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Ce livre m'avait marqué, au moment de sa parution, dans les années 60, et il m'arrive, comme cette année, de le faire étudier en 4ème. Il a d'abord été écrit en français, puis traduit en américain.

Né à Reno (Nevada), Bruce Lowery fit des études aux Etats-Unis avant de s'établir en France où il passa une licence ès Lettres et un diplôme de journalisme. La cicatrice, son premier roman, fut couronné par le Prix Rivarol.

Le roman aborde de façon sensible, simple et directe, comme les écrivains américains savent si bien le faire (je pense par exemple à "L'attrape-coeur" de J.D. Salinger) la période de l'adolescence : l'enthousiasme, l'amitié, la recherche de "modèles", mais aussi la rupture avec "l'innocence naïve de l'enfance", la découverte du mal en soi et autour de soi, de la cruauté, du rejet, de l'intolérance, des préjugés sociaux... Le narrateur a été élevé dans la religion protestante et se fait une conception "magique" de Dieu, conception qu'il finira par remettre en cause à la fin du roman.

Ce roman appartient à un genre que les Américains appellent "coming  of age" : l'expression est difficile à traduire... "roman d'apprentissage" (?)
Par la complexité et la pertinence des problèmes "moraux" (le conflit entre la conscience de la faute et l'obstination du désir) qu'il aborde et  la subtilité des analyses psychologiques, il fait parfois penser  aux Confessions de saint Augustin : "Video meliora proboque sed deteriora sequor" ("Je vois le bien et je l'approuve et pourtant je fais le mal" ou encore : "Je fais le mal que je ne voudrais pas faire et je ne fais pas le bien que je voudrais faire").

"En présentant leurs condoléances, les voisins ne manquaient pas de demander : "Comment est-ce arrivé ?"

Mes parents répondaient toujours : "C'est arrivé... en jouant..."

"En jouant." Qu'est-ce qui m'avait poussé à le (Bubby, le jeune frère du narrateur) désoler ? A cet étranger en moi, à cette bête inquiétante capable d'impulsions, de cruautés, je demandais des comptes. Pourquoi ? Si seulement j'avais pu savoir (...)

"Je n'osais plus regarder le soleil se lever. Je m'en sentais trop indigne. L'oeuf à la main, je m'enfonçai dans le lit, me cachant la tête loin de cette lumière. Sous les couvertures, je tenais cet oeuf qui se réchauffait à moi comme une chose vivante. Quelle différence y avait-il donc entre l'amour, la beauté, le bonheur ?

Bubby, c'était Noël, le "château de neige", c'était ce petit compagnon qui venait me chercher à la porte de l'école. Cet oeuf renfermait pour moi un certain sens de la vie. Il m'a fait comprendre beaucoup de choses - bref, tout ce qui, dans ce monde, vaut la peine d'être compris. Je relisais l'inscription ("Je t'aime"). C'était peut-être ça, Dieu, après tout.

Et penser que je lui avais dit qu'aimer, il ne savait pas ce que cela voulait dire."

Le livre est disponible en livre de Poche dans la collection" J'ai lu".

Pour les collègues que cela pourrait intéresser, j'ai élaboré un questionnaire :

Bruce LOWERY – La cicatrice

1) Qui est le narrateur ?

2) Est-ce un personnage de l'histoire ?

3) Où et quand se déroule l'histoire ?

4) Quel est le problème du narrateur ?

5) Que se passe-t-il, le premier jour de classe, dans la nouvelle école du narrateur ?

6) A quel temps sont conjugués les verbes "commençaient", "regardais", "répondaient" ? Quelle est la valeur de ce temps dans le contexte (page 20)

7) Comment l'affection de Bubby se manifeste-t-elle ?

8) Quel est le seul jeu auquel les autres enfants acceptent de faire participer le narrateur ? Pourquoi ?

9) En quoi Willy fait-il exception par rapport aux autres élèves (son comportement vis-à-vis du narrateur est-il le même ?)

10) Pourquoi les autres élèves respectent-ils Willy ?

11) A partir de quand et grâce à qui l'attitude des autres élèves devient-elle moins hostile vis-à-vis du narrateur ?

12) Pourquoi le narrateur est-il heureux ? Comment se joie se manifeste-t-elle ? (page 27)

13) Montrez que la bonté de Willy est "contagieuse".

14) Quelle est la "cicatrice invisible" de Willy ?

15) Quelles sont les circonstances qui favorisent la tentation du narrateur de voler les timbres ?

16) Où le narrateur cache-t-il les timbres volés ?

17) Montrez que le narrateur réagit de façon "magique" aux problèmes qui se posent à lui (par exemple page 63). Cherchez d'autres exemples.

18) Quelles sont les conséquences du vol des timbres ? a) familiales b) scolaires

19) Expliquez les mots "laconiquement" (page 65), "singer", "échappatoire", "clabauder", "déconcertant", "animosité", "razzia" (page 68)

20) Expliquez les mots "alvéole", "duperie", "calomnier" (page 94)

21) Que suggère Mr. Sandt au narrateur ? (page 96)

22) Le narrateur pense-t-il que le vol des timbres soit "réparable" ? Pourquoi ? (page 96)

23) Pourquoi le narrateur refuse-t-il de signer la carte de condoléances pour la mère de Willy ? (page 100)

24) Montrez que le narrateur accumule les "occasions manquées" (page 110-111)

25) Pouvez-vous proposer une explication au vol des timbres ? (cf en particulier page 111)

26) Quelle est la hantise du narrateur après la mort de Bubby ? (page 124)

27) Pensez-vous qu'il en soit responsable ? (totalement, un peu, pas du tout)

28) Qu'est-ce que le narrateur a "compris" ? (page 128)

29) Comment appelle-t-on un texte dans lequel le narrateur raconte sa propre vie ? Ce roman vous semble-t-il relever de ce genre d'écrits ?

30) Si oui, dans quel but, à votre avis, l'auteur aurait-il éprouvé le besoin d'écrire ce livre ?

 bruce lowery

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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