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André Maurois, A la recherche de Marcel Proust
André Maurois, A la recherche de Marcel Proust

André Maurois de l'Académie française, A la recherche de Marcel Proust avec de nombreux inédits, préface de Jean Dutour, Hachette, 1949, 1985 pour la préface. Nouvelle édition : Hachette, préface de Jacques de Lacretelle.

Table des matières : Note liminaire - Chapitre premier : L'enfance et la vocation - Chapitre II : le Lycée, le monde, le régiment - Chapitre III : Les premiers écrits - Chapitre IV : la fin de l'enfance - Chapitre V : Entrée en littérature  (1906-1912) - Chapitre VI : La Recherche du temps perdu - Chapitre VII : La recherche du temps perdu (II) : Les passions de l'amour - Chapitre VIII : La recherche du temps perdu (III) : l'humour - Chapitre IX : Où l'amateur devient un maître - Chapitre X : Le temps retrouvé - Bibliographie - Index des noms cités.

L'auteur :

André Maurois, pseudonyme d’Émile Salomon Wilhelm Herzog, né le 26 juillet 1885 à Elbeuf et mort le 9 octobre 1967 à Neuilly-sur-Seine, est un romancier, biographe, conteur et essayiste français.

Extrait de la préface (quatrième de couverture) :

"L'histoire de Marcel Proust, telle qu'André Maurois l'a écrite, représente par rapport à la méthode de Sainte-Beuve une révolution copernicienne dans la biographie littéraire. C'était tout simple, mais il fallait beaucoup d'intelligence alliée à beaucoup d'humilité pour soupçonner cette révolution, l'entreprendre, la réussir. L'intelligence consistait à observer à fond le modèle, à tout comprendre de lui, jusqu'aux choses apparemment les plus insignifiantes, l'humilité à n'appliquer aucun système, aucune théorie critique. Puisque Proust lui-même avait établi que la vie d'un auteur n'explique rien de son œuvre et qu'il n'y avait pas à revenir là-dessus, il convenait d'adopter docilement un autre point de vue. Lequel ? Le point de vue inverse, pardi ! Tout alors devenait lumineux : si, chez les artistes, la vie n'explique pas l'œuvre, c'est que l'œuvre, peut-être, explique la vie..." (Jean Dutour)

Extrait : 

"Ici se termine notre recherche. Nous avons tenté de retrouver l'histoire d'un homme qui, avec un courage héroïque, a cherché la vérité à travers l'extase ; qui s'est heurté à l'indifférence des hommes, au mystère des choses et surtout à ses propres faiblesses ; mais qui, ayant choisi de renoncer à tout pour délivrer les images captives, a vu, entre quatre murs nus, dans la solitude et le jeûne, dans la douleur et le travail, s'ouvrir enfin la seule porte à laquelle avant lui nul écrivain n'avait frappé, et nous a révélé, dans notre propre cœur, et dans les objets les plus humbles, un monde si beau que l'on peut dire de lui ce que lui-même disait de Ruskin : "Mort, il continue à nous éclairer comme ces étoiles éteintes dont la lumière nous arrive encore", et c'est "par ces yeux fermés à jamais au fond du tombeau que des générations qui ne sont pas encore nés verront la nature."

A commencement avait été Illiers, une petite ville aux confins de la Beauce et du Perche, où quelques Français se serraient autour d'une vieille église encapuchonnée sous son clocher ; où un enfant nerveux et sensible lisait, les beaux après-midi du dimanche, sous les marronniers du jardin, François le Champi ou le Moulin sur la Floss ; où il entrevoyait à travers une haie d'aubépines roses, des allées bordées de jasmin, de pensées et de verveines, et restait immobile, à regarder, à respirer, à tâcher d'aller avec sa pensée au-delà de l'image ou de l'odeur. "Certes, quand ils étaient longuement contemplés par cet humble passant, par cet enfant qui rêvait, ce coin de nature, ce bout de jardin n'eussent pu penser que ce serait grâce à lui qu'ils seraient appelés à survivre en leurs particularités les plus éphémères" et pourtant, c'est son exaltation qui a porté jusqu'à nous le parfum de ces aubépines mortes depuis tant d'années, et qui a permis à tant d'hommes et de femmes, qui n'ont jamais vu et ne verront jamais la France, de respirer en extase, à travers le bruit de la pluie qui tombe, l'odeur d'invisibles et persistants lilas. Au commencement était Illiers, un bourg de deux mille habitants, mais à la fin était Combray, patrie spirituelle de millions de lecteurs, dispersés aujourd'hui sur tous les continents et qui demain s'aligneront au long des siècles - dans le Temps."

 

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