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« André Borrély nous donne avec ce livre une introduction originale et forte à la spiritualité la plus centrale de l’Eglise orthodoxe : la spiritualité « philocalique » (c’est-à-dire « amoureuse de la beauté « divine) ou "hésychaste" (du grec hésychia, qui signifie paix, silence, douceur de l’union avec Dieu). Cette étude allègre et rigoureuse, fondée sur la fréquentation directe de la Philocalie grecque, dégage les grands rythmes, jalonne les grandes étapes de « l’art des arts et la science des sciences » : transfiguration du désir par la loi biblique de mort-vie, métanoïa radicale, au sens d’un basculement du cœur et de l’esprit, creusement de la « mémoire de la mort » jusqu’à la vision de la résurrection, « liturgie des larmes », tendresse et douceur de tout l’être, silence où germe la paternité spirituelle, transformation de l’homme tout entier, y compris son corps, par la lumière de la Transfiguration, la grâce du Saint-Esprit.

 

Cette introduction manquait. Trop longtemps, l’hésychasme est apparu au public cultivé d’Occident comme une « méthode » de réalisation spirituelle en série avec celles des Orients lointains, le dhikr des soufis, le japa-yoga hindou, voire le nembutsu japonais. Les extraits de la Philocalie choisis et traduits par Jean Gouillard et publiés – maintenant en collection de poche – sous le titre Petite Philocalie de la prière du cœur, ont beaucoup fait pour accréditer cette conception de l’hésychasme comme yoga plus ou moins chrétien. Seuls ont été retenus en effet les passages concernant les « techniques », posture enroulée, invocation sur le rythme de la respiration puis du sang, union de l’intellect et du « cœur » et « garde » méthodique de celui-ci. De même les Récits du Pèlerin russe sont tentés par une objectivation et un autonomisme des « techniques ».

 

L’approche d’André Borrély est tout autre. Elle rappellerait davantage celle de ce grand et discret spirituel qui signe « un moine de l’Eglise d’Orient ». Mais justement, ce n’est pas celle d’un moine. André Borrély est un laïc, marié et père de famille. Son but est de dégager l’esprit des textes philocaliques, de lire ces textes « dans notre temps », d’y trouver une vivante inspiration pour tous les aspects de l’existence : sous le vocable, repris à Paul Evdokimov, de « monachisme intériorisé », c’est une spiritualité du laïcat qu’il cherche à élaborer, dans une lumière philocalique...

 

… Ce livre ouvre à un christianisme de la beauté et de la joie. Beauté non de magie ou de possession, mais de communion. Joie d’être « non passionnelle », c’est-à-dire non idolâtrique, « apothéose » de l’homme dans la lumière du Thabor. Ainsi se prépare, dans la continuité retrouvée des témoins de la lumière, d’Orient ou d’Occident, un christianisme de l’universelle résurrection, réponse à cette « tristesse pour la mort » qui ronge notre civilisation. » (Olivier Clément)

 

André Borélly, Qui est près de moi est près du Feu, Préface d’Olivier Clément, Théophanie, Desclée de Brouwer

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