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Il fut l'une des premières victimes de la guerre civile espagnole. Pendant les vingt années qui suivront sa mort, sous le régime du général Franco, le nom du poète demeurera tabou et son oeuvre interdite. Sa vie fut intense, brève et tragique, son nom est synonyme d'intelligence et de vie jaillissante. Il était la poésie incarnée, l'image radieuse de l'Espagne.

Pianiste, guitariste, conférencier, dessinateur, homme de théâtre, conteur, mime, Lorca fut également capable de chanter et d'harmoniser des chansons populaires avec une grande sensibilité...Il avait tous les dons. Son humour contagieux et ses crises de rire légendaires le rendaient irrésistible.

Révélatrice à cet égard est la nostalgie du critique américain Hershel Brickell qui reçut Lorca chez lui à Manhattan en 1929. Dix ans après l'assassinat du poète, il déclara : "Au cours d'une vie assez longue, j'ai côtoyé toutes sortes d'artistes, mais je n'ai jamais rencontré plus proche du génie à l'état pur que Lorca."

Cependant, derrière l'exubérance andalouse, peu de gens ont soupçonné la face mystérieuse, nocturne et lunaire de l'artiste dont les angoisses et les tourments secrets s'expriment dans les thèmes de la mort et de l'amour frustré. "Lorca était capable du plus grand bonheur du monde, mais comme tous les grands poètes, il n'était pas heureux. Ceux qui l'ont pris pour un oiseau chatoyant qui évoluait avec insouciance dans la vie le connaissaient bien mal", a dit de lui son ami Vincente  Alexandre dans une émouvante évocation écrite en 1937.

Pour Lorca, la poésie n'est pas un jeu de l'esprit, mais une quête existentielle. "Le mystère seul nous permet de vivre, le mystère seul." a écrit le poète au bas de l'un de ses énigmatiques dessins. Sa poésie nous fait pénétrer dans un univers "pré-logique" où la lune est souvent présente et où l'homme, qui n'est qu'un fil dans le tissu de la vie universelle, recherche désespérément la lumière du soleil.

A un ami qui lui demandait un jour de définir la poésie, Federico Garcia Lorca répondit : "Que dirais-je de la poésie ? Que dirais-je de ces nuages, de ce ciel ? Les voir, les voir, les voir...et rien de plus. Tu comprendras qu'un poète ne peut rien dire de la poésie. Laissons cette tâche aux critiques et aux professeurs. Mais ni toi, ni moi, ni aucun poète ne savons ce qu'est la poésie. La voici ; regarde : je porte le feu dans mes mains. Je comprends et je travaille avec lui, mais je ne peux pas en parler."






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