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Ma première carte postale est postée de Quimper :

Ancienne capitale de Cornouailles, préfecture du Finistère qui a pour spécialité la faïencerie, Quimper (deux étoiles au guide Michelin !) recèle des sites magnifiques, des trésors à visiter : la cathédrale Saint-Corentin, le vieux quartier pittoresque, le musée des Beaux-Arts (salle dédiée à Max Jacob), le musée départemental breton consacré à l'Histoire et aux traditions populaires du Finistère, le jardin de l'archevêché, le festival de Cornouailles...

Ce n'est ni Laënnec, l'inventeur du stéthoscope, ni Elie Fréron, le farouche adversaire de Voltaire et des Encyclopédistes, ni René Madec, qui embarqua comme mousse sur un vaisseau de la Compagnie des Indes, servit comme rajah, battit les Anglais et revint couvert d'or, mais un autre enfant du pays, plus proche de nous, que je voudrais évoquer : le poète Max Jacob.

Né à Quimper en 1876, Max Jacob se détourna d'une carrière dans l'administration et partagea la vie de bohème de l'avant-garde artistique regroupée autour du célèbre cabaret Le Bateau-Lavoir, à Montmartre.

Eclectique et anticonformiste, il avait tous les talents : il pratiqua la peinture, s'intéressa au théâtre, écrivit des romans, des nouvelles, des poèmes et même des livres pour enfants.

Il fut l'ami de Francis Carco, de Picasso, de Guillaume Apollinaire, de Modigliani, de Jean Cocteau, et aussi, ce que l'on sait moins et que j'ai appris en visitant la salle consacrée à Max Jacob au musée des Beaux-Arts de Quimper, à Jean Moulin, lui-même dessinateur et graveur de talent, qui emprunta à Max Jacob son nom de guerre (Jean Moulin était surnommé "Max" dans la Résistance).

Son recueil de poèmes en prose, Le cornet à dés (1917) influença durablement les surréalistes. Chez cette âme mystique et tourmentée, éprise d'absolu et pleine de contradictions, les crises de repentir et d'élan vers Dieu alternent avec une vie mondaine et dissolue.

Converti au catholicisme à la suite d'une apparition du Christ, qu'il a lui-même relatée, sur un écran de cinéma (!), il reprit le chemin de l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire où il avait fait une première retraite en 1921.

Hanté par le pressentiment d'une mort tragique, il fut arrêté le 24 février 1944, en raison de ses origines juives et mourut peu de temps après d'une pneumonie, au camp de Drancy.

C'est en pensant à Max Jacob, cet homme délicieux et méconnu, grand amoureux de sa Bretagne natale que j'ai écrit le poème Locronan (voir Pages)

Ma seconde carte postale est postée de Bénodet...

Cette charmante station balnéaire, dotée d'un casino, occupe sur la "côte de plaisance" un joli site verdoyant à l'entrée de l'estuaire de l'Odet. C'est ainsi que le Guide Michelin présente Bénodet.

Aujourd'hui, je n'ai pas envie d'aller à la plage : il y a trop de monde et il
fait trop chaud. Je me baignerai au soleil couchant. Que faire en attendant ? Rien de mieux quand l'air marin ne parvient pas à rendre l'été moins étouffant que de se réfugier dans une de ces petites églises comme il y en a tant en Bretagne ! Tiens, celle du Perguet, par exemple, entre Bénodet et Fouesnant, ça fait deux ans que je n'y suis pas retourné...

(Voir "Pages", le poème l'Eglise du Perguet et les vitraux de Kim en Joong)

Kim en Joong est un artiste d'origine coréenne ; il est dominicain.


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