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Un ouvrage de Claude Malécot: George Sand et Félix Nadar, paru aux éditions du Patrimoine, permet de découvrir à travers des portraits photographiques et des lettres inédites de George Sand, ses états d'âme concernant son image et de comprendre les liens d'amitié qui unissaient les deux artistes : l'écrivain et le photographe.

"Mon cher Nadar... Mes enfants sont dans le ravissement de mes photographies et vous en remercient..."

Nous sommes le 24 mars 1864. Le célèbre photographe vient d'exécuter une série de portraits de la femme de Lettres, alors au sommet de sa gloire.

"Déguerréotypée" par Richebourg en 1852, l'écrivain avait pourtant très mal vécu ses premiers contacts avec la photographie. Pour enrayer la diffusion de cette image détestée, George Sand se rend en mars 1864 à l'atelier de Nadar à Paris. Le photographe, qui place l'écrivain au pinacle de son panthéon personnel, fait tout pour la réconcilier avec son image : multiplication des séances, changement de tenues et de poses, retouches apportées sur les clichés de verre...

Au fil du temps, "l'admiration fanatique" de Nadar pour George Sand se mue en tendresse partagée. L'écrivain lui envoie ses proches et revient poser elle-même à deux reprises. Sans doute George Sand avait-elle compris que la photographie pouvait être un art à part entière et reconnu en Nadar un "frère d'armes", un artiste, comme elle.

Sans Nadar, nous n'aurions de George Sand que des portraits idéalisés ou des caricatures. Nous ne saurions pas à quoi ressemblait "la bonne dame de Nohant" vers la fin de sa vie. Ces images d'une George Sand apaisée et sereine sont un témoignage plus direct et plus parlant que bien des écrits.

Claude Malécot : George Sand et Félix Nadar, Monum, Ed. du Patrimoine

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