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C'est au milieu des années 60 que Claude Pasquier découvre à Paris l'artiste suisse Max Bill, l'un des principaux théoriciens et adepte d'un mouvement né à la fin des années 30, "l'art construit", qui propose une conception purement géométrique, déductive et mathématique de la création picturale, en dehors de toute référence à la réalité du monde extérieur.

Avec la précision, l'exigence, voire l'ascèse inhérentes à une telle démarche, Claude Pasquier va se consacrer, à la suite d'artistes comme Mondrian, Rietveld, Vantongerloo, Van Doesburg, Gottfried Honegger... au développement d'une oeuvre apparentée à "l'abstraction géométrique" et qui se fonde essentiellement sur des notions d'ordre, de calcul, de logique, d'exhaustivité et d'effacement.

Les premières années de son activité, il oriente une partie de sa recherche vers des créations ludiques qui trouvent leur application dans des modèles pour papiers ou tissus imprimés, l'édition de jeux en bois pour enfants et de livres de pliage.

Il participe également au groupe MADI (Matérialisme dialectique), venu d'Amérique du Sud. De cette période datent ses reliefs colorés sous verre cannelé qui témoignent de son intérêt pour les expériences optiques.

S'en tenant strictement à des formes géométriques, il limite très tôt sa palette au noir et blanc et aux trois couleurs fondamentales : jaune, rouge et bleu. Il travaille simultanément à des suites de dessins, à des peintures sur papier ou sur toile et à des reliefs en bois peint.

A partir de 1989, Claude Pasquier s'emploie à recouvrir ses "permutations colorées" d'une couche de peinture noire et dense qui cache totalement la couleur sur la face de ses tableaux. A première vue, l'oeuvre revêt alors l'aspect d'une simple combinaison de monochromes noirs. Mais la technique de l'aplat neutre permet de pressentir, par le relief, la présence de couches enfouies et, de ce fait, de deviner le glissement des couleurs dont ne subsistent que des indices périphériques. "La couleur, explique Hubert Besacier,  n'apparaît plus que comme un souvenir, dans l'interstice et, paradoxalement, sa présence n'en est que plus sensible. Le tableau se charge d'une retenue intérieure, de l'intensité d'une lumière ensevelie."


Claude Pasqier est né en 1937 au Mans. Il a enseigné à l'Ecole Nationale des Beaux-Arts à Bourges, ainsi qu'à l'université Sorbonne Paris I. Considéré comme l'un des plus grands représentants de "l'art construit", il a participé à de nombreuses expositions internationales. Claude Pasquer vit et travaille à Morogues, près de Bourges, dans le Cher.




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