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"Quand, disait Reiner Maria Rilke, des mains de l'homme de négoce, la balance passe à cet ange dans le ciel qui la tranquillise avec le poids de l'espace... "

Les anges ont éclos un peu partout au Palais Jacques Coeur : sur la façade, dans les recoins des cheminées, au-dessus des portes, au plafond de la chapelle... Certains vous sautent aux yeux, d'autres se dissimulent et le regard a besoin de temps et de patience pour les apprivoiser. Ils prennent les formes les plus diverses et les sculpteurs n'ont pas hésité à leur donner des traits aussi bien masculins que féminins.

"Anges revêtus d'or, de pourpre et de hyacinthe..." (Charles Baudelaire)

Nos frères de lumière filtrent l'effroi des gisants dans la tendresse cachée du sourire de l'aube, s'abreuvent à la scintillation ardente des sources du silence, versent l'ivresse des noces, dessinent en dansant dans la jubilation des abîmes, le visage ineffable de l'avenir.

Traits d'union entre ciel et terre, ils symbolisent dans cette demeure marquée par l'élévation la plus éclatante et la disgrâce la plus soudaine, la paix, la beauté, la joie parfaite, l'adoration perpétuelle et la compassion.

Mais ces anges de pierre ou de bois ne sont pas figés dans la beauté intemporelle des corps glorieux. S'ils ont gardé depuis cinq siècles leurs visages d'enfants, semblables à nous, pauvres humains, ils ont aussi subi les outrages du temps.

Ils tendent des coquilles ou des coeurs, jouent sur des instruments, offrent des lys à une adolescente : "Tu es bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de tes entrailles est béni !"... montrent les bandeaux muets des paroles à venir...

Las, peut-être, de contempler la douleur des hommes, certains ont perdu la tête et s'en sont allés rayonner dans l'invisible.

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