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Iris de Van Gogh, nymphéas de Monet, dahlias de Manet... Symboles de la beauté fragile des choses créés, les fleurs sont une source inépuisable d'inspiration. Marie-Theres Berger admire ces grands aînés impressionnistes et n'aime pas l'expression "nature morte".

Ses fleurs à elle sont des fleurs bien vivantes, des fleurs faites pour l'orage, la lumière, le plein air, des fleurs qui chantent et qui dansent comme des flammes, des fleurs aux couleurs pures et vibrantes : carmins, cyans, verts tilleul, verts émeraude, jaunes d'or, jaunes orangés, pourpres... Une touche de noir pour rappeler la terre, esquisser le mystère des ombres ou la venue de la nuit, quand, disait Baudelaire "Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir"... Un soupçon de blancheur pour l'éclosion candide d'un songe évanescent et gracile... Des fleurs dont on croirait pouvoir toucher la chair, respirer le parfum. Marie-Theres Berger peint les fleurs comme on tire des feux d'artifice, mettant une maîtrise indiscutable, un sens très sûr de la composition, sans une once de fadeur ou de mièvrerie, au service de leur splendeur éphémère.

"Et le ciel ? Où est le ciel ? écrit Pierre Charras." Il n'y a pas de place pour lui dans ces grands formats. On est tout contre les bulbes, à hauteur des tiges, presque, si près des racines, de la terre. De la vie, alors ? Oui, de la vie ! Elle est là, veillée par la beauté."

On est saisi par une fascination mêlée d'un "langoureux vertige" : Henri Bergson ne parlait-il pas de la fonction hypnotique de l'art ? Comme préservées de la blessure qui est en nous, les fleurs de Marie-Theres Berger ont le pouvoir de nous en guérir. L'art nous console provisoirement de la mort. C'est là son miracle.

"Je sais bien, dit l'artiste, que la vie peut être triste ou tragique, mais j'ai voulu aussi en célébrer la beauté." Elle dit aussi que la peinture n'est pas nécessairement faite pour être accrochée aux murs et qu'il faut changer la perspective du regard en changeant de support, d'où l'idée des "paravents" et des "tryptiques".

Si l'on peut qualifier sa peinture de "féminine", c'est à cause de cette force amoureuse de cette fragilité qu'elle sert. Osons un mot, un seul : la grâce !




Marie-Théres Berger vit en France depuis 20 ans. de 1978 à 1982, elle a étudié la peinture à l'Ecole des Beaux-Arts de Philadelphie. "Je voulais vraiment apprendre à peindre, confie-t-elle, mais il n'y avait pas l'équivalent en Allemagne, à ce moment là.", puis de 1983 à 1985 à Paris, à l'Ecole du Louvre, avec Joan Mitchell. C'est à cette époque qu'elle découvre Max Beckmann et l'expressionnisme abstrait. Elle affectionne la peinture par thèmes. Les fleurs reviennent souvent, mais aussi les animaux et les portraits. Elle a exposé à de nombreuses reprises en France et à l'étranger (Allemagne, Suède, USA). Trois grands musées américains présentent une collection permanente de ses oeuvres.

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