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Georges Berkeley, Trois dialogues entre Hylas et Philonous, traduits par A. Leroy, avec présentation, commentaires et précédés d'un essai critique sur la philosophie de Berkeley : Le langage de la nature par Michel Ambacher, Aubier Montaigne, 1970

 

 

Cet ouvrage présente un double intérêt : la possibilité de lire dans une excellente traduction française ces petits "joyaux philosophiques" que sont les trois Dialogue entre Hylas et Philonous et une présentation de Berkeley qui s'efforce, comme le dit l'auteur dans l'introduction (p. 11) d'aller au-delà d'une "pure reconstitution historique" où une pensée complexe se réduirait à un réductionnisme phénoménologique (le fameux "esse est percipi") et à la négation de l'existence de la "matière" : "Aucune philosophie de la réflexion ne saurait être étudiée isolément... Les oppositions qu'elle fait apparaître avec les méthodes rivales sont aussi importantes que ses propres affirmations (...)

 

Telle est donc la perspective assez complexe suivant laquelle on se propose d'envisager ici l'idéalisme berkeleyen, il ne saurait être question par conséquent d'une pure reconstitution historique, puisque ce qui nous a décidé à l'entreprendre c'est au contraire l'espoir qu'il pourrait y avoir dans les thèmes débattus par Berkeley, dans sa lutte contre le pré-positivisme du XVIIIème siècle, l'occasion de préciser certains de ceux qui s'imposent à la philosophie d'aujourd'hui..."

 

En conséquence, poursuit Michel Ambacher, le présent travail sera distribué en trois parties :

 

La première, surtout expositive et descriptive, est une présentation de l'idéalisme berkeleyen. Elle évoque ce que furent, dans le climat déjà tendu du XVIIIème siècle, ses composantes essentielles. A savoir :

 

a) la critique des pensées abstraites des physiciens et mathématiciens.

 

b) la conception de la structure immatérielle du monde à partir de l'expérience mentale du fameux "esse est percipi."

 

c) la théorie alors si novatrice qui fait de la Nature un système de signes plutôt qu'un gigantesque mécanisme.

 

La seconde partie offre l'occasion d'effectuer une rencontre avec celui qu'il faudrait appeler un Maître si, plus que tous les autres philosophes, il n'avait récusé ce titre, afin de laisser la parole à la seule Nature. On a choisi à cet effet ce joyau de la pensée de Berkeley et sans doute de la littérature philosophique que sont les Dialogues entre Hylas, le tenant un peu balourd du scientisme et Philonous, porte-parole de Berkeley.

 

La troisième partie amorce un commentaire critique dans le but de rejoindre des préoccupations actuelles. On se demande s'il ne serait pas possible de procéder à une rénovation de cette conception berkeleyenne du Langage de la Nature, quoique dans un sens nettement moins "idéaliste" puisque la Matière et le Corps y tiennent un rôle décisif.

 

L'analyse réflexive distingue en effet, à l'intérieur du langage, de même qu'à la racine des conditions d'existence proto-positives propres à tout être, le résultat d'une préadaptation entre les attitudes corporelles, les actions matérielles et les concepts de la conscience. L'existence de la Nature sort évidemment très profondément modifiée de cette interprétation. Au lieu d'apparaître un simple tissu d'idées comme chez Berkeley, ou de s'exhiber immédiatement sous des dehors physiques et transitifs à la manière du monde des savants, elle devient une communication concrète, mettant simultanément en action les corps, les consciences et la matière. Ainsi est-il désormais possible d'entendre et de comprendre, en dehors de la signification physique et technique que la science confère à la causalité des choses dans l'espace, le sens d'un langage naturel que nous tient la présence des êtres et des choses."

 

Organisation de l'ouvrage :

 

Introduction : l'Espace et l'Esprit


Présentation :


Caractéristiques essentiels de l'idéalisme berkeleyen


Chapitre I. Pensée abstraite et Langage

Chapitre II. L'Immatérialisme

Chapitre III. Le Langage de la Nature

 

II/ Trois dialogues entre Hylas et Philonous

 

III/ Commentaires

 

Pour une rénovation de la théorie du Langage de la Nature

 

Chapitre IV. Du Langage de l'Homme au Langage de la Nature

Chapitre V. Le Langage de la Nature ou le dévoilement du sens des êtres et des choses.

 

Conclusion :


Langage de la Nature, discours de l'Homme et parole de Dieu

 

Appendice :

 

Du rôle du Corps dans l'existence de la Nature

 

 

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L'évêque George Berkeley (12 mars 1685 - 14 janvier 1753) est un philosophe irlandais de la famille des empiristes dont la principale réussite fut la théorisation de l'idéalisme empirique ou immatérialisme, résumé par la formule "esse est percipi aut percipere" (« être c'est être perçu ou percevoir »). Pour Berkeley, les choses qui n'ont pas la faculté de penser (les idées) sont perçues et c'est l'esprit (humain ou divin) qui les perçoit. La théorie de Berkeley montre que les individus peuvent seulement connaître les sensations et les idées des objets, non les abstractions comme la matière ou les entités générales. Berkeley a réalisé de nombreux travaux, dont les plus connus sont sans doute les Principes de la connaissance humaine (1710) et les Trois dialogues entre Hylas et Philonous (1713) (Philonous, le « spiritualiste », représentant Berkeley dans son propre rôle et Hylas, nommé d'après l'ancien mot grec pour « matière », représentant l'objecteur). En 1734, il publia L’Analyste, une critique des fondations de la science, qui eut beaucoup d'influence sur le développement ultérieur des mathématiques.


La ville de Berkeley, en Californie, a été nommée en son honneur, mais la prononciation de son nom a évolué pour convenir à l'anglais américain. Un collège résidentiel dans l'université Yale porte aussi son nom. (source : encyclopédie en ligne wikipédia)

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