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Pendant une dizaine d'années, de 1995 à 2004, la photographe Flora Mérillon a sillonné le globe, du Brésil à la Turquie, en passant par la France, l'Italie et les pays de l'Est.


Elle a rapporté de ses voyages un "Atlas imaginaire" des villes du monde : Rio, Varsovie, Moscou, Prague, Saint-Petersbourg, Saqqara, Istambul, Paris, Rome, Turin, Frorence, Porto, Le Caire, Casablanca... Un livre de géographie poétique tout  en images, écrit avec des pleins d'ombre et des déliés de clarté.

Flora Mérillon est fascinée par les perspectives, les lieux de passage, les espaces qui ouvrent sur d'autres espaces et permettent à l'esprit de respirer, selon la belle expression de Sören Kirkegaard, "l'oxygène de la possibilité" :  ruelles, voies de chemin de fer, quais de gare, escalators, fenêtres, seuils et paliers, halls de gare et d'hôtel, terrasses, balcons et plate-formes.

"Tout voyage est une reconstruction imaginaire, une rêverie poétique, explique Flora Mérillon, ce que l'on découvre d'un lieu se superpose à l'idée que l'on s'en faisait et le travail se poursuit dans le souvenir. Mes images ont un côté intemporel ; ce qui m'intéresse, ce n'est pas le pittoresque, l'ancdotique, mais l'universel, ce qui se répète, ce qui revient toujours : l'espace, la lumière, la perspective, le mouvement, l'ailleurs... "

"Ce qui est coeur de mon travail, c'est le rapport à l'espace, le rapport de l'homme au monde qui l'entoure, les lieux dans lesquels il évolue et la manière dont il transpose ces lieux dans son univers mental... Je me suis aperçue que j'étais hantée par le même thème ; aucune de ces photographies n'est semblable à l'autre, mais elles évoquent toutes la même chose : la perspective, le point de fuite, ce "presque rien" à partir duquel l'image (et le monde sensible) s'organisent.

Une obsession majeure

Ce "point de fuite" n'est plus seulement un moyen de figurer les choses dans l'espace, selon les lois de la perspective ; cette réalité virtuelle, évanescente et abstraite devient le sujet même, il est au coeur des images comme un "obsession majeure".

Flora Mérillon se plaît à souligner le rapport entre l'invention des lois de la perspective par les peintres italiens de la Renaissance à l'aide de la "camera oscura" et l'appareil photographique dont cette invention est l'ancêtre.

Ce n'est pas un hasard si l'émergence au Quatroccento de la notion de perspective coïncide avec la découverte de continents ignorés, l'essor des villes, la naissance de la science moderne et le passage d'un "monde clos" à un "univers infini".

Le caractère rigoureux de sa démarche n'a pas empêché Flora Mérillon d'accueillir dans son objectif "le miracle du hasard", comme ce vol de colombe dans une ruelle de Venise.

Née en 1969, titulaire d'une maîtrise de Lettres et d'un DEA de philosophie de l'art, Flora Mérillon a de nombreuses expositions à son actif. Nominée au festival Voies Off d'Arles en 1998, elle a également réalisé des portraits d'artistes pour les magazines Aden  et Les Inrockuptibles.

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