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Banksy, réalisateur et acteur,  dans "Faites le mur" ("Looking for Banksy")

 

" - C'est interdit ce que vous faites, ce sont des graffitis !

  - Ce ne sont pas des graffitis, c'est de l'art." (réplique du film)

 

"Faites le mur", qui est globalement un doc sur le milieu des artistes urbains, fonctionne sur un trouble étrange : est-ce la réalité, un vaste canular, une mise en abîme, un jeu de faux-semblants, du bricolage génial, un manifeste situationniste, une performance artistique ? Sans doute un peu de tout cela." (Claude Libiot, "L'Express")


 

 

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  • Film expérimental
  • Durée : 1h27min
  • Pays de production : United Kingdom
  • Distributeur : Le Pacte

 

Synopsis : Banksy est un artiste graffeur britannique de réputation mondiale. Il est connu entre autres pour ses oeuvres sur le mur qui sépare la Palestine et Israël et pour ses installations décalées dans les grands musées. Son premier film raconte l’histoire de Thierry Guetta, un français excentrique qui se reconvertit en documentariste en suivant les traces des maîtres du Street Art.

 


 

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Banksy, "l'artiste le plus secret du monde",  entretient soigneusement le doute sur sa véritable identité. Son vrai nom serait Robin Gunningham et il serait né en 1974 à Bristol au Royaume-Uni. le pseudonyme "Bansky" serait une contraction de "Bankside", cette berge de la Tamise aux murs propices aux graffitis.

Il combine les techniques du graffiti et du pochoir pour faire passer ses messages, qui mêlent souvent politique, humour et poésie. Son mode d'expression fait parfois penser à celui de Lord Anthony Cahn, d'Ernest Pignon-Ernest ou de Blek le rat.

Il s'est forgé une certaine notoriété dans les milieux alternatifs et les médias traditionnels s'intéressent aussi à lui.

Banksy a notamment travaillé sur le film Les Fils de l'homme et a réalisé la pochette du disque de Blur, Think Tank.

Banksy a fondé le projet « Santa's Ghetto » en réalisant des peintures sur le mur de Gaza afin de redonner espoir aux habitants palestiniens et israéliens. Aidé par d'autres artistes, comme Ron English, un Américain, le mur de séparation prend petit à petit les couleurs d'une toile artistique géante.

Banksy raconte dans son livre Wall & Piece, qu'un jour, alors qu'il peignait sur le mur de séparation, un habitant est venu lui dire : "vous embellissez le mur". Banksy, flatté : "Merci, c'est gentil", fut aussitôt coupé par le vieil homme: "on ne veut pas que ce mur soit beau, on ne veut pas de ce mur, rentrez chez vous".

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Le film se déroule en majeure partie aux Etats-Unis, à New-York et à Los Angeles, ainsi qu'à Londres, avec une courte scène en Israël.

 

Thierry Guetta, un Français excentrique, vendeur de vêtements "branchés", marié et père de famille, mène une vie tranquille et aisée à Los Angeles. Mais il est habité par une obsession étrange, issue d'un passé mal assumé qui le hante : filmer sa vie quotidienne dans les moindres détails.

 

Après avoir revu son cousin, "Space Invader", un précurseur du "Street Art", célèbre pour un portrait bicolore du président Obama, Thierry Guetta se prend de passion pour ce milieu, y rencontre des artistes représentatifs et les filme dans tous leurs faits et gestes en prenant des risques insensés. Son rêve est de rencontrer Banksy, le plus grand et le plus mystérieux d'entre eux.

 

Il y parvient "miraculeusement", se lie d'amitié avec Banksy et assiste à l'exposition mythique de cet artiste.

 

Avec l'aide de Banksy, il réalise un film sur le "Street Art" qui intègre les images prises précédemment et qui constituent précisément ce film : "Faites le mur" (il s'agit donc d'une "mise en abyme"). 

 

Banksy le pousse à faire sa propre exposition sous le pseudonyme de "Mr. Brainwash" ("brainwash" = "lavage de cerveau").

 

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 L'avis de Maxime (élève de seconde) : J'ai bien aimé ce film ; il reflète assez bien la société actuelle dans laquelle tout ce qui est "rebelle", "déviant", "marginal"... devient la norme et un moyen de réussir et de gagner de l'argent. Ce n'est évidemment pas ce qu'a voulu dire le réalisateur, Banksy, artiste mythique du "Street Art", dont c'est le premier film, mais c'est ce que j'en ai retenu. Cela fait penser aux "traders" comme Jérôme Kerviel. Les risques physiques que prennent les artistes du "Street Art" semblent plus importants  pour eux que le résultat. Ce film est représentatif des paradoxes de notre société où l'on  a souvent  l'impression de marcher sur la tête. Le comportement du personnage principal est pathologique : il filme tout et n'importe quoi parce qu'il a peur de rater quelque chose d'important. En fait, il n'a pas compris que sa mère était gravement malade et il l'a laissé "partir" sans rien comprendre, alors il ne veut pas que ça recommence, mais il ne peut pas revenir en arrière et ce qu'il fait ne sert à rien, enfin au début, parce qu'après, il finit par rencontrer Bansky et par faire un vrai film, donc on ne peut pas  vraiment dire que ça ne sert à rien.


 

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Mon commentaire sur l'avis de Maxime : on ne sait pas si le "Street Art" est de l'Art ou pas : l'art contemporain remet en question la notion d'art, d'artiste, les lieux et les valeurs de l'art :  les musées, le "Beau"... On ne sait pas si c'est le résultat qui compte, ou le risque, la "performance", si Guetta est "cinglé" ou non. On n'est même pas sûr, paraît-il, que ce film soit entièrement de Bansky... Il entretient sa légende ; on ne le voit d'ailleurs pratiquement pas. Mais ne penses-tu pas qu'il y a aussi une dimension politique,  satirique et humoristique dans le travail de Banksy et aussi une volonté de "secouer les gens" ? La sidération, le sentiment de vertige, la perplexité devant le "sens" des oeuvres font partie intégrante du "sens" des oeuvres : il n'y a pas le (vrai) sens d'un côté et l'oeuvre de l'autre.  Comme l'a remarqué Nietzsche, l'art et la vérité ne se superposent pas, l'art n'a pas fonction de "dire la vérité", mais de signifier autrement.

 

 

 

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Conseils méthodologiques pour faire un résumé de film :

 

Les mêmes que pour un résumé de texte, mais il faut traduire les images en mots, sauf si l'on dispose du synopsis, ce qui n'était pas le cas de Maxime qui a fait ce travail en clarifiant des souvenirs visuels et auditifs. Il faut commencer pas se poser les questions traditionnelles :


Qui ?, Quand ?, Où, Quoi ? Comment ? Pourquoi ?

 

Quels sont les personnages principaux/secondaires ? Où se déroule l'histoire ? A quelle époque ? De quoi s'agit-il ...

 

... Et y répondre le plus précisément possible. Ces données constituent, en général, l'introduction du résumé.

 

Il faut ensuite noter les éléments de l'Histoire, notamment le "schéma narratif" : la situation initiale, l'élément modificateur, les principales péripéties, l'élément de résolution, la situation finale (le dénouement), ainsi que le schéma actanciel (les relations entre les personnages : le héros, les opposants (ennemis), les adjuvants (alliés).

 

Noter s'il y a des retours en arrière ("flash back"), des anticipations, des scènes (on s'attarde sur quelque chose), des ellipses (on supprime quelque chose).

 

Le film a été réalisé par Banksy (bien qu'il y ait une controverse à ce sujet. Joachim Levy, réalisateur suisse, affirme avoir tourné plusieurs séquences du film),  mais certaines scènes sont censées avoir été filmées par  Guetta ; on se rend compte que le film que l'on regarde est en fait celui que Guetta doit réaliser à la fin du film avec l'aide de Banksy.

 

On a donc un film à l'intérieur d'un film ; ce procédé s'appelle une "mise en abyme". Il a été utilisé au théâtre, par exemple dans "Hamlet" de Shakespeare (une pièce dans la pièce) et en littérature ("Les Faux monnayeurs" d'André Gide).

 

La "mise en abyme" est un procédé que Bansky utilise constamment dans son oeuvre picturale, combiné avec d'autres figures de style (l'absurde, le paradoxe, l'antithèse et la syllepse : un mot est pris à la fois au sens propre et au sens figuré).

 

L'utilisation de la "mise en abyme" dans le film peut faire l'objet d'une analyse approfondie, mais on peut se contenter de la  signaler en quelques mots dans le résumé. L'ensemble de ces procédés, ainsi que leur dimension "performative" (l'effet produit) aussi bien dans le film que dans l'oeuvre de Banksy mériteraient de faire l'objet d'une étude à part entière.

 

Le titre du film "Faites le mur" est un jeu de mot ("Evadez-vous !", mais aussi : "Peignez sur le mur !") On voit à un moment Banksy peindre sur le mur qui sépare Israël des territoires palestiniens.

 

Si on vous demande de donner votre avis sur un film (ou une pièce de théâtre), ne vous contentez pas de dire "j'ai aimé ce film ou cette pièce" ou "je n'ai pas aimé ce film ou cette pièce", expliquez pourquoi, dites ce que vous en avez retenu, ce que l'oeuvre vous a apporté (éléments de réflexion).

 

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