux cottage. Cette vieille dame anglaise richissime écrit des romans à l'eau de rose dans son île de Greenhill, en Ecosse. Son fils, sa belle-fille, sa secrétaire (russe et pilote d'avion), le fossoyeur, le gardien du phare, un ramasseur de varech et la ravissante Barbara sont autant de suspects aux yeux de l'inspecteur John William Sheen, dépêché par Scotland Yard. Mais au fond, la victime ne méritait-elle pas qu'on l'assassine ?"

Citations :

"Tant de gens, songeait l'inspecteur, aiment à subir la domination d'une autre personne : une souffrance consentie, parfaitement cernée et identifiée, agit comme une prière propitiatoire et vous protège de ces souffrances inconnues dont l'existence pullule et qui vous guettent, perchées autour de vous comme des vautours sur leurs arbres morts. Volontairement vexée et punie par Dune Benton durant deux mois d'été, Barbara s'imaginait peut-être échapper au malheur les dix autres mois de l'année."

"Si miss Benton avait commis des romans policiers au lieu de niaiseries hypocrites et burlesques qui ont fait sa fortune et sa gloire - si miss Benton avait été digne d'Agatha Christie et si j'avais moi-même été digne d'Hercule Poirot, et si en somme nous étions des personnages d'un de ces merveilleux romans qui sont une part de notre chère vieille Angleterre - Dieu sauve la Reine ! - , je ferais durer le plaisir en pointant l'index sur chacun et chacune d'entre vous, en tonnant : "C'est elle ! C'est lui ! Et je le prouve..." Et puis, l'ayant démontré, je me mettrais à glousser et j'ajouterais : "Eh ! Eh ! il en serait ainsi s'il n'en était pas autrement. L'assassin n'est pas celui (ou celle) que je viens de désigner : c'est son voisin (ou sa voisine)..."

"Mais Dieu me garde de vous infliger pareil traitement. je ne suis qu'un inspecteur de police, pas un auteur. Je n'ai pas à séduire un éditeur, des critiques, un public. Je n'ai de comptes à rendre qu'à la vérité et, accessoirement, à mon supérieur, l'Honorable Jeffrey Reginald Thompson de New Scotland Yard.

"Voici donc, sans plus de précautions oratoires, la vérité sur la mort de votre parente et amie, miss Dune Benton..." (p.239-240)

Mon avis sur le roman :

Prenez une île en Ecosse, battue par les vents et provisoirement coupée du monde, un village de pêcheurs sous une pluie diluvienne, des remugles de goudron, d'huile de moteur et de varech, un somptueux cottage envahi par les rhododendrons, la victime : une vieille dame indigne et richissime, adulée par les habitants de l'île, auteur à succès de romans à l'eau de rose "hypocrites et burlesques", une belle brochette de suspects : l'éditeur de la victime qui a fait fortune avec la vente des livres de la vieille dame, mais n'apprécie pas, mais pas du tout, la perversité provocatrice de son dernier manuscrit, un ramasseur de varech, un gnome, obsédé par le réglage synchronisé de ses 365 horloges (autant d'horloges que de jours dans l'année), un fils trop soumis (a-t-il caché le testament ?), une belle-fille révoltée, la secrétaire russe de la vieille dame, recruté  comme pilote d'avion, un fossoyeur, un gardien de phare qui ressemble à Quasimodo, la candeur en moins, un inspecteur de Scotland Yard qui a enfilé un ciré et un pull en laine et qui a la manie de tomber amoureux des suspectes, même dûment menottées, surtout quand elles sont ravissantes et maltraitées (un peu sadique sur les bords, notre inspecteur ?)... Ajoutez l'art de Didier Decoin de décevoir les attentes des lecteurs, mais pour mieux les surprendre et vous obtenez Meurtre à l'anglaise, un délicieux cocktail de suspense, d'ingéniosité et d'humour. 

 

 

 

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