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Un livre d’Isabelle Papieau, paru aux éditions l’Harmattan : Arts et société dans l’œuvre d’Alain-Fournier, montre un écrivain beaucoup plus « moderne » et intéressé par son époque qu’on ne l’imagine habituellement.

 

Alain-Fournier, de son vrai nom Henri Alban Fournier, eut une vie brève et intense, marquée par quelques étapes essentielles : son enfance nourrie des paysages du Berry et de la Sologne, sa rencontre et son amitié avec Jacques Rivière, son amour impossible pour Yvonne de Quiévrecourt, croisée à Paris, en 1905, le jour de l’Ascension , le succès de son unique roman Le Grand Meaulnes, paru en 1913, un an avant sa mort sur le front, à l’âge de 28 ans, le 22 septembre 1914.

 

« De quelle façon, se demande l’auteur, à l’articulation des XIXème et XXème siècles, l’oeuvre d’Alain-Fournier traduit-elle sa perception des signes du modernisme et des courants anticonformistes qui estompèrent progressivement l’impact de la culture traditionnelle ? »

 

Isabelle Papieau a cherché la réponse à cette question dans les écrits d’Alain-Fournier (roman, ébauche de roman, nouvelles, poèmes, chroniques littéraires, correspondance avec Jacques Rivière…), ainsi que dans  les souvenirs de sa sœur Isabelle, épouse de Jacques Rivière. L’homme qu’elle décrit est un individu complexe, pris entre l’appel de la vie intérieure et la tentation de l’aventure,  la nostalgie du passé et les séductions de la modernité.

 

On a tôt fait de voir en Alain-Fournier un rêveur nostalgique et introverti, voué à la poursuite d’un idéal passéiste. C’est oublier que cet amoureux des paysages de la Sologne vécut aussi à Paris dont il connut la vie trépidante et mélangée avec ses cafés, ses théâtres, son opéra, ses music-halls…C’est oublier aussi son enthousiasme pour l’aventure et la découverte des pays exotiques à la culture méconnue, son engouement pour le modernisme et ses avant-gardes : fauvisme, symbolisme, Art nouveau…sa passion pour le sport, les nouveautés de son temps et la puissance de la « conquête mécanique » : électricité, bicyclette dont il était un fervent adepte, chemin de fer, automobile, aéroplane…

 

Loin d’être tenus à distance, tous ces centres d’intérêt nourrissent l’ensemble de son œuvre, y compris Le Grand Meaulnes, de même que son attrait pour  les pédagogies nouvelles et les prémisses de la « psychologie des profondeurs ».

 

Autre aspect méconnu d’Alain-Fournier abordé par Isabelle Papieau : le chrétien fervent et compatissant, souffrant des tragédies de l’existence, mais assoiffé de pureté, de plénitude et d’éternité.

 

Après avoir commencé sa carrière dans le journalisme et la communication, Isabelle Papieau a été professeur de Lettres modernes. Docteur en sociologie, elle enseigne actuellement cette discipline et effectue parallèlement des recherches sur les représentations.

 

 

Arts et société dans l’œuvre d’Alain Fournier d’Isabelle Papieau, aux éditions l’Harmattan 164 pages, 15 euros.

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