Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Un agent d'assurances (moustache et soixantaine bedonnante) part au travail en costume façon peau de tigre avec un os fiché dans le nez, des requins batiffolent dans la salle-à-manger, des archéoptéryx survolent Paris, une vaillante petite 4 CV joue l'équilibriste au-dessus de l'abîme... Nul de sait, comme François Boucq, donner à la banalité quotidienne des allures d'épopée... Dans ses albums, tout est possible et auprès de ses héros, le pauvre Indiana Jones est bon pour la maison de retraite.

Avec ce virtuose de l'hyperbole, la genèse du dessin rivalise avec celle de l'univers : "Avant le commencement, il n'y avait rien ! Une page blanche et sans le blanc... Rien de Rien, explique dans l'album Un point c'est tout son héros de prédilection, l'agent d'assurances Jérôme Moucherot, (alias "le tigre du Bengale")

... Au commencement était le point... Et le point s'est fait ligne... La ligne engendra la hachure, puis ce fut le croisillon et l'arabesque. Au sixième jour, tout fuit à l'horizon. Ce fut la perspective." Il fallait oser !

"Savoir dessiner comme ça, c'est honteux, il y a des talents dont on dirait qu'ils n'ont pas de limites", a dit de lui André Franquin.

Ecoutez cet avis hautement autorisé et découvrez ou redécouvrez  les planches de ce maître de l'hyperréalisme comique, fantastique et absurde... Plongez-vous la tête la première dans des aventures ahurissantes où le bon goût, le grandiose et la gravité sont systématiquement minés par le kitsch, le burlesque et le dérisoire.

Connu pour ses caricatures d'hommes politiques parues dans Le Point et dans L'Expansion, consacré en 1998 par le grand prix du festival d'Angoulême, François Boucq se place parmi les grands dessinateurs d'aujourd'hui.

Partager cet article

Repost 0