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(extrait d'une conférence de Monsieur Robert Guillot, professeur agrégé d'Histoire, spécialiste de l'Histoire du Moyen-Âge, donnée dans la salle des festins du palais Jacques Coeur en avril 2005 et qui renouvelle l'image que l'on se faisait jusqu'à présent du grand argentier de Charles VII. Cette conférence était organisée par l’association des amis de Jacques Cœur.)

 

Deux ans après avoir montré sur quels documents originaux avait été bâtie une histoire scientifique de l’argentier, Monsieur Robert Guillot a fait le point sur les interprétations que l’on peut faire à l’heure actuelle de la documentation disponible.

 

 Il apparaît en premier lieu que l’on n'a pas pleinement pris la mesure des difficultés rencontrées par un homme du centre du royaume pour s’introduire dans les affaires méditerranéennes dominées par les Gênois et les Vénitiens. S’assurer de la neutralité de ces "rois des mers", obtenir l’appui du pape, du roi de France, du roi d’Aragon et l’accord du sultan d’Alexandrie, tout cela exigeait un courage, une persévérance et une habileté diplomatique hors pair.

 

En ce qui concerne le procès intenté à Jacques Cœur "pour crime de lèse-majesté",  il importe, selon Monsieur Robert Guillot, de placer au premier plan la volonté de Charles VII de remettre de l’ordre dans les affaires publiques plutôt que le désir de s'emparer de ses biens.

 

S’agissant cependant de l’affaire Agnès Sorel, qu’il s’agisse d’un empoisonnement criminel comme le prétendait Jeanne de Vendôme ou résultant d’un médication mal dosée à base de mercure ( selon l’hypothèse de Monsieur Charlier, directeur du CHU de Lille),  aucune charge ne fut imputée à Jacques Coeur, au grand dam du capitoul de Toulouse, Otto Castellani, son successeur à l'Argenterie, dont le rôle déterminant joué au cours du procès a été largement souligné.

 

Il est possible de proposer un portrait physique un peu oublié : celui qu’a réalisé en 1941 le peintre Lucien Jonas et qui figurait sur les billets de banque de l‘époque. S’il est vrai qu’"un Jacques Cœur peut en cacher un autre", la figure d’un patriote attaché à la France et à son roi, vient compléter ainsi les images de grand entrepreneur er de grand commis retenues par les spécialistes.

 

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