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Epreuve anticipée de français  : explication d'un texte de Sylvie Germain (travail préparatoire)
Epreuve anticipée de français  : explication d'un texte de Sylvie Germain (travail préparatoire)

Vous traiterez, au choix, l’un des deux sujets suivants :

1- Commentaire (20 points) Objet d'étude : Le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle

Vous commenterez le texte suivant : Sylvie GERMAIN (née en 1954), Jours de colère, Chants, « Les frères », 1989

Situé dans un passé indéterminé, le roman de Sylvie Germain Jours de colère prend place dans les forêts du Morvan. Le texte suivant est extrait d’un chapitre intitulé « Les frères ». Il présente les neuf fils d’Ephraïm Mauperthuis et de Reinette-la-Grasse.

"Ils étaient hommes des forêts. Et les forêts les avaient faits à leur image. À leur puissance, leur solitude, leur dureté. Dureté puisée dans celle de leur sol commun, ce socle de granit d’un rose tendre vieux de millions de siècles, bruissant de sources, troué d’étangs, partout saillant d’entre les herbes, les fougères et les ronces. Un même chant les habitait, hommes et arbres. Un chant depuis toujours confronté au silence, à la roche. Un chant sans mélodie. Un chant brutal, heurté comme les saisons, - des étés écrasants de chaleur, de longs hivers pétrifiés sous la neige. Un chant fait de cris, de clameurs, de résonances et de stridences. Un chant qui scandait autant leurs joies que leurs colères. Car tout en eux prenait des accents de colère, même l’amour. Ils avaient été élevés davantage parmi les arbres que parmi les hommes, ils s’étaient nourris depuis l’enfance des fruits, des végétaux et des baies sauvages qui poussent dans les sous-bois et de la chair des bêtes qui gîtent dans les forêts ; ils connaissaient tous les chemins que dessinent au ciel les étoiles et tous les sentiers qui sinuent entre les  arbres, les ronciers et les taillis et dans l’ombre desquels se glissent les renards, les chats sauvages et les chevreuils, et les venelles (1) que frayent les sangliers. Des venelles tracées à ras de terre entre les herbes et les épines en parallèle à la Voie lactée, comme en miroir. Comme en écho aussi à la route qui conduisait les pèlerins de Vézelay vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Ils connaissaient tous les passages séculaires (2) creusés par les bêtes, les hommes et les étoiles. La maison où ils étaient nés s’était montrée très vite bien trop étroite pour pouvoir les abriter tous, et trop pauvre surtout pour pouvoir les nourrir. Ils étaient les fils d’Ephraïm Mauperthuis et de Reinette-la-Grasse."

1. Venelles : petits sentiers

2. Séculaires : qui existent depuis cent ans ou davantage

L'œuvre :

Ce texte est extrait de Jours de colère de Sylvie Germain :

"Dans les forêts du Morvan, loin du monde, vivent bûcherons, flotteurs de bois, bouviers, des hommes que les forêts ont faits à leur image, à leur puissance, à leur solitude, à leur dureté. Même l'amour, en eux, prend des accents de colère - c'est ainsi par excès d'amour que Corvol, le riche propriétaire, a égorgé sa belle et sensuelle épouse, Catherine, au bord de l'eau - et la folie rôde : douce, chez Edmée Verselay qui vit dans l'adoration de la Vierge Marie ; ou sous l'espèce d'une faim insatiable, chez Reinette-la-Grasse ; ou d'une extrême violence, chez Ambroise Mauperthuis qui se prend de passion pour Catherine, qu'il n'a vue que morte, et qui s'empare de son corps, puis des biens de Corvol, enfin des enfants de Corvol. Il finira par perdre sa petite-fille Camille, le seul être qu'il ait jamais aimé, par excès d'amour, encore."

L'auteur : 

"Née à Châteauroux en 1954, Sylvie Germain suit des études de philosophie à la Sorbonne, où elle reçoit l’enseignement d’Emmanuel Levinas, philosophe d’origine lituanienne. Elle se consacre à des recherches sur l’ascèse dans la mystique chrétienne, son sujet de maîtrise, et sur le visage humain, son sujet de doctorat. C’est sur les conseils de l’écrivain Roger Grenier qu’elle se lance dans l’écriture de son premier roman, Le livre des nuits, publié en 1984. Après un séjour en République tchèque, elle publie Jours de colère (Gallimard), récompensé par le prix Femina. Mais elle connaît le succès auprès du grand public en 2005, quand elle reçoit à Rennes le Goncourt des lycéens pour Magnus (Albin Michel). Le roman retrace l’étrange destin d’un jeune garçon à la recherche de ses origines après avoir été élevé par un médecin nazi. Cette romancière catholique, même si elle n’aime pas être étiquetée, dit écrire «dans la stupeur devant les Évangiles». Ses icônes familières sont Bernanos, Dostoïevski, Giono."

Le thème du passage : 

Le passage présente les fils d'Ephraïm Maupertuis et de Reinette-la-Grasse, façonnés par la nature, remplis de dureté et de colère.

Le genre du texte :

Le texte est extrait d'un roman de Sylvie Germain, Jours de colère. Le passage se situe au début du roman (incipit). Il évoque les principaux personnages, l'époque ("dans un passé indéterminé" et le cadre du récit : les forêts du Morvan.

Les registres : 

Le passage comporte un mélange de réalisme, de merveilleux de contes de fées et de fantastique.

Le point de vue narratif :

Le point de vue est externe, les personnages sont décrits d'un point de vue externe celui de l'auteur et omniscient : l'auteur semble tout savoir des personnages.

Les types de textes :

Le texte est essentiellement descriptif : "Ils étaient hommes des forêts. Et les forêts les avaient faits à leur image".

Les champs lexicaux : 

La nature : "forêts" "sol", "granit d'un rose tendre vieux de millions de siècles", "sources" (bruissant de sources), étangs "troués d'étangs", "herbes", "fougères", "ronces", "arbres", "roche", "saisons", "étés" "hivers", neige", "fruits, végétaux", "baies sauvages", "sous-bois", "sous-bois", "bêtes", "chemins", "étoiles", "sentiers", "ronciers", "taillis", "renards", "chats sauvages", "chevreuils", "venelles", "sangliers", " à ras de terre", "herbes", épines", "Voie lactée".

Le chant : "chant" ("un même chant les habitait"), "bruissant" ("bruissant de sources"), "silence", "mélodie" ("sans mélodie"), "chant brutal, heurté", "cris", "clameurs", "résonances", "stridences"

La pauvreté : " trop étroite", "trop pauvre"

 La religion : "pèlerins", "Saint-Jacques-de- Compostelle"

Les figures de style :

Enumérations : "leur puissance, leur solitude, leur dureté", "bruissant de sources", "troué d'étangs, partout saillant d'entre les herbes", les fougères et les ronces", "les renards, les chats sauvages et les chevreuils"

Anaphores : "Un chant depuis toujours confronté au silence, à la roche. Un chant sans mélodie. Un chant brutal, heurté comme les saisons (...) Un chant qui scandait autant leurs joies que leurs colères". "et les venelles que fraient les sangliers. Des venelles tracées à ras-de-terre..."

Hyperboles : "vieux d'un million de siècles", "un chant depuis toujours confronté au silence", "ils connaissaient tous les passages séculaires creusés par les bêtes, les hommes et les étoiles", "Car tout en eux prenait des accents de colère, même l'amour"

Comparaison : "un chant brutal, heurté comme les saisons"

Personnification : "un chant qui scandait autant leurs joies que leurs colères"

Oxymore : "un chant sans mélodie".

Parallélisme : "Des venelles tracées à ras de terre entre les herbes et les épines en parallèle à la Voie lactée, comme en miroir. Comme en écho aussi à la route qui conduisait les pèlerins de Vézelay vers Saint-Jacques-de-Compostelle"

Métonymie : "la maison où ils étaient nés s'était montrée très vite bien trop étroite pour pouvoir les abriter tous, et trop pauvre surtout pour pouvoir les nourrir"

Hyperbate : "Ils étaient hommes des forêts..."Ils étaient les fils d'Ephraïm Maupertuis et de Reinette-la-Grasse".

Les temps et leurs valeurs d'aspect :

Imparfaits : "iles étaient", "un même chant les habitait", "un chant qui scandait autant leurs joies que leurs colères", "prenait", "ils connaissaient tous les chemins", "qui conduisait les pèlerins", "ils connaissaient tous les passages séculaires", "ils étaient les fils d'Ephraïm Maupertuis et de Reinette-la-Grasse".

Plus-que-parfaits : les forêts les avaient faits à leur image", "ils avaient été élevés davantage parmi les arbres que parmi les hommes", "ils s'était nourris depuis l'enfance", "la maison où ils étaient nés" s'était montrée bien vite trop étroite"

Présents d'habitude : "qui poussent dans les sous-bois", "qui gîtent dans les forêts", que dessinent au ciel les étoiles", "qui sinuent entre les arbres", "dans l'ombre desquels se glissent les renards", "que fraient les sangliers".

Structure des phrases :

Majorité de propositions indépendantes en asyndète (absence de conjonctions de coordination ou de subordination).

Connecteurs spatiaux :

"dans celle de leur sol commun", "sous la neige", "ils avaient été élevés davantage parmi les arbres que parmi les hommes", "dans les sous-bois", "dans les forêts", "entre les arbres", "dans l'ombre", "à ras de terre", "entre les herbes et les épines", "en parallèle à la Voie lactée", "où ils étaient nés"

 Connecteurs temporels : 

"depuis toujours confronté au silence", "depuis l'enfance"

Types de phrases :

Phrases déclaratives

Les modalisateurs : 

"leurs puissance, leur solitude, leur dureté", "granit d'un rose tendre", "vieux de plusieurs siècles", "un chant sans mélodie", "un chant brutal, heurté comme les saisons", "des étés écrasants de chaleur, "de longs hivers pétrifiés sous la neige", "car tout en eux prenait des accents de colère même l'amour", "Ils connaissaient tous les chemins", "ils connaissaient tous les passages séculaires creusés par les bêtes, les hommes et les étoiles". "trop étroite" "trop pauvre".

Le plan du texte : 

Depuis : "Ils étaient hommes des forêts",  jusqu'à : "Un chant qui scandait autant leurs joies que leurs colères" : des hommes durs, façonnés par la nature.

Depuis : "Car tout en eux prenait des accents de colère" jusqu'à "ils connaissaient tous les passages séculaires creusés par les bêtes, les bêtes, les hommes et les étoiles" : des fils de la colère, qui connaissent tout de leur environnement.

Depuis "la maison où ils étaient nés jusqu'à la fin : La famille humaine des personnages. 

Introduction :

Ce texte est extrait des premières pages (incipit) de Jours de colère de Sylvie Germain, publié en 1989.

Dans les forêts du Morvan, loin du monde, vivent bûcherons, flotteurs de bois, bouviers, des hommes que les forêts ont faits à leur image, à leur puissance, à leur solitude, à leur dureté. Même l'amour, en eux, prend des accents de colère.

Le passage présente les fils d'Ephraïm Maupertuis et de Reinette-la-Grasse, façonnés par la nature, marqués par la dureté et la colère. 

L'intrigue se situe "dans un passé indéterminé", dans les forêts du Morvan.

En quoi les personnages sont-ils présentés moins comme des êtres humains que comme des forces élémentaires ?

Nous étudieront la manière dont l'auteur assimile les personnages à des éléments de la nature, puis la mise en valeur de leur habilité pratique et enfin ce qui en fait des personnages de conte de fées. 

 

 

 

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