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Selon l'auteur, professeur de littérature moderne et contemporaine à l'université Bordeaux 3, les notions "d'ouverture" et de "médiation" sont, avec le besoin d'unité et d'équilibre, au coeur de l'imaginaire sandien.

On trouve la notion d'ouverture dans la représentation de l'espace et du temps et dans la psychologie des personnages qui sont en quête d'une transformation. Elle passe par un élargissement de leur vie, une connaissance de soi et des autres, ainsi que dans des thèmes comme le voyage ou la musique. L'ouverture peut être déterminée par la symbolique de l'espace. Dans Teverino, la frontière est à la fois lieu d'égarement et lieu de quête. Elle revêt un enjeu symbolique et spirituel. Les personnages sortent grandis et changés des épreuves qu'ils traversent.

L'ouverture et le repli sont étudiés à travers l'évocation sandienne des paysages de son pays, la conversion du regard de l'écrivain du centre aux rythmes et aux lumières de la Méditerranée, et enfin à travers un "roman rustique", Jeanne, dans lequel s'équilibrent le souci d'observation du monde réel et la construction d'un récit mythique.

Le repli sur soi dans un lieu clos peut se révéler aussi nécessaire que le mouvement de déploiement hors du refuge. Les personnages du Château des désertes, de Teverino ou des Maîtres Sonneurs vont du voyage au repli et inversement. La médiation ou l'échange peuvent s'exprimer sous la forme d'une communication immédiate avec la musique. Elle peut également s'exprimer à travers des personnages de guides, de "passeurs", comme Le Grand bûcheux, Teverino ou le marquis de Balma. Ces personnages médiateurs provoquent des rencontres qui remettent en question l'existence, voire l'identité même des personnages.

Pour George Sand, la musique incarne la forme suprême de l'ouverture et du dépassement. Dans le roman Consuelo, l'héroïne éponyme, une grande chanteuse lyrique, vit à la manière d'Orphée, une quête initiatique douloureuse et féconde qui la tranforme profondément.

Gérard Peylet s'est particulièrement intéressé au thème de la médiation par l'éducation, qui doit concilier, selon George Sand, deux tendances duelles de la personnalité : la raison et les sentiments. La figure de la grand-mère paternelle de George Sand dans Histoire de ma vie est exemplaire à cet égard. Dans les romans de 1830, George Sand trace les grandes lignes du rôle éducatif de la femme "à la recherche d'un autre pouvoir" et exprime dans Le Château des désertes son idéal d'éducation pour les artistes.

La volonté de conciliation "dialectique" des contraires s'exprime à travers les rapports ambigus entre passé et présent, monde archaïque et monde moderne. Jeanne, Les Maîtres Sonneurs et Nanon en sont l'exemple.

Dans Un hiver à Majorque, la Correspondance (entre 1838 et 1839) et la cinquième partie d'Histoire de ma vie, la volonté de conciliation porte sur le voilement et le dévoilement, la sincérité et la pudeur.

Selon l'auteur, la générosité est la clé de la sensibilité sandienne. Une sensibilité mobile, mais pas inconstante, qui concilie les besoins du repli et de l'ouverture dans un souci naturel d'unité et d'équilibre.

C'est cette générosité qui nourrit le sentiment de l'infini devant la nature, le désir de compréhension et d'échange, le désir d'unir la pudeur et la sincérité dans l'écriture de l'intime, le pouvoir du rêve et les aspects les plus simples de la vie.

Le Musée imaginaire de George Sand, l'ouverture et la médiation de Gérard Peylet, Librairie Nizet, 37510, Saint-Genouph.

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