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 En 1838, pour tenter de rétablir la santé défaillante de Chopin et soigner son fils Maurice, issu de son mariage avec Casimir Dudevant, George Sand les emmena tous les deux, ainsi que sa fille Solange, sur l’île de Majorque, au sud de l’Espagne. Ils trouvèrent à se loger dans le cadre pittoresque mais insalubre de la Chartreuse de Vallldemosa, un ancien monastère à moitié en ruines. Si le séjour fut profitable à George Sand et à ses enfants, il se transforma en revanche pour Chopin, dont la santé se dégrada rapidement, en raison du climat humide de l’île en hiver, en un véritable calvaire.


Les pluies torrentielles moisissent les murs et les chambres sont presque impossibles à chauffer. Chopin, atteint d’une maladie que l’on n’appelait pas encore « tuberculose », mais « phtisie », dont il mourra en 1848 et que l’on ne savait pas encore soigner, tousse et crache le sang. Le cadre étrange de la Chartreuse suscite en lui des impressions pénibles et jusqu’à des hallucinations. Les habitants de Majorque, effrayés par la maladie de Chopin et prévenus contre George Sand, les tiennent à l’écart.


C'est pourtant au milieu de ce calvaire que le musicien trouva la force d'achever ses admirables "Préludes".


« Ce sont des chefs d’œuvres écrit George Sand…plusieurs présentent à la pensée des visions de moines trépassés et l’audition de chants funèbres qui l’assiégeaient; d’autres sont mélancoliques et suaves : ils lui venaient aux heures de soleil et de santé, au bruit du rire des enfants sous

la fenêtre, au son lointain des guitares, au chant des oiseaux."

Les Préludes de Chopin ont été inspirés par Jean-Sébastien Bach auquel Chopin vouait une véritable vénération et qu’il contribua à faire redécouvrir. Le souci de l’ordonnancement systématique des pièces est un tribut évident au compositeur allemand, ainsi que l’idée d’écrire chaque pièce dans une tonalité particulière : Pour écrire ses Préludes, Chopin s’inspira aussi des Préludes dans toutes les tonalités de Hummel et des 48 Canons et Fugues de Klengel.

Le titre de Préludes est profondément lié à la littérature romantique.. L’un des poèmes des Méditations de Lamartine s’intitule en effet Prélude. Il rencontra un succès si considérable qu’il poussa Franz Liszt à intituler une de ses œuvres Les Préludes.

Les Préludes de Chopin sont un ensemble de 24 petites pièces, dont la durée oscille entre trente secondes et un peu plus de cinq minutes chacune. Les tempos y sont très variés, depuis le largo (préludes n° 4 et n° 20) et le lento ( préludes n°2 et n°13), en passant par le molto agitato (n°8 et n°22) jusqu’au vivace (n°3 et n°11).

Nombreux sont les musicologues qui ont souligné l’unité de l‘ensemble. Quelques uns, beaucoup moins nombreux, ont considéré que ces ces 24 petites pièces réunies sous le même titre étaient indépendantes les unes des autres.

 Les premiers insistent sur la nécessité d’interpréter les pièces à la suite. Mais même du vivant de Chopin, on ne respectait déjà plus cette recommandation. Il semblerait que l’on revienne actuellement, après beaucoup d’errements, aussi bien dans les récitals que dans les enregistrements discographiques à une conception unitaire.

Avec ces 24 Préludes, Chopin ouvre au piano un univers nouveau.


C’est en s’inspirant de Chopin que Claude Debussy composa ses deux cahiers de 12 Préludes et son fameux Prélude à l’Après-Midi d’un Faune.


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