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Andrew Salomon, Le Diable intérieur, anatomie de la dépression (The Noonday Demon), 2001, traduit de l'anglais par Claudine Richetin, éditions Albin Michel, 2002

 

 

"J'aime ma dépression. J'aime l'homme qu'elle a fait de moi. C'est elle qui m'a permis de connaître l'étendue de mon âme." (Andrew Salomon)

 

"Tout passe - la souffrance, la peine, le sang, la faim, la puanteur. Le glaive passera aussi, mais les étoiles demeureront quand l'ombre de nos actions aura disparu de la terre. Il n'est d'homme qui ne sache cela. Pourquoi, alors, ne pas tourner notre regard vers les étoiles ? Pourquoi ?" (Mikhaël Boulgakov, La Garde blanche)

 

"Cela me fait mourir, tu dis que cela te fait mourir ;

Mais comment l'ai-je attrapé, l'ai-je trouvé, ou l'ai-je acquis

de quelle étoffe est-ce donc fait, de quoi cela vient-il ?

Je l'ignore ;

Et une trristesse si éperdue s'empare de moi,

Que j'ai bien de la peine à savoir qui je suis."

 

(W. Shakespeare, Le Marchand de Venise)

 

"Un essai captivant, d'une stupéfiante richesse. Un ouvrage indispensable sur la dépression." (William Styron)

 

"Andrew Salomon consacre à la dépression un essai provocant et souvent touchant. Une indéniable réussite." (Joyce Carol Oates)

 

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"La dépression est une défaillance d'amour. Pour être des créatures capables d'amour, nous devons être des créatures capables de désespoir à l'idée de ce que nous perdons, et la dépression est le mécanisme de ce désespoir. Quand elle survient, elle dégrade l'individu et finit par éclipser toute capacité à donner ou à recevoir de l'affection. Le sentiment de solitude intérieure devient manifeste et détruit non seulement tout lien avec les autres, mais également la capacité d'être en paix avec soi-même. L'amour, s'il n'est pas un moyen de prévention contre la dépression, assure une sorte de rembourrage mental qui protège l'esprit contre lui-même. Les médicaments et la psychothérapie peuvent renforcer cette protection, ce qui rend plus facile d'aimer et d'être aimé, et c'est pourquoi ils ont un effet. Lorsque leur moral est bon, certains d'entre nous sont amoureux d'eux-mêmes, certains sont amoureux de quelqu'un d'autre, d'autres sont passionnés par leur travail et d'autres encore aiment Dieu. Toutes ces passions peuvent procurer le sentiment vital d'une finalité qui est le contraire de la dépression. L'amour nous fait parfois faux bond, ou nous le laissons de côté. Lorsqu'on est en état de dépression, toute entreprise, toute émotion, la vie elle-même perdent totalement leur sens. On peut dire que le seul sentiment qui persiste dans cet état d'insensibilité est l'absence de signification..."

 

"Faites bon accueil à la soufrance, écrivait jadis Ovide, car par elle vous apprendrez." Il est possible (quoique encore invraisemblable pour le moment) que grâce à la manipulation chimique, nous arrivions à localiser, à contrôler et à éliminer les circuits du cerveau relatifs à la souffrance. J'espère que nous n'y parviendrons jamais. Supprimer la souffrance reviendrait à annihiler l'expérience, à combattre une complexité plus précieuse que les éléments qui la composent ne sont douloureux. Je paierais cher pour voir le monde en neuf dimensions, si c'était possible. Et je préfèrerais vivre dans les brumes de la douleur que d'abandonner ma capacité à souffrir. La douleur n'est pas la même chose que la dépression aiguë. On peut aimer et être aimé dans la plus grande souffrance, mais on est vivant. C'est le caractère mortifère de la dépression que j'ai essayé d'éliminer de ma vie et j'écris ce livre pour qu'il serve d'arme contre cet anéantissement.' (Andrew Salomon)

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