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Ce qui séduit d'abord dans les oeuvres d'Isabelle Guillot, c'est la fraîcheur et la poésie qui en émanent, une fraîcheur sereine et chatoyante, sensuelle et colorée qui s'offre à nous comme un plaisir à partager.

Elle prélève dans l'univers qui nous entoure des éléments simples, naturels et familiers : un poisson, des fruits, des légumes, des fleurs, des arbres, le ciel, la mer, la lumière du soleil... Elle les décline, les multiplie, les juxtapose, les superpose, les confronte, les imbrique et les combine "à la recherche d'une relation au monde qui prenne sens au-delà des mots."

Elle y intègre les signes de la société de consommation : publicités, logos... des références empruntées à l'Histoire de la peinture comme La Montagne Sainte-Victoire de Cézanne ou La Vénus de Boticcelli, des planisphères, mais aussi des éléments plus tragiques de l'univers de la guerre, tandis qu'apparaissent de petits coeurs rouges sang stéréotypés. Tout artiste s'inscrit dans une Histoire de l'art : Menri Matisse, Claude Viallat, le mouvement "support surface", l'américain David Hockney, font manifestement partie de son héritage.

"Cette expression d'une pensée humaniste, sensible et déterminée à dénoncer notre monde consommateur et guerrier, explique Nadia Delebarre, revendique sa place par le métier de peindre, comme manière d'exister. La somme de ses dessins, calques, toiles et travaux sur papier témoigne de la volonté tenance d'Isabelle d'explorer le langage pictural."

"Ce fut un être dont on ne saurait dire si sa quête artistique la faisait vivre, explique Jenny Cook, ou si elle vivait par besoin impérieux d'en trouver les réponses : l'art et le quotidien intrinsèquement mêlés."

Quelque temps avant sa disparition, Isabelle Guillot avait souhaité définir ainsi sa démarche :

"Par le moyen d'un système de trame, la peinture est enfermée dans une grille dont elle ne peut se défaire, à l'image de notre vie complètement dépendante de l'état du monde, prisonnière de cet état, impuissante face aux menaces et aux pressions de toutes sortes... Les métiers de l'art, de la culture, permettent de contester les pseudo valeurs d'un monde en état de conflit permament..."

"Sa volonté farouche de peindre lui a fait traverse l'épreuve de la solitide et a métamorphosé l'enseignement reçu aux Beaux-Arts, explique de son côté Nicolas Denise... Travaillant avec détermination, elle a produit une oeuvre remarquable et prometteuse. Sa peinture est simple et complexe à la fois. Elle est si simple qu'elle peut paraître trop évidente et que la critique ne trouve rien à dire. Elle est complexe, car se mêlent sa culture picturale et sa vision particulière du monde. Isabelle se battait pour faire reconnaître à son travail de peintre le statut de métier. Elle travaillait sans relâche, elle luttait également contre le culte de l'artiste révélé et prenait modèle sur ceux qui travaillent comme des artisans."

Après la disparition d'Isabelle Guillot, une association s'est constituée. elle s'est donnée pour but de diffuser ses oeuvres, mais aussi de les sauvegarder à travers des exposition et des publications.

Association Isabelle Guillot : 4, rue de l'abbé Moreux, 18000, Bourges -
 pictura@fr.fm



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